Les Presses de l'Université de Montréal

  • La traduction a toujours joué un rôle important dans la communication humaine, dans tous les domaines. Elle continue de le faire, particulièrement dans l'émergence aujourd'hui d'une culture et de discours sur l'environnement, dans une perspective de durabilité, et ce, partout dans le monde. Ce livre explore les mots et les concepts liés à l'environnement dans plusieurs langues, et fournit un profil linguistique des éléments clés : dimensions et processus à l'oeuvre dans la traduction, diffusion, adaptation et évolution des cultures et des discours. Il met l'accent sur la temporalité, la spatialité, la spécificité culturelle et la comparabilité interculturelle des pratiques environnementales locales. La nature dynamique des différentes cultures environnementales y est mise de l'avant grâce à des recherches linguistiques empiriques, comme la modélisation statistique des données numériques multilingues relatives à l'environnement, recueillies dans les documents originaux et traduits.

  • Cet ouvrage, qui fait appel à une soixantaine de spécialistes canadiens et européens - médecins, psychiatres, psychoéducateurs, nutritionnistes, kinésiologues et professeurs-chercheurs -, décrit de façon approfondie les caractéristiques clés des troubles des conduites alimentaires (TCA) en s'appuyant sur les informations les plus récentes et les données les plus actuelles. Il dresse un panorama exhaustif des problèmes de santé mentale les plus fréquemment associés aux TCA, et passe en revue l'anxiété, les obsessions ou les compulsions en plus de s'intéresser à l'obésité, à l'anorexie et aux dépendances de toutes sortes.

    Qui sont les gens les plus à risque d'être atteints de TCA ? Les femmes, bien sûr, mais aussi les hommes, les enfants, les sportifs, les victimes de maltraitance durant l'enfance, ceux qui ont une déficience intellectuelle ou des troubles du spectre de l'autisme. Dans ce livre, on examine les particularités des évaluations médicales, nutritionnelles et psychosociales et on présente en détail des interventions efficaces, allant de la thérapie cognitive-comportementale à l'alimentation intuitive en passant par les thérapies corporelles ou familiales centrées sur les émotions. Enfin, l'accompagnement des personnes atteintes de TCA en hôpital de jour, en hospitalisation ou en externe est passé à la loupe pour offrir le portrait le plus complet à jour des ressources accessibles.

  • Avec la collaboration de Danica Djeric et Bob W. White.
    Sous la direction de Jorge Enrique Gonzalez.

  • oute personne originaire du Machrek, de la région historique de la Grande Syrie ou du mont Liban, a une histoire migratoire à raconter. Dès la fin du XIXe siècle, ils ont été nombreux à quitter leur pays natal pour s'installer partout dans le monde - notamment au Canada -, et jusqu'à maintenant cette chaîne n'a jamais réellement été rompue. La population arabe d'ici est issue de cette histoire, de ces strates d'immigration qui se sont superposées, de ces générations qui se sont croisées et se sont parfois unies dans une volonté de préserver leur patrimoine, de s'entraider ou de se défendre contre la discrimination.
    Si les « Arabes » sont aujourd'hui l'objet d'une grande attention, aussi bien des médias, des États que des recherches sociologiques, leur histoire reste cependant peu connue. Des origines de leur migration à la fin des années 1970, ce livre fait renaître la voix de ceux qui ont choisi de se faire entendre, de s'organiser et d'exister collectivement sur la scène publique canadienne. Quelles sont les institutions que ces migrants et leurs descendants ont créées et comment ont-ils exprimé leur identité et organisé leur vie religieuse, sociale et politique ? C'est ce que révèle cet ouvrage admirablement documenté.

    Houda Asal est titulaire d'un doctorat d'histoire soutenu en 2011 à l'École des hautes études en sciences sociales (EHSS). Elle a poursuivi ses recherches à l'Université McGill et travaille depuis sur le racisme, l'islamophobie et les discriminations.

  • En présentant les grands principes de l'analyse criminelle, cet ouvrage vise un premier objectif : bénéficier du savoir des études menées depuis deux siècles qui ont permis des avancées notables et qu'il ne faudrait pas oublier. Dès le 19e siècle, en effet, on réalisait des travaux d'analyse criminelle pour répondre à la nécessité d'augmenter l'efficacité de la police dans sa lutte contre la criminalité.

    L'analyse criminelle est un travail complexe et sa formation doit en rendre compte. D'un côté, les analystes et, plus généralement, les criminologues se professionnalisent : il importe donc de bien définir en quoi consiste leur travail. C'est loin d'être facile, d'autant que la criminologie est elle-même un amalgame de domaines : géographie, psychologie, sociologie, travail social, droit, etc. D'un autre côté, il n'est pas évident de distinguer les analystes criminels des chercheurs en criminologie, puisqu'ils utilisent tous deux des méthodes et des processus semblables. Pourtant, tout comme les chercheurs sont considérés comme des « spécialistes en recherche », les analystes devraient être reconnus comme des experts en leur domaine. Cet ouvrage répondra à cet objectif de reconnaissance de la profession en en montrant toutes les facettes, de façon théorique, bien sûr, mais aussi en utilisant des exemples tirés de cas réels.

  • Au Québec, les débats sur la pluralité ethnique et religieuse enflamment les esprits, mais n'ont souvent qu'un lien ténu avec les données scientifiques. Dans ce livre, des chercheurs reconnus présentent leurs réflexions sur le sujet. On y trouvera des analyses poussées sur la façon dont les nouvelles migrations transforment les villes et, de plus en plus, les régions ; sur les frontières toujours mouvantes entre le «nous» et le «eux» ; sur la mondialisation, la discrimination ou la cohabitation au pluriel dans les quartiers de Montréal ; sur les lieux de culte et les signes religieux. Fondées sur des travaux qui se sont échelonnés sur plusieurs décennies, et présentées dans un langage accessible, ces recherches novatrices sont ancrées dans la réalité actuelle et portent sur des questions capitales concernant l'avenir du Québec. Travail savant, donc, destiné tant aux universitaires et aux spécialistes qu'à tout lecteur intéressé par les questions du vivre-ensemble et de l'inclusion.

  • L'histoire de la pharmacie en Nouvelle-France s'ouvre sur la rencontre avec le Nouveau Monde, ses ressources médicinales et les savoirs qu'en ont ses premiers habitants. Marqué par une double tradition, à la fois française et britannique, le développement de la pharmacie au Québec s'accélère aux XIXe et XXe siècles alors que le domaine du médicament subit d'importantes transformations. Révolution thérapeutique, essor de l'industrie pharmaceutique, transformations économiques et réformes gouvernementales finissent par plonger la pharmacie dans une crise identitaire dont elle ressortira passablement transformée à l'aube du XXIe siècle.



    Malgré son riche passé, qui puise ses sources dans l'Antiquité, la pharmacie est souvent laissée pour compte dans l'histoire de la médecine et de la santé. Cette lacune est brillamment corrigée dans cet ouvrage qui rend compte de l'évolution des conceptions scientifiques et populaires de la santé, allant de pair avec l'évolution des médicaments et de la profession de pharmacien. Celle-ci, qui a vu son rôle et son identité s'altérer puis se recomposer, est racontée ici avec un grand souci du détail qui montre tout l'intérêt qu'il y a à porter un regard historique, et souvent sociologique, sur des phénomènes contemporains.

  • Armand Mattelart a consacré une grande partie de sa vie à penser la mondialisation de la communication et de la culture. Son oeuvre se révèle incontournable, tant elle est originale et multiple.

    Ce livre retrace la trajectoire de cette oeuvre, en la replaçant dans les différents contextes sociaux et géopolitiques qui l'ont façonnée. En même temps que les idées en mouvement, on y découvre l'état des rapports de force internationaux et la complexité du jeu des acteurs sociopolitiques dans les sociétés au sein desquelles Armand Mattelart a été appelé à vivre et à travailler. Explicitant des aspects moins connus de ses recherches, il montre comment et pourquoi son parcours personnel est partie intégrante d'itinéraires collectifs.

  • La prison demeure un univers méconnu. Cet ouvrage a pour but, non seulement de synthétiser l'essentiel des connaissances sur le milieu carcéral, le vécu des détenus, la place des gardiens, les liens entre membres du personnel et personnes incarcérées, mais aussi de réfléchir à l'institution elle-même dans un contexte de reconnaissance des droits des détenus et de bureaucratisation.

    Entre «prisonniérisation» et réinsertion sociale, entre coercition et relation d'aide, l'organisation carcérale a-t-elle encore son caractère « total » et coercitif dont on parlait au cours des années 1960 et 1970, ou bien a-t-elle changé en profondeur et jusqu'à quel point ?En mettant l'accent sur les changements que la prison a connus depuis la fin des années 1970 et plus particulièrement ceux de la dernière décennie, les auteurs apportent un nouvel éclairage sur des dimensions importantes du milieu carcéral.

  • Au Canada, le dossier de l'immigration a toujours été sous la responsabilité du gouvernement fédéral, jusqu'à ce que le Québec, dans les années 1960, exige plus de pouvoirs à ce chapitre. Il faudra quelques décennies pour que toutes les provinces entrent dans la ronde et s'occupent sérieusement de cette question, mais de 1990 à 2010, on assiste bel et bien à la fédéralisation progressive de la gouvernance de l'immigration. Et même si le Canada maintient son approche générale envers les nouveaux arrivants, les dix provinces n'en élaborent pas moins des stratégies officielles d'immigration et appliquent diverses politiques de sélection et d'intégration. Par le recours à une analyse combinant plus de 70 entretiens et de nombreux documents gouvernementaux et d'archives, le présent ouvrage montre que la fédéralisation est en grande partie le résultat de la mobilisation des provinces. Par leur action et leurs revendications, ces dernières ont entraîné une restructuration considérable de l'architecture fiscale, économique et politique du fédéralisme canadien. Elles ont aussi grandement contribué à redéfinir les responsabilités, les capacités et les rôles respectifs des gouvernements auprès de leur population.

  • La thèse... on l'aborde comme une aventure, on la vit comme un voyage, on la quitte comme un songe. Passé le cap des généralités, chaque expérience est singulière et il y a autant de raisons d'entreprendre une thèse qu'il y a d'étudiants inscrits au doctorat. Si les motivations sont innombrables, les difficultés et les joies de la trajectoire se ressemblent et ceux qui les ont connues peuvent faire de leur expérience un guide pour les autres.
    Comment choisir un directeur de thèse ? Qu'y a-t-il au début et à la fin du tunnel ? Que faut-il faire pour s'en sortir indemne ? Ce livre rassemble les expériences d'étudiants qui ont, pour l'essentiel, soutenu leur thèse au cours des cinq dernières années, dans l'un ou l'autre champ des sciences sociales et humaines. Il aborde différents aspects pratiques du projet doctoral, depuis sa conception aux choix personnels et professionnels qui suivent sa réalisation. Il manquait un ouvrage sur les conditions matérielles, personnelles et relationnelles de la thèse, le voici !

    Emmanuelle Bernheim est titulaire d'une double formation en sciences sociales et en droit. Elle est professeure au Département des sciences juridiques de l'Université du Québec à Montréal et chercheure au Centre de recherche de Montréal sur les inégalités sociales (CRÉMIS).
    Pierre Noreau est professeur titulaire à la Faculté de droit de l'Université de Montréal et chercheur au Centre de recherche en droit public. Il est politologue et juriste de formation et oeuvre dans le domaine de la sociologie du droit.

  • Cet ouvrage explore les discriminations liées à l'origine des gens dans le système de santé. À partir d'un terrain spécifique - la Guyane française, terre d'outre-mer au passé de colonie esclavagiste -, l'auteure, dont l'expertise dans ce domaine n'est plus à démontrer, étudie le décalage entre les cadres institutionnels et la réalité d'un contexte précis. Elle vient combler une brèche dans les savoirs lacunaires sur les pratiques discriminatoires dans les systèmes de santé et analyse les processus sociaux et politiques qui y conduisent. Immigration, culturalisme, racisme, inégalités sociales, droit aux soins : autant d'enjeux universels qui sont ici décryptés de façon limpide.

    Estelle Carde, professeure au Département de sociologie de l'Université de Montréal, a suivi une formation en médecine et en sciences sociales. Elle travaille sur les inégalités sociales de santé en Guyane française, en France métropolitaine et au Québec.

  • De 1850 à 1950, le Québec transite d'une société rurale vers une société en voie d'industrialisation qui s'installe peu à peu dans la modernité urbaine. Dans cet important ouvrage, l'auteur observe ce passage et propose aux lecteurs de mieux comprendre l'histoire du Québec à partir du traitement que l'on a fait aux enfants. Il éclaire de manière tout à fait originale les questions difficiles à affronter, comme celle des orphelins de Duplessis, de l'adoption des filles, de notre rapport très ambigu avec l'éducation. Cet ouvrage s'inscrit dans une perspective précise, réintroduisant le passé dans le présent ; il porte au jour ces idées de jadis qui aiguillent encore nos façons d'agir. Cela place l'enfance québécoise dans une position en apparence contradictoire : un pied dans la modernité, l'autre dans certaines pesanteurs de la société agraire qui subsistent malgré tout. Au moment où l'homme a tendance à être de plus en plus présenté, ou rêvé, comme un être isolé, autonome, responsable, guidé par sa raison, opposé à la collectivité contre laquelle il défendrait son « authenticité » ou sa « singularité », les sciences sociales ont plus que jamais le devoir de mettre au jour la fabrication des individus. L'auteur de ce livre s'attelle à cette tâche avec brio.

    André Turmel est professeur associé au Département de sociologie de l'Université Laval. Il poursuit depuis des années des recherches en sociologie de l'enfance.

  • C'est sur le ton de la confidence qu'Erin Wunker - femme blanche, hétérosexuelle, instruite et privilégiée -s'interroge sur la place que les femmes occupent dans la société, mais aussi sur la sienne propre. Les notes qui composent cet essai fragmentaire nous invitent à réfléchir sur l'importance actuelle du féminisme et à imaginer ce que pourrait être la figure d'une féministe « rabat-joie », appelée quotidiennement à combattre l'édifice patriarcal.

    Avec une franchise désarmante et un humour parfois vitriolique, l'auteure livre ici une réflexion vivante et plurielle sur la culture du viol, les amitiés féminines et la maternité féministe.

  • Quelle est la place des groupes venus d'ailleurs dans la société québécoise? Quels liens tissent-ils avec leur nouveau pays ? Comment les deuxièmes générations d'immigrants, notamment maghrébins, s'adaptent-elles à leur pays ? Qu'en est-il vraiment des ghettos que les immigrants musulmans auraient construits dans une ville comme Montréal ? Grâce à un travail statistique, cartographique et ethnographique inédit, l'auteure de ce livre analyse l'immigration en milieu urbain en déconstruisant au passage le mythe du ghetto musulman. Elle interroge la relation entre l'ethnicité et ses frontières et définit ainsi la « maghrébinité » dans le contexte québécois. Par ailleurs, en décrivant les caractéristiques linguistiques, démographiques, religieuses et résidentielles des Maghrébins, elle offre des clés pour mieux comprendre qui ils sont en même temps qu'elle montre les manières dont jeunes et aînés s'inscrivent dans le paysage urbain montréalais et qu'elle initie ses lecteurs aux enjeux de la spatialisation de l'immigration en ville.

  • L'interprofessionnalisme, véritable ouverture au savoir-faire de l'autre, stimule la coopération et la communication. La compréhension des compétences de chacun permet de mieux affronter collectivement chaque situation ou environnement. Cet ouvrage se penche tout particulièrement sur la collaboration interprofessionnelle dans le domaine de la santé et des services sociaux, en faisant une large part à l'éducation, afin d'améliorer la qualité des soins prodigués.

    Les auteurs présentent ici les fondements de la collaboration interprofessionnelle, les déterminants de sa mise en oeuvre ainsi que les effets attendus. L'ouvrage synthétise quinze années de travaux sur ce thème ; il est, de ce fait, largement illustré d'exemples issus de la réalité clinique. Pensé pour aider les gestionnaires, les superviseurs cliniques et les praticiens du domaine de la santé et des services sociaux à accroître la capacité interprofession­nelle dans leur organisation, ce livre servira aux formateurs qui pourront y puiser matière pour appuyer leur projet éducatif.

  • La pluralité - qu'elle soit ethnoculturelle, linguistique, religieuse, de genre ou sexuelle - caractérise l'ensemble des démocraties libérales occidentales. Néanmoins, elle est souvent présentée comme un « problème » dans les discours publics. On juge que cette altérité menace l'image dominante de la société, image fondée sur l'idée d'une « vraie » communauté et des individus qui devraient la composer.

    Comment se construisent les récits d'exclusion, de marginalisation et de stigmatisation à l'égard de groupes sociaux aussi divers que les femmes ou les peuples autochtones ? Comment différentes formes de pluralité sont-elles mises en opposition quand on les accuse d'altérer les valeurs, les normes, la culture et l'identité de la société majoritaire ?

    En s'inspirant de divers cas en Europe et en Amérique du Nord, les auteurs de cet ouvrage examinent ces questions politico-pratiques et normatives selon une perspective de théorie politique. Ils fournissent des analyses permettant à la fois de comprendre les dynamiques en cours dans les démocraties libérales et de formuler des propositions pour répondre aux défis qu'elles soulèvent.

  • L'auteur s'inscrit dans une longue tradition sociologique au Québec - de Léon Gérin en passant par Jean-Charles Falardeau, Fernand Dumont, Gilles Houle, Nicole Laurin et Nicole Gagnon - et permet sa redécouverte. Il nous montre le cheminement de Léon Gérin, « le premier sociologue cana­dien », en même temps que celui d'une certaine société, comme une trame évolutive de l'individu et de la collectivité dans laquelle il s'active.

    Le recours à la correspondance nourrie de Gérin, ainsi qu'à de riches fonds d'archives, nous fait entrer dans le privé, aborder des aspects difficiles à déceler dans d'autres types de sources et reconstituer les réseaux de relations du sociologue. Les connaissances qui en découlent apportent un éclairage qui nous fait mieux comprendre la société québécoise de cette époque, mais aussi d'aujourd'hui.

  • À l'heure où la sociologie comme discipline est mise en cause, du fait qu'elle est davantage littérature que science, cet ouvrage a pour but de discuter ouvertement de son statut et de montrer le rôle crucial qu'y jouent le langage et l'écriture. Ceux-ci sont en effet les seules ressources dont dispose le sociologue pour donner et communiquer les connaissances explicatives produites au nom de la discipline. La portée et le contenu de ce livre résident dans l'intention d'aborder l'écriture sociologique en illustrant l'argumentation par l'analyse sociologique conçue ici à la lumière de la Grounded Theory et de certains logiciels d'analyse de données qualitatives, comme Atlas.ti. L'auteur rend compte, avec une maîtrise consommée, de tous les débats actuellement en jeu.

    /> En conclusion, on trouvera un court texte, par Marianne Champagne, non seulement utile mais aussi inspirant, énonçant les grands principes d'une écriture claire et précise dont le but ultime est la rencontre avec le lecteur.

  • Comment habitons-nous, dans la Nord-Amérique? Quelle est notre manière collective d'être sur cette terre et comment en tirons-nous notre subsistance? L'ouvrage propose une enquête géophilosophique sur l'habitation postcoloniale, qui fait apparaître le vécu spatial contemporain comme un mouvement général de déracinement. Ce mouvement correspond au processus de colonisation et à la révolution industrielle, dont l'habitat actuel est le résidu.

    L'autrice met au jour les forces, les valeurs et les formes de cet arrachement, en même temps qu'elle examine celles de la résistance à cette tendance, exposant ainsi les tensions du rapport à la territorialité. La méthode retenue, transdisciplinaire, réunit l'analyse du discours, l'auto-ethnographie, la documentation photographique, l'histoire des idées, la critique littéraire et l'analyse phénoménologique : une démarche inédite et fructueuse, qui débouche sur une poétique de l'espace.

  • Ce livre explore les diverses facettes de l'islam tel qu'il est vécu, raconté et transformé par des immigrantes ouest-africaines vivant au Québec. Leurs trajectoires migratoires recoupent parfois des trajectoires religieuses, dans un contexte où les savoirs religieux officiels font l'objet d'une appropriation mitigée, et l'islam se trouve dès lors réinventé et reconfiguré.

    Cet ouvrage présente ainsi des formes d'islamité ancrées dans de nouvelles façons d'être musulman, dans une mondialité de plus en plus déterritorialisée. Les immigrantes ouest-africaines réconcilient donc l'islam "authentique" avec des pratiques considérées comme illicites par l'orthodoxie, par exemple la divination et les rituels magiques. Elles proposent de ce fait de nouvelles constructions féminines du sacré, en marge d'un monde dominé par les hommes, ce qu'expose avec nuance et sensibilité l'autrice dans ce petit livre tout en confidences.

  • Autobiographique autant qu'historique, cet ouvrage pousse la réflexion bien au-delà de la simple anecdote sur le parcours somme toute unique de son auteur. Celui-ci fut recteur d'une des plus grandes universités de recherche du Canada pendant sept années et professeur de sciences économiques pendant 35 ans. Il témoigne de plusieurs questions primordiales sur la place de l'université dans notre société, outre celles de l'éducation, de la recherche ou du leadership. Ce faisant, il passe au crible le fonctionnement de cette organisation complexe en analysant ses liens nécessaires avec les partenaires externes et les fonctions souvent méconnues de chacun de ses acteurs. Il explore au détour les notions de philanthropie dans un contexte francophone, de syndicalisme ou d'engagement envers l'excellence.

    /> Écrits sur un ton personnel, mais gardant une saine distance envers son sujet, ses souvenirs et ses réflexions viennent enrichir le patrimoine historique québécois en offrant un regard inédit sur l'une de ses institutions les plus fondamentales.

  • En inscrivant l'étude des savoirs dans celle, plus générale, des institutions qui les produisent et les diffusent, ce livre se penche sur la façon dont la sexualité est « mise en discours ». Ces institutions sont universitaires, quand les savoirs ont la prétention d'être scientifiques ; elles sont pédagogiques, quand elles forment les jeunes à atteindre la maturité sexuelle ; elles sont médicales, quand elles visent à guérir ou à prévenir les maladies ; elles sont enfin judiciaires, quand elles régulent les comportements, punissent les délinquants ou assurent la protection des individus.

    Illustrant la complexité des rapports entre société et sexualité, ainsi que la vitalité de la pensée critique contemporaine dans ce domaine, inspirée notamment par le travail de Michel Foucault, les auteurs appréhendent la sexualité comme un enjeu de savoir et donc, de pouvoir. Ce faisant, ils mettent en lumière son caractère insaisissable en tant que champ d'expérience échappant à toute réduction à une nature ou à une essence qu'il s'agirait de révéler. Les chercheurs et les étudiants en sociologie, en criminologie, ainsi que ceux provenant de la santé publique, trouveront ici matière à réflexion, en plus de tous ceux interpellés par le sujet.

  • À défaut d'analyses sociologiques, l'appui à la souveraineté du Québec est devenue la terre promise des spéculateurs : on a devisé sur son déclin comme s'il s'agissait d'un fait, on l'a expliqué par le caractère rétrograde de l'idée politique qui en faisait l'objet et, avant de tourner la page, on a même imputé aux mensonges de ses « leaders » les appuis résiduels.

    Tournant le dos à ces lectures, on trouvera dans cet ouvrage quelques faits sociaux assez têtus. Le projet de souveraineté du Québec a soulevé les passions depuis quarante ans et il a profité, en le renforçant, d'un vaste mouvement social favorable aux institutions politiques de la société québécoise. Il est solidement implanté dans toutes les régions du Québec et sa lente progression dans les groupes sociaux qui lui sont naturellement le plus défavorables semble indépendante des conjonctures ; si bien que le niveau de l'appui qu'il recueille en 2001 est comparable à celui observé au début de la campagne référendaire de 1995 et cela alors même que le groupement où il recueillait les deux tiers de ses appuis cette année-là se trouve relativement démobilisé. C'est justement sur ce fait - la mobilisation et la défection sélective des différents types d'électeurs - que le présent ouvrage jette une lumière inédite, montrant que ceux dont dépend le plus massivement la souveraineté sont aussi les plus prompts à faire varier abruptement leur appui.

    Gilles Gagné est directeur du Département de sociologie de l'Université Laval. Il a publié des travaux sur l'État et la théorie sociologique et il a coordonné l'ouvrage Main basse sur l'éducation. Il est membre du Groupe interuniversitaire d'étude de la post-modernité qui publie la revue Société.

    Simon Langlois est professeur au Département de sociologie et titulaire de la chaire CEFAN de la Faculté des lettres de l'Université Laval. Il a publié des travaux sur les conditions de vie et sur la société québécoise et il a dirigé l'ouvrage La société québécoise en tendances 1960-1990. Il coordonne les travaux du Groupe international pour l'analyse comparée du changement social.

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