Atelier 10

  • La classe moyenne est instrumentalisée par les politiciens et les commentateurs médiatiques, qui la dépeignent tantôt comme une immense cohorte de pauvres en devenir, tantôt comme une communauté martyrisée de contribuables parasités par lÉtat. Des pro­phètes de malheur annoncent même sa disparition.
    Enfant de la classe moyenne, Samuel Archibald a eu envie de se pen­cher sur ce quelle a été, ce quelle est devenue et ce qui lattend. Et de parler de sa famille, des années 1980, de la religion du Publisac, de films de fin du monde et de stationnements de centres dachats.

  • Cofondatrice de la revue La Vie en rose, Francine Pelletier se trouvait dans les tranchées de la révolution féministe, il y a 30 ans, alors qu'on entrevoyait le meilleur pour les femmes et la société en général. Une ère plus ouverte, décomplexée, libre et juste semblait s'annoncer. C'était avant l'électrochoc de la tuerie de Polytechnique, en 1989, la montée en puissance du fanatisme religieux et l'accroissement des inégalités sociales.

    Mais l'année 2014 aura été, à bien des égards, porteuse d'espoir pour la cause des femmes. Aura-t-il fallu attendre une nouvelle génération-et un sentiment d'urgence omniprésent-pour que le féminisme renaisse enfin de ses cendres?

    Francine Pelletier signe ici une réflexion inédite, vive et sincère sur ce que ça veut vraiment dire, être une femme dans le Québec actuel.

  • Entre l'immobilisme et une agitation désordonnée, l'homme du 21e siècle se cherche et ne se trouve pas. Malgré ses appétits ardents, il se conforme à ce qu'on lui dit de faire et d'être, sans s'interroger, ni rien remettre en doute. Dans cet essai, Steve Gagnon propose une réflexion sur l'état de l'homme, aujourd'hui: ses rôles, son image, ses référents, ses modèles. Il tente d'imaginer une nouvelle définition de la virilité, loin des stéréotypes, façonnée par les évolutions et révolutions des 100 dernières années.

  • Elle est auteure et drama queen à ses heures; il est doctorant en philosophie et amateur de Timbits. Ils ont passé leur vingtaine ensemble. Cumulant les élans passionnés autant que les querelles et les infidélités, ils entretiennent aujourd'hui une relation ambigüe qui échoue à les rendre heureux. Peu à peu, les mots se sont substitués aux corps, et le langage a remplacé le lit double comme lieu privilégié des ébats. Mais ce soir, leur joute rhétorique les amènera aux limites du champ amoureux...
    Dans ce texte où se mêlent gravité et humour, Catherine Chabot pose un regard acéré sur les pérégrinations de la chambre à coucher.

  • Comme beaucoup d'entre nous, le Héros rêve de collectif en s'exilant dans l'individualisme. Écartelé entre ses contradictions, multipliant les petites lâchetés ordinaires de la classe moyenne, il constate son impuissance mais persiste à jouer au philosophe du vivre-ensemble.

    J-F Nadeau s'inspire de la psychogéographie, qui interroge l'effet du milieu sur l'individu, pour nous entrainer dans une ahurissante dérive urbaine. À l'intersection de la rue Bélanger et de la 2e Avenue, à Montréal, là où des commerces de cultures diverses se côtoient dans l'ignorance mutuelle, il apprend à la dure que le racisme est le fruit d'une indifférence érigée en règle première de la paix sociale.

    Voici une radiographie du repli comme de l'angélisme, pour regarder en face nos peurs, nos désirs et notre conditionnement, pour enfin envisager une cohabitation véritablement ouverte à l'autre.

  • Alors qu'un vent de fin du monde fait rage au-dehors, sept femmes se réfugient dans un centre d'achats. Elles sont des amies, des soeurs, des membres d'une même famille venues se chercher un T-shirt et des shorts, une tunique style bohème, une paire de jeans de qualité, une vie de qualité... Sous la lumière irréelle, le long des allées sans fin, elles promènent leurs envies frivoles et leurs espoirs déçus, leurs confidences vite étouffées sous une tonne de tops en solde, résolues dans leur quête de ce qu'elles ne trouveront pas.

    Emmanuelle Jimenez alterne à la perfection les dialogues savoureux et les didascalies poétiques au service d'une farce grinçante où le séduisant temple de la consommation libère peu à peu toute sa violence et son obscénité.

  • Un cheminot québécois, un assureur américain et un chercheur néozélandais portent le même nom: Thomas Harding. En apparence, ils n'ont rien d'autre en commun. Jusqu'au 6 juillet 2013. Cette nuit-là, un train qui déraille fait exploser une ville. Apparaissent alors au grand jour les rails invisibles qui relient ces existences les unes aux autres.

    Inspirée par la matière documentaire d'existences bien réelles, Alexia Bürger s'interroge sur le conformisme et sur la part de responsabilité des individus face au dérèglement du monde.

  • Depuis leur village du Nunavik, dans la cuisine de leur petite maison, Hannah et Niap écoutent la radio.

    Source ininterrompue de musique, d'information et de lien social entre les membres de la communauté, la voix des ondes est le personnage principal de la pièce. C'est d'elle que proviennent les témoignages de cinq jeunes femmes, dont la vie est partagée entre le sud du Québec et le Grand Nord.

    Un texte sensible et poétique qui s'appuie sur l'expérience de la radio comme sur celle de la scène pour faire entendre et vivre le Nord à travers les voix, les souvenirs et les espoirs de celles qui l'habitent.

  • Revivre une, puis plusieurs naissances. Raconter ce qui demeure un choc brutal, un moment imprévisible. Explorer comment cette arrivée spectaculaire, animale, violente, gluante peut se révéler comme une catharsis. Venir au monde se présente comme une rafale d'accouchements, tous issus de la cueillette de centaines d'histoires vraies. Un spectacle qui donne envie de vivre plus fort, plus consciemment, avec davantage de fougue et de courage. Un appel d'air qui célèbre la vie, toutes les vies.

  • Zoé

    Olivier Choinière

    Les élèves du collège ont déclenché une grève générale illimitée. Zoé refuse de se joindre au mouvement: elle est persuadée que le meilleur moyen pour elle de contribuer à la société est de poursuivre ses études en vue d'entrer en médecine. Elle obtient de la Cour une injonction obligeant ses professeurs à lui enseigner, sous peine d'emprisonnement. C'est donc sous la contrainte que Luc, son professeur de philosophie, entame avec elle un dialogue qui les forcera tous deux à reconsidérer leur rapport à l'autre, et à éprouver les limites de leur liberté.

  • Jean dit

    Olivier Choinière

    Dans un monde gangréné par le mensonge, un groupe d'individus érige sa quête de vérité en modèle de vie. Progressivement, cet idéal gagne différentes couches de la société, jusqu'à faire vaciller le pouvoir politique et financier. D'abord personnage fictif tiré d'un jeu, Jean devient un être suprême, qui châtie les menteurs et sauve ceux qui disent la vérité.
    Olivier Choiniere convoque a nouveau sa plume aceree et son regard mordant sur le monde pour depeindre une societe desesperee qui, n'ayant plus foi en elle meme et en ses institutions, se tourne vers une autorité imaginaire, aussi absurde et arbitraire soit-elle.

  • Animaux

    Alexis Martin

    Fascination, crainte, affection, dégout, protection, exhibition, anthropomorphisme... Depuis des millénaires, notre relation à l'animal est pétrie d'ambiguïté. Comment rendre compte, sur un plateau de théâtre, de cette histoire commune? Peut-on, par exemple, mettre en scène un chien, un chat, un cochon? Diriger un furet? Animaux fait le pari d'orchestrer l'aléatoire en plaçant des animaux en situation de représentation. À travers ce choix osé, cette pièce soulève une question essentielle: qu'est-ce qui fait de nous des êtres humains ?

  • Un souper entre anciens amis du secondaire s'est étiré et, peu à peu, les échanges dérapent. La réalité individuelle de ces jeunes trentenaires prend le pas sur les souvenirs chéris, et les perceptions du monde se confrontent. Les partis pris sont dévoilés au grand jour, les visions de l'avenir, de la maternité et de l'amitié sont brouillées à jamais.

    Maniant l'hyperréalisme avec une extrême précision, Catherine Chabot dresse un portrait incisif du Québec d'aujourd'hui, de ses penchants politiques et de notre besoin urgent de trouver de véritables issues de secours.

  • Ceci est un livre sur notre rapport à notre époque-mais aussi à la jeunesse qui incarne, dans notre esprit, ses carences et ses excès. Une époque que nous détestons, de manière générale. Pas toujours sans raison, bien entendu, mais avec une paresse intellectuelle qu'on réserve habituellement à la condamnation des frasques des chanteuses populaires. Constitué d'une série d'observations ayant Miley Cyrus comme pivot, cet essai n'a pas pour ambition de montrer que notre époque est au-dessus de tout reproche, mais seulement que cette autoflagellation en dit plus long sur nous que sur elle.

  • À l'aube de ses trente ans, une jeune femme se retranche petit à petit dans son demi-sous-sol. Alors que son entourage l'exhorte à retrouver une vie normale, elle se laisse peu à peu submerger par l'angoisse. Bientôt, elle ne répond plus ni à la porte ni au téléphone. Mais les innombrables exigences de son environnement continuent malgré tout de hurler à ses oreilles, menaçant son équilibre et sa raison.

    La peur au ventre, la trentenaire va devoir se battre autant pour comprendre l'origine de son mal que pour le justifier aux yeux des autres, et retrouver enfin la lumière.

    Une plongée sensible dans l'univers insaisissable de la dépression, où la critique des violences que la société impose aux corps et aux vies des femmes n'est jamais bien loin. Un vibrant hommage à l'art comme seul remède aux assauts de notre temps.

  • Dans son numéro 07 (printemps-été 2015), Nouveau Projet dédie son dossier aux nouvelles frontières-tangibles et moins tangibles-du Québec moderne. De ses limites territoriales parfois contestées aux barrières culturelles et linguistiques persistantes (ou non?), en passant par le regard de migrants étrangers et bien d'autres angles, Nouveau Projet déplie le concept de frontière et ses différentes incarnations dans le Québec d'aujourd'hui.

  • Pour dessiner plus en détails le relief de ce siècle accidenté, nous avons choisi de revisiter une forme: le portrait. Marie-Claire Blais, Serge Bouchard, Véronique Côté, Sylvie Drapeau, Alain Farah, Geneviève Pettersen, Marc Séguin, Michel Rabagliati et Isabelle Arsenault-sans parler de David Altmejd en couverture-nous ont fait l'honneur de se prêter au jeu. Ailleurs dans cette édition, on peut lire les principes philosophiques du sociologue Guy Rocher, une analyse du racisme sur les sites de rencontres, un mode d'emploi pour humaniser la police, une nouvelle inédite de Patrick Nicol, un court récit de Nicolas Dickner et beaucoup d'autres choses encore.

  • Est-il possible de faire une revue de l'année autrement? C'est le pari que relève l'équipe du magazine Nouveau Projet avec son tout premier RétroProjecteur, un innovant numéro hors-série confié à une rédactrice en chef (Miriam Fahmy) et deux directeurs artistiques invités (Catherine Lepage et Simon Rivest, studio Ping Pong Ping).

  • Le jour où ses parents quittent leur maison pour aller vivre en résidence, François Grisé ouvre les yeux sur l'existence de près d'un million et demi de ses concitoyens: les vieux. Saisi par la brutalité de cet ultime déménagement et désireux de donner une voix à de nombreux anonymes, il s'organise pour passer un mois dans une résidence privée pour ainés. De lentes déambulations dans les couloirs en confidences chuchotées à la cafétéria, François dresse le portrait d'un univers routinier où l'anecdotique et le tragique se côtoient, et où raconter sa vie est le privilège de ceux et celles qui ont tant perdu. Leur parole d'un autre temps, tantôt elliptique et drôle, tantôt philosophe et inspirée, mais toujours profondément sincère, dévoile autant les parcours individuels que notre obstination collective à nier la vieillesse et ses nouvelles réalités.

  • Ils nous écrivent depuis la Polynésie française, la République centrafricaine, les États-Unis ou les quatre coins du Canada. Ils nous racontent leur quotidien, les grandes et petites nouvelles qui échappent au traitement médiatique.

  • On ne compte plus les villes nord-américaines qui observent un sérieux déclin de leurs artères commerciales. Taxes élevées, concurrence de la banlieue, construction de mégacentres à ciel ouvert, vente en ligne... La compétition est féroce dans l'univers du commerce de détail, et les consommateurs sont de plus en plus exigeants. Les rues marchandes se voient donc forcées de se réinventer, notamment sur le plan urbanistique, pour maintenir leur clientèle ou en séduire de nouvelles.

  • Notre collaborateur a tâté le pouls de la vibrante Barcelone, à la rencontre de son destin et de celui de la région.

  • Retour sur l'histoire méconnue de l'Université ouvrière fondée par Albert Saint-Martin dans les années 1920 à Montréal.

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