Les Presses de l'Université Laval (PUL)

  • Le xxie siècle a débuté, dans bon nombre de pays, avec des progrès législatifs conséquents pour les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, intersexes (LGBTI). Le mariage pour tous, l'ouverture à l'adoption pour les couples de même sexe, des lois réprimant les discriminations liées aux identités de genre et aux orientations sexuelles... autant de dispositions qui s'appliquent dans de nombreux pays de l'hémisphère Nord et quelques pays du Sud, même si quelques-uns, ici ou là, y voient encore une perversion de l'Occident et considèrent toujours les personnes LGBTI comme de dangereux délinquants, des malades chroniques, des pécheurs sans remords.

    Les jeunes « sont » le monde d'aujourd'hui et, à ce titre, le façonnent. Les jeunes LGBTI sont donc une partie de ce monde et de ses artisans. Mais ils investissent également d'autres mondes, à la marge, plus ouverts à leurs identités. Ils investissent des « lieux autres », réels et imaginaires, où ils peuvent enfin exister, être reconnus et, lorsqu'ils ont été symboliquement mis à mort, renaître. Il peut y avoir des passages d'un monde à l'autre, mais il peut aussi y avoir des frontières infranchissables, des murs de la honte. Le risque, c'est que ces deux mondes soient tellement étrangers l'un à l'autre et deviennent tellement inconciliables qu'aucun échange ni aucun partage ne puisse advenir.

    Cette enquête auprès des jeunes LGBTI plaide pour un métissage des cultures, pour une ode à la diversité, pour une attention distinctive à toutes les existences.

  • Dans ce récent ouvrage révolutionnaire, Peter C. Gotzsche lève le voile sur les comportements frauduleux de l'industrie pharmaceutique dans les domaines de la recherche et de la commercialisation et sur son mépris moralement répugnant pour la vie humaine. L'auteur établit des rapprochements convaincants entre l'industrie pharmaceutique et l'industrie du tabac et révèle l'extraordinaire vérité derrière les efforts déployés pour semer la confusion et détourner l'attention du public et des politiciens. Il s'appuie sur des données probantes et traite de manière détaillée de l'extraordinaire défaillance du système causée par le crime généralisé, la corruption et l'inefficacité de la réglementation pharmaceutique - une réglementation qui, selon lui, doit être radicalement transformée. « Si nous prenons autant de médicaments, c'est principalement parce que les compagnies pharmaceutiques ne vendent pas des médicaments, mais des mensonges à leur sujet. C'est ce qui fait que les médicaments sont si différents du reste... Tout ce que nous savons sur leur compte, c'est ce que les compagnies ont choisi de nous dire et de dire à nos médecins... Les patients ont confiance dans leurs médicaments parce qu'ils extrapolent la confiance qu'ils ont envers leurs médecins et la reportent sur les remèdes que ces derniers leur prescrivent. Ils ne sont pas conscients que les médecins, s'ils en savent long sur les maladies et la physiologie et la psychologie humaines, en connaissent très, très peu sur les médicaments si ce n'est les informations fabriquées de toutes pièces par l'industrie pharmaceutique... Si vous ne croyez pas que le système est hors de contrôle, je vous invite à m'écrire pour m'expliquer pourquoi les médicaments sont la troisième cause de mortalité... Si une épidémie provoquée par une nouvelle bactérie ou un nouveau virus avait fait autant de victimes - ou si elle avait même causé un centième seulement des décès associés aux effets secondaires des médicaments -, nous aurions tout fait pour la contenir. »

  • «Les hommes sont hommes avant d'être avocats, médecins, marchands, ou manufacturiers, et si vous en faites des hommes sensés et compétents, ils deviendront par cela même des avocats et des médecins compétents et sensés. [...] On peut être un homme de loi compétent sans avoir reçu une éducation générale; mais il appartient à l'éducation générale de donner à l'homme de loi l'esprit philosophique qui cherche des principes et les saisit, au lieu de charger sa mémoire de détails, et il en va ainsi de toutes les autres professions, y compris les métiers manuels. » John Stuart Mill

    John Stuart Mill a été nommé en 1865 recteur honoraire de l'Université de St-Andrews. Deux ans plus tard, il y prononce un discours fameux dans lequel il expose ses idées sur l'université et sur l'éducation qu'elle doit procurer à quiconque la fréquente.
    C'est ce texte qui est ici pour la première fois intégralement présenté aux lecteurs francophones. Ils y mesureront à la fois la distance qui nous sépare de l'université anglaise du XIXe siècle, mais aussi l'actualité des hautes exigences qu'avait le recteur Mill à l'égard de cette institution. Mill reste en effet un réformateur social utilitariste, démocrate et égalitariste, pour qui l'éducation doit former des personnes capables non seulement de développer leurs capacités et dispositions cognitives, émotionnelles et morales de manière à devenir autonomes, mais aussi de coopérer entre eux (et elles) afin de transformer le monde [...] (Normand Baillargeon, Antoine Beaugrand-Champagne et Camille Santerre Baillargeon)

  • Ce livre dresse un portrait pénétrant de la complexité des valeurs, des attitudes et des croyances relatives au travail de la population active québécoise. Quelle importance et quelle signification revêt le travail aujourd'hui ? Le travail est-il de plus en plus un lieu de réalisation de soi ou n'est-il qu'une valeur en perdition, voire un simple moyen en vue de financer la vie à l'extérieur du travail ? Quel est le modèle de travail idéal auquel aspirent les travailleurs et quelles sont leurs attitudes envers les nouvelles normes et pratiques de gestion mises de l'avant par les employeurs au cours des deux dernières décennies ? Plus fondamentalement, de quelle manière l'identité personnelle est-elle reliée ou dissociés du rôle professionnel ?

    Issu d'une vaste enquête auprès d'un millier de travailleurs québécois, ce livre montre que le travail est toujours une valeur importante, mais que la réalisation de soi et la quête d'équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle sont des aspirations de plus en plus partagées par les individus. Les grands schèmes de valeurs et d'attitudes par rapport au travail mis au jour dans l'ouvrage témoignent de changements culturels récents ainsi que de la diversité des situations de travails vécues. A des degrés divers, ces schèmes convergent vers les exigences du modèle productif contemporain ou s'en distancient : ils contribuent à l'émerveillement d'un nouveau monde du travail.

  • Les voix qui se font entendre dans ce volume sont celles de femmes latino-américaines (Mexique, Guatemala et Pérou) qui, pour des raisons socioéconomiques ou politiques, n'ont pas hésité à partir ailleurs pour s'en sortir, laissant derrière elles tous leurs repères. Leur récit est un continuel va-et-vient entre leur présent et leur passé, une sorte de bilan où chaque événements est soumis à une évaluation. La distance qu'elles prennent par rapport au trauma vécue leur permet de donner un sens à ces événements et d'en tirer toute leur force, faisant preuve d'une réelle capacité de résilience. Le rôle joué par le médiateur auprès de ces sujets narrants rappelle la relation binaire existant entre le psychnalyste et son patient : dans les deux cas un pacte de confiance s'établit et l'un écoute ce que l'autre a à lui révéler. Comme le thérapeute, le médiateur peut observer les effets positifs du travail de la mémoire sur l'estime de soi du sujet narrant. Ces femmes ont accompli des tours de force dans leur parcours de vie et particulièrement pendant et après leur démarche pour obtenir leur statut d'immigantes. Elles n'avaient pas le choix, c'était comme le dit l'expresion populaire : « Marche ou crève », et bien sûr elles sont choisi de marcher, marcher, marcher...

  • Cet ouvrage décrit les parcours de soins, entre biomédecine, médecines traditionnelles et religions des personnes vivant avec le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) suivies entre 1994 et 2012 au Centre hospitalier Louis-Constant-Fleming (hôpital de Saint-Martin, Antilles françaises). Ces parcours s'inscrivent dans différents espaces transatlantiques : l'île de Saint-Martin, Haïti, la France hexagonale et les États-Unis. L'analyse ne s'arrête pas à la scène de l'hôpital, mais présente également les contextes économiques et politiques dans lesquels les itinéraires des patients et les pratiques biomédicales s'insèrent. Le livre propose une approche théorique des espaces thérapeutiques dans le contexte de migrations transnationales malgré une législation très coercitive à l'égard des étrangers. L'approche multisituée a permis de suivre les itinéraires en relation avec différentes échelles locales, transnationales et mondiales et de proposer une écriture qui met en jeu plusieurs styles narratifs, reflet de ces différents niveaux. Il s'agit de la première ethnographie sur la partie française de Saint-Martin, paradis fiscal pour les investisseurs, friendly island pour les touristes, mais " coeur des ténèbres ", pour reprendre l'expression de Joseph Conrad, pour les migrants.

  • Montrant que le temps de grandes concertations internationales est certainement venu pour sauver un patrimoine commun, le texte passe en revue les réactions des Etats envers le cyberterrorisme pour couper le réseau aux terroristes... Le but du terrorisme est de semer le trouble, d'exercer du chantage, de provoquer le chaos. Il passe par deux vecteurs, l'un humain, l'autre technologique.



    Les terroristes agissent sur les hommes en suscitant la peur ou en étant prosélytes.Ils agissent par Internet, soit en laissant planer des doutes sur la sécurité et la sûreté des installations stratégiques, soit en provoquant la dépendance par des méthodes sectaires.

    Ainsi, les machines auraient un pouvoir sur les hommes, les uns seraient convertis, les autres terrorisés...
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    Pour sortir du chaos et rétablir un ordre, passer les relais après l'état d'urgence, il faut se garder des dérives totalitaires qui seraient des leurres pires finalement que le mal...

    Le présent essai est un appel citoyen qui est fait aux familles qui doivent prendre conscience de la menace jusque dans les recoins les plus éloignés de la République et agir sur l'éducation des enfants. Le texte s'adresse également aux éducateurs qui ont en charge les plus exposés. Enfin, il invite à propager l'esprit de résistance, tout comme les terroristes propagent l'esprit de peur.

  • Une part non négligeable de la jeunesse occidentale succombe désormais à la tentation terroriste. Plus de 10 000 jeunes auraient répondu à l'appel des recruteurs de l'Etat islamique au cours des dernières années. Sur les milliers de personnes signalées en France, un quart d'entre elles sont mineures. Provenant de milieux sociaux diversifiés et caractérisés par des histoires de vie singulières, ces jeunes ont pourtant en commun d'adhérer à un islam guerrier et violent. Pourquoi cet appel au meurtre et au sacrifice de soi trouve-t-il un écho chez tant de jeunes, même des jeunes qui ne sont pas musulmans? Comment comprendre leur adhésion à un discours de haine? Qu'est-ce qui les amène dans ces conversions désormais interdites? Dans une perspective socio-anthropologique, les auteurs du présent ouvrage proposent plusieurs pistes pour comprendre l'adhésion de nombre de jeunes au djihadisme radical en insistant notamment sur les enjeux fondamentaux de la quête de sens.

  • Quand on évoque les arts martiaux, il existe un lieu commun où se retrouvent néophytes et initiés. Il s'agit d'une référence accessible à tous que l'on nomme, à tort ou à raison, la culture populaire. Chacun se forge une image plus ou moins précise, plus ou moins idéalisée, et s'appuie sur des références contenues dans des films, des bandes dessinées, des vidéos sur Internet, des séries et des émissions télévisées ou des compétitions sportives. La compréhension d'un ensemble aussi vaste et complexe que la diversité des disciplines martiales relève de l'imaginaire, porteur de bien des idéologies qui ont fait évoluer les civilisations, notamment l'idéal du guerrier toujours gravé dans le coeur et l'âme des gens de notre époque. Dans les récits mythiques, les livres et les films, la puissance redoutable du héros émerge des profondeurs de son inconscient, combinant ses valeurs les plus nobles et son ressentiment le plus sombre, et s'exprime souvent par les techniques des arts martiaux. Nos sociétés sont indubitablement traversées par un imaginaire des arts martiaux dont tous les membres sont dépositaires.
    Cet ouvrage réunit des chercheurs qui ont en commun l'avancement des connaissances sur la thématique des arts martiaux par le moyen des sciences sociales.

  • Les métiers relationnels, définis comme une activité transdisciplinaire d'aide ou d'accompagnement de personnes en situation de vulnérabilité, subissent de profondes mutations politiques et organisationnelles, tout autant qu'identitaires et de sens, dans les milieux sociosanitaires et de l'éducation. Cette reconfiguration structurelle et symbolique de l'aide à autrui impulse à la fois de nouvelles conduites dans leur pratique et des épreuves inédites du travail.

    Même si plusieurs recherches ont souligné le rôle de premier plan que jouent ces métiers dans la régulation et le rétablissement des subjectivités, peu ont examiné les logiques du métier. Aussi une attention particulière est-elle accordée dans cet ouvrage à la question du sens qu'ils prêtent eux-mêmes à leur activité, dans le contexte contemporain où le travail ne peut plus faire fi de la subjectivité de ses acteurs. De ce point de vue, la grammaire pratique et discursive des métiers relationnels met en relief l'émergence et la cristallisation de nouvelles « règles sociales » du travail avec autrui.

  • Kelly, Brandon, Buffy, Dawson ou Serena. Autant de prénoms fictionnels devenus curieusement familiers, comme écrits dans la mémoire collective des spectateurs des séries télévisées pour adolescents.

    Souvent réduite à une meneuse de claque anorexique ou à un quart-arrière culturiste, cette adolescence télévisuelle serait-elle plus complexe qu'elle n'y paraît, dès lors qu'il s'agit d'aborder la question de la sexualité ? Quid de la question du genre ? De l'homosexualité ? Des corps hors norme ?

    Comme un miroir tendu à la jeunesse et - dans une plus large mesure - à la société américaine, ces séries pour adolescents se décortiquent par le menu afin d'y débusquer stéréotypes, conservatisme et contre-modèles possibles.

    Beverly Hills 90210, My So-Called Life, Buffy the Vampire Slayer, Dawson's Creek, Freaks and Geeks, Smallville, The O.C., One Tree Hill, Gossip Girl, Glee et Huge. A travers les séries les plus emblématiques, diffusées de 1990 à 2010, partons pour une plongée au coeur de l'adolescence made in USA.

  • La dramatisation progressive du rôle de l'enfant au cours des conflits du XXe siècle a donné lieu déjà à des travaux d'historiens, de sociologues et d'autres spécialistes des sciences humaines. Le présent ouvrage propose des études ponctuelles portant sur des cas de figure fort différents et qui convoquent tant la réactualisation de mythes que la presse écrite, la littérature, le théâtre et le cinéma. Nous avons réuni huit essais inédits écrits par des spécialistes en littérature, communication et cinéma, portant sur des conflits s'échelonnant depuis la Grande Guerre jusqu'aux conflits en Afrique et en Tchétchénie. Ces analyses éclairent la double position à laquelle l'enfant se voit contraint - acteur et victime de la guerre - et, de ce fait, doublement victime : de la guerre en premier lieu comme toute autre victime, mais aussi de la figuration et du rôle auxquels on l'assigne en exigeant de lui qu'il renonce à l'enfance.

  • La dépendance aux réseaux sociaux, aux jeux en ligne ou à la cybersexualité est-elle comparable à la dépendance aux drogues ? Ces dernières années, médecins, psychologues et criminologues ont mis au point des approches et des outils nouveaux pour caractériser les signes et les " symptômes " de la dépendance à Internet. Le diagnostic engage le mode de traitement des dépendances. Jacques-Louis Colombani, avocat et chercheur, nous éclaire ici sur les " causes complexes " des comportements de cyberdépendance, des pratiques de déviance jusqu'au passage au franchissement de l'interdit pénal. Quelles sont les voies à suivre pour les politiques publiques de prévention ? Soigner ou réprimer ?

    Le présent essai est conçu comme une sorte d'antivirus pour " vacciner les consciences ". Les Etats occidentaux tentent aujourd'hui d'apporter des réponses compatibles avec le respect des valeurs de la démocratie et des libertés publiques. Une solution majeure évidente passe, en démocratie, par l'éducation.

  • « Racine de l'empathie repose sur une solide connaissance scientifique de la condition humaine. Mais au-delà, le programme nous apprend à développer et à promouvoir l'attachement, la littératie affective, la communication authentique et l'intégration sociale. Il montre que l'on peut offrir à tous les enfants, même aux plus difficiles, une expérience qui va littéralement changer leur vie en leur révélant le sens de la condition humaine dans un monde de diversité - un monde très dur, en fait. » - Tiré de la préface de Michael Fullan, professeur émérite, Institut d'études pédagogiques de l'Ontario, Université de Toronto

  • Au milieu des années 1970, un chercheur dans le domaine du stress, Aaron Antonovsky, a eu une intuition révolutionnaire dans l'univers des sciences de la santé : et si l'on tentait de comprendre ce qui génère la santé, la «salutogénèse», plutôt que de se concentrer essentiellement sur ce qui produit la maladie, la «pathogenèse», comme on le faisait depuis des siècles? Il commença donc à formuler une théorie à cet effet et à la vérifier empiriquement. Son décès prématuré dans les années 1990 a ralenti le développement de cette théorie, qui avait déjà commencé à susciter beaucoup d'intérêt. Heureusement, deux chercheurs scandinaves intéressés à la promotion de la santé, Bengt Lindstrm et Monica Ericksson, ont pris le relais au début des années 2000 et sont devenus la plaque tournante internationale de la recherche sciientifique sur la salutogenèse.
    Dans ce petit ouvrage écrit en 2010, ces deux chercheurs présentent de manière claire et concise ce qu'est la salutogenèse en tant qu'idée générale, en plus de faire le point sur les développements considérables que la théorie salutogénique d'antonovsky a connus à l'échelle de la planète depuis une quinzaine d'années et de discuter des acquis et des défis qui y sont liés. Ce livre permet, pour la première fois en langue française, de comprendre les possibilités et les limites de la salutogenèse, non seulement en tant que théorie, mais aussi en tant qu'orientation générale pour aborder les enjeux de santé du XXe siècle. A ce titre, il intéressera au premier chef les chercheurs et les praticiens des diverses disciplines du domaine de la santé et des services sociaux, mais aussi un grand public averti, curieux de constater les évidences scientifiques dont on dispose quant à l'effet d'une approche salutogénique pour promouvoir la santé des individus, des groupes et des populations.

  • Alors qu'on sait que c'est précisément au début de l'âge adulte que les relations sont les plus nombreuses et les plus changeantes, peu d'ouvrages ont jusqu'ici proposé une lecture centrée sur ce thème pourtant au coeur de l'«être jeune». Pendant l'enfance, les relations se nouent principalement dans l'espace de proximité, la famille, le voisinage, l'école primaire du quartier. Le passage à l'école secondaire élargit l'espace des rencontres nouvelles, comme le feront aussi bientôt les petits boulots. Les nouveaux amis fournissent à leur tour l'occasion d'entrer dans de nouveaux cercles de relations sociales, tout comme la mise en couple et le développement de nouvelles activités de loisir.

    Les relations interpersonnelles ont toutes leur propre histoire. Si elles évoluent au fil de la vie, on peut se demander ce que celles des jeunes ont de particulier. Les travaux de recherche sur lesquels s'appuient les textes proposés dans cet ouvrage sont basés sur des enquêtes quantitatives, des enquêtes par entrevues auprès de groupe ciblés, ainsi que des observations fines, offrant ainsi à la réflexion des dynamiques larges, des problématiques spécifiques et des microrituels que s'inventent eux-mêmes les jeunes au sein de leurs groupes d'appartenance.

    L'intensification de la sociabilité dans le passage à l'âge adulte, le maintien de différences entre les hommes et les femmes dans la dynamique de leurs relations interpersonnelles, l'importance de l'exploration identitaire et la fréquentation d'espaces diversifiés, tant du point de vue social que géographique, se combinent pour rendre les relations des jeunes particulièrement sensibles aux imprévisibilités de la vie.

  • Quel est votre film culte?

    Que vous soyez amateurs de cinéma d'auteurs, de séries B ou Z, de grandes romances ou d'épopées, ce film vous renvoie à votre jeunesse, aux salles sombres que vous fréquentiez entre pairs, à ces icônes du grand écran dont vous rêviez en vous endormant... De La fureur de vivre à Titanic, les films cultes se sont succédés au cours des générations, comme autant d'emblèmes des époques qui se succèdent, qui passent, mais dont on garde toujours un souvenir teinté de nostalgie. Car le film culte renvoie d'abord à une expérience, celle de l'éblouissement, et de la conviction intime de participer à un événement significatif.

    Depuis l'émergence de la culture juvénile dans les années 50, le cinéma est resté l'une des pratiques culturelles les plus importantes chez les jeunes générations. Encore aujourd'hui, plus que leurs aînés, les jeunes visionnent des films et consomment du cinéma, souvent cinéphages, parfois cinéphiles. Parmi le déferlement des productions cinématographiques made in Hollywood, certains films tirent toutefois leurs épingles du jeux, se démarquent des autres parce qu'ils sont encensés par de nombreux amateurs, parce qu'ils sortent de l'écran pour envahir les rayons des grandes surfaces sous la forme de figurines et de jeux vidéo, parce qu'ils sont débattus sur les forums et louangés par les bloggeurs...

    Mais dans ce paysage où se côtoient aujourd'hui les Scarface, Star Wars, Matrix et Fight Club, comment pouvons-nous comprendre le triomphe de certains longs métrages auprès des jeunes ? Anthropologues, psychologues, sociologues, psychanalystes et analystes du cinéma discutent ici de la complexité de cette passion des jeunes pour le cinéma, qui devient alors le miroir révélateur de ce qui se trame à cette période de la vie, à cette époque qui fut la nôtre et qui désormais leur appartient...

  • Le présent ouvrage vise à comprendre ce qui pousse certains individus à braver les euphémismes et à affirmer fièrement « je suis Sourd » afin de dire leur différence. Cette affirmation identitaire fait entrer dans l'Histoire une nouvelle façon de considérer la différence corporelle de ces personnes qui tentent de se définir à partir d'une culture spécifique plutôt que selon une particularité strictement biologique.

  • Ce livre jette des regards croisés sur le métissage, ceux d'historiens, de littéraires, d'ethnologues, d'archéologues, de philosophes et de muséologues. Les auteurs dévoilent et débusquent les expressions du métissage dans la parole, les textes littéraires, les objets matériels, les expositions, les pratiques alimentaires et la danse, tant dans les contextes coloniaux que postcoloniaux. Loin de considérer le métissage comme un entre-lieu heureux, une situation rassurante du milieu, ils adoptent une posture critique envers cette notion aujourd'hui à la mode et récupérée par tous les discours, ceux de gauche et de droite, ceux du nationalisme et du transnationalisme, du Tiers monde et du Premier monde. Certains y ont recours pour lutter contre les fondamentalismes de toutes sortes ou les forces hégémoniques du capitalisme mondial, alors que d'autres s'en méfient, soutenant qu'il représente une utopie trompeuse construite et manipulée par un pouvoir occulte. Les auteurs de ce recueil présentent des perspectives variées sur le métissage qui recoupent celles que l'on retrouve aujourd'hui de par le monde.???

    Ce livre réunit les textes de Michael Dietler (Université de Chicago), Simon Harel (Université du Québec à Montréal), Alexandru Jinga (Université Laval), Anne-Hélène Kerbiriou (Université Laval), Samuel Kinser (Université de l'Illinois), Hans-Jürgen Lüsebrink (Université de Saarbrücken), Alexis Nouss (Université de Montréal), Pierre Ouellet (Université du Québec à Montréal), Laurier Turgeon (Université Laval) et Alexandra Van Dongen (Musée Boijmans Van Beuningen).?

  • Les études, les commentaires et les rares analyses du lien social donnent de ce concept une identité éclatée et l'apparentent à la sociologie de la culture, à la sociométrie, à ;a sociologie de la famille et même parfois à l'économie sociale. Les perspectives dans lesquelles cette notion se retrouve, pour aussi différentes qu'elles soient, visent toutes à identifier les structures qui encadrent, contraignent et parfois minent le lien social.

    Le présent ouvrage prend le contre-pied de cette orientation pour se tourner résolument vers l'analyse empirique et théorique de la dynamique du lien social, c'est-à-dire du processus de communication qui le tisse. Il s'interroge sur la nature de la matière utilisée pour le constituer ( texte, récit, opinion, interaction) ainsi que sur les mécanismes ( pragmatiques, rhétoriques, narratifs et sémiotiques ) que les acteurs ou les groupes d'acteurs mettent en branle pour s'attacher les uns les autres.

    Cette perspective communicationnelle démontre que le lien social survit au pessimisme et aux dépits qui la hantent depuis le début de sa carrière intellectuelle. Parce que le système social est constitué par la communication et que celle-ci ne s'est jamais appauvrie ou taire, force est de reconnaître que le lien social qu'il génère est tout aussi vivant. Ce livre démontre comment, au gré des mutations de la communication ( médias de masse, médias sociaux, style et modalités variées de communication), le lien social se transforme, évolue et s'adapte à la complexité des structures sociales actuelles pour relier entre eux les acteurs.

  • La gestion de la longévité humaine devient aujourd'hui l'un des
    dossiers les plus épineux du gouvernement des populations. De
    nombreux projets de réformes sur les soins de santé, les lois du
    travail, les régimes de retraite, les finances publiques et les marchés
    financiers découlent directement du vieillissement des populations et,
    bien que les options politiques proposées à leur sujet suscitent
    fréquemment de vifs échanges dans l'arène politique, leurs tenants et
    aboutissants sont relativement bien connus. Depuis une décennie, de
    nouvelles avancées biotechnologiques viennent s'immiscer dans nos
    rapports à la vieillesse et interpellent sérieusement les chercheurs en
    sciences sociales. Des discours et des pratiques, certains crédibles et
    d'autres moins, visent entre autres à prolonger la durée de vie
    « naturelle » humaine en agissant sur le vieillissement biologique.
    Déjà que l'âge est devenu un des principaux axes de stratification
    sociale, dans ce contexte biotechnologique, nombreux sont les
    chercheurs qui observent que la longévité deviendra un point de
    départ pour de nouvelles formes de gouvernement du corps et des
    populations.

  • Ce livre retrace l'histoire encore méconnue du Bureau d'Aménagement de l'Est du Québec, mieux connu sous le nom de son acronyme : le BAEQ. Cet organisme non-gouvernemental, créé pour élaborer un plan de développement régional, déposait le 30 juin 1966 un volumineux rapport visant le rattrapage socio-économique du Bas Saint-Laurent et de la Gaspésie. Malgré la contribution de ce plan à la réduction significative des écarts de développement, il a pourtant été évalué négativement par plusieurs observateurs à cause de sa recommandation de relocalisation de quelques villages gaspésiens.

    A l'occasion du 50e anniversaire de ce plan de développement régional qui reste unique par son ampleur, ses méthodes et ses résultats, il fallait revisiter le BAEQ, et proposer un regard renouvelé qui met pour la première fois à contribution les perspectives croisées de chercheurs et d'acteurs. Le président du BAEQ, le notaire Georges-Henri Dubé, livre un témoignage inédit sur des aspects jusque-là ignorés dont on n'a pas finie de découvrir le riche héritage. Robin d'Anjou, gestionnaire des ententes fédérales-provinciales pour le développement de la région et le député de Matane de 1968 à 1980, Pierre de Bané, à qui on doit le nom évocateur des Opérations-Dignité, nous offrent d'autres éclairages sur les impacts d'un plan qui a été effectivement mis en oeuvre.

  • Au cours des deux dernières décennies, le champ de la recherche en gestion et des études organisationnelles a connu une croissance considérable.

    Parmi les productions dans le champ de langue française, certaines font date. Les travaux de notre regretté collègue Jacques Girin, regroupés dans cet ouvrage, entrent dans cette catégorie. Jacques Girin a en effet produit, au cours de sa carrière, un certain nombre d'articles et de chapitres d'ouvrages qui ont joué un rôle important. Jusqu'ici éparpillés dans des supports variés, parfois confidentiels, ils ont été regroupés ici dans un seul et même ouvrage pour permettre à tout enseignant-chercheur de langue française d'avoir accès à une pensée à la fois riche, originale et d'une grande pertinence pour la recherche contemporaine en gestion.

    Le lecteur pourra voir combien Jacques Girin s'affirme à travers ses travaux comme un des pionniers de la réflexion sur le langage dans les organisations, dans l'univers tant francophone que non francophone, combien l'idée de situation de gestion est féconde et combien ses positions sur la manière de faire de la recherche de terrain sont également originales.

    Nous sommes donc bien ici en présence d'une oeuvre. C'est cette oeuvre que nous livrons désormais aux lecteurs, qu'ils ou elles soient enseignants-chercheurs en gestion, analystes des organisations, étudiants ou gestionnaires. Puissent les lecteurs être nombreux à découvrir ou à redécouvrir ses travaux novateurs qui sont devenus désormais des classiques de notre champ.

  • La question des changements climatiques est d'abord scientifique, mais, en amont comme en aval, il y a aussi des enjeux sociaux, politiques, économiques et même culturels.
    Les rapports successifs du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) ont contribué à intéresser les sciences sociales à l'importance de ces enjeux. A mesure que les perturbations du système climatique se confirmaient, les sciences économiques, les relations internationales, le droit, la gestion et l'urbanisme en ont mesuré l'impact. Quant à la sociologie, si on lui a fait le reproche de s'y être peu intéressé, des travaux récents témoignent de sa contribution dans le domaine. Que peuvent apporter ces différents éclairages à la compréhension de l'enjeu climatique et à la controverse publique que cette question soulève? Les auteurs de cet ouvrage ont tenté d'y répondre.

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