• Le siècle des dictateurs

    Olivier Guez

    • Perrin
    • 22 Août 2019

    Les maudits de l'histoire" Il est remarquable que la dictature soit à présent contagieuse, comme le fut jadis la liberté. "
    Paul Valéry,
    Regards sur le monde actuel Si la dictature est aussi ancienne que l'histoire, le phénomène prend un tournant majeur au sortir de la Première Guerre mondiale avec l'avènement des totalitarismes soviétique et fasciste, avant que la crise de 1929 ne favorise le triomphe du nazisme.
    Quatre générations durant, sur tous les continents, des régimes hantés par l'idéologie vont faire régner un ordre de fer, présidant aux guerres et exterminations d'un siècle barbare qui a retourné le progrès contre l'humanité.
    Cette forme absolue de l'absolutisme est orchestrée par des chefs impitoyables et cruels, tous jouant par essence un rôle prépondérant au sein d'un régime qu'ils marquent au fer rouge de leur empreinte. Leurs profils et leurs caractères sont différents, souvent opposés, mais ils communient dans une même soif de pouvoir fondée sur la banalisation de la terreur, une même défiance envers leurs semblables et le mépris le plus profond de la vie humaine et, plus largement, de toute forme de liberté.
    Pour la première fois est ici brossé le portrait des plus édifiants d'entre eux, qu'ils soient célèbres, méconnus ou oubliés ; vingt-deux portraits d'envergure où l'exhaustivité de l'enquête se conjugue avec l'art narratif des meilleurs journalistes et historiens actuels réunis à dessein par Olivier Guez qui signe une préface magistrale.

  • Plongez au coeur du plus fascinant des services secrets : le KGB.

    Trente ans ont passé depuis que l'URSS s'est effondrée, en décembre 1991. Depuis cette date, à Moscou, les archives se sont ouvertes, les témoignages personnels se sont multipliés, les révélations ont succédé aux révélations. Notamment à propos du plus secret des piliers du système soviétique : le KGB.
    Depuis la fondation de la police politique bolchevique, en décembre 1917, jusqu'à sa tentative ratée de sauver le régime, en août 1991, il était devenu indispensable de reprendre, corriger, compléter et conclure le récit foisonnant de ses campagnes, de ses exploits, de ses métamorphoses, de ses crimes et de ses échecs. Quelle riche histoire que la sienne : la Tcheka, la guerre civile, la GPU (dernier avatar avant la fondation du KGB proprement dit), les procès staliniens, le Goulag, la guerre froide, la dissidence ! Combien de personnages hors du commun l'ont incarnée au fil des années : Lénine, Dzerjinski, Iagoda, Iejov, Beria, Staline, Serov, Andropov ! Et combien de silhouettes ambiguës et romanesques ont traversé ce formidable théâtre d'ombres : Münzenberg, Mercader, Philby, Trepper, Kravchenko, Fuchs, Rosenberg, sans parler d'un certain... Vladimir Poutine !
    D'une plume enlevée et nourrie aux meilleures sources, Bernard Lecomte nous révèle la véritable histoire des services secrets soviétiques.

  • Sandormokh. Ce charnier abrite, dans une forêt perdue de Carélie, 236 fosses où ont été retrouvés les restes des fusillés de la Grande Terreur. Ce site est devenu l'un des principaux lieux de mémoire et de recueillement en souvenir des victimes des purges staliniennes de 1937-1938, au cours desquelles près de 800 000 personnes ont été abattues d'une balle dans la nuque dans le plus grand secret. Le charnier de Sandormokh est situé non loin de Medvejegorsk, ville tristement célèbre pour avoir abrité le Quartier général de l'OGPU, puis du NKVD. Il a été mis au jour en 1997 par Irina Flige, Iouri Dmitriev et Veniamine Ioffe. Tous trois ont lutté au sein de l'association Memorial contre une réécriture de l'histoire de la Grande Terreur, qui est aujourd'hui toujours aussi vivace au sein du discours officiel russe. Leurs recherches sont un acte de résistance civile. Le livre d'Irina Flige retrace fidèlement les circonstances d'une véritable enquête, à la fois dans les archives et sur les lieux des exécutions, pour retrouver un chaînon manquant de l'histoire de son pays. Il rétablit un chantier historique nécessaire, où sont intriqués toutes les strates d'une « mémorialisation » conflictuelle, mettant en jeu les familles des victimes, les associations nationales (polonaises, ukrainiennes, etc.) et le pouvoir en place. Construit comme une aventure intellectuelle, cet ouvrage a été écrit à l'intersection de plusieurs genres : le lecteur y trouvera des éléments de recherche historique, d'analyse culturelle, de témoignages racontés et de journalisme. C'est ce qui en fait un document unique parmi les ouvrages consacrés aux répressions staliniennes.

  • La paix introuvable.Le 11 novembre 1918, au matin, Georges Clemenceau déclare à son chef de cabinet : " Nous avons gagné la guerre, il nous faut maintenant gagner la paix, et ce sera plus dur encore. "
    En effet, outre la mauvaise volonté allemande, il faudra non seulement compter avec la diplomatie d'équilibre des Britanniques qui ne veulent pas trop affaiblir l'Allemagne au profit de la France, mais aussi avec les ambitions du président américain Wilson dont les principes démocratiques pour la reconstruction du monde - le droit des peuples, l'État-nation, la SDN... - privent les Européens de toute politique d'annexion.
    Loin d'être à l'apaisement, les années d'après-guerre sont marquées par le trouble et l'incertitude. La guerre continue à l'Est, dans les pays baltes en 1919, entre la Pologne et la Russie de 1920 à 1921, entre les Turcs et les Grecs de 1919 à 1922, tandis que la guerre civile en Russie cause la mort de 5 à 7 millions de personnes. Surtout, le spectre de la révolution bolchevique, victorieuse en Russie, s'insinue de l'Allemagne à la Hongrie en passant par l'Italie. L'ennemi n'est plus tout à fait le germanisme, mais le bolchevisme, infiltré sous la forme des nouveaux partis communistes d'Europe. Un monde radicalement nouveau est né, une nouvelle ère idéologique coincée entre Wilson et Lénine, deux messianismes à côté desquels la France et la Grande-Bretagne ne tiennent plus le premier rôle. En ces années où prévaut l'illusion d'une paix durable, les instabilités, les aigreurs et les déceptions attisent déjà le feu de la revanche.
    Clemenceau avait raison : il était plus difficile de gagner la paix que la guerre. Et la France, qui a gagné la guerre, a perdu la paix.
    Jean-Yves Le Naour livre une étude brillante et rénovée - parfois iconoclaste - de cette tragique sortie de guerre, étudiant notamment le traité de Versailles, dont le grand perdant ne fut peut-être pas l'Allemagne, mais la France.

  • Une histoire-monde illustrée, des communismes de la fondation de la IIIe Internationale à la chute du mur de Berlin. " Le grand livre rouge ".Né avec la révolution d'Octobre, mort avec la fin de l'URSS, le communisme a connu la durée de vie classique d'un être humain, soit trois quarts de siècle (1919-1991) ; mais trois quarts de siècle qui ont bouleversé la planète, débordant largement la matrice politique pour " révolutionner " les sphères économiques, sociales et culturelles. Touchant tous les continents et presque tous les pays, son idéologie, son action, les artistes et grands écrivains mobilisés en sa faveur durant trois générations, ses nombreuses guerres (civiles et extérieures) comme ses leaders charismatiques (Lénine, Mao, Staline, Castro...), ses victoires, son déclin puis sa chute n'ont jamais été explorés dans leur globalité au moyen d'un grand récit chronologique à la fois accessible, documenté aux meilleures sources et richement illustré.
    Tel est le pari relevé de main de maître par Jean-Christophe Buisson, dans la lignée de son magistral
    1917, l'année qui a changé le monde. Les entrées sélectives, très écrites et toujours contextualisées, s'appuient sur de nombreuses cartes et illustrations souvent spectaculaires. Elles reflètent les espoirs, les combats, les divisions et les drames de millions d'êtres portés par leur croyance dans une idéologie dont ils furent les militants avant, pour la plupart, d'en devenir les victimes.
    Une union idéale entre la clarté du texte et la puissance des images, indispensable pour comprendre et connaître le XXe siècle.

  • La Guerre d'Espagne Une analyse sans préjugés partisans d'un conflit dont la signification symbolique a divisé le monde au point d'en faire oublier la réalité complexe. Avec un souci constant d'impartialité, l'auteur retrace les épisodes marquants en même temps que les enjeux de cette guerre civile, dans ses dimensions politiques, sociales, idéologiques, militaires et bien sûr internationales. Le regard de Guy Hermet ne procède pas d'une vision "révisionniste", mais cherche à comprendre la constitution démocratique de l'Espagne. Guy Hermet Docteur ès Lettres, ancien directeur du CERI, il occupe la chaire internationale de sciences politiques de l'Université libre de Bruxelles. Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur l'Espagne et de travaux reconnus sur le développement de la démocratie et le nationalisme en Europe.

  • Le livre-référent sur la guerre civile russe (1917-1922)Après la révolution de Février et le coup d'État bolchevique d'octobre 1917, l'ancien Empire russe continue à se déchirer. Les rouges et les blancs, certes, mais aussi les verts, les paysans, les Alliés et les Allemands sont alors autant d'acteurs de cette tragique guerre civile, de ce chaos indicible dont Alexandre Jevakhoff cerne les implications profondes et les raconte avec talent et passion, fort de sa connaissance intime de l'âme russe. Le résultat de ce travail est exceptionnel, et redonne à ce moment méconnu mais essentiel de l'histoire du XXe siècle la place qui lui revient : assurément l'une des toutes premières.
    " À la lumière de recherches impressionnantes, cette somme éclaire magistralement les mille rouages d'un conflit qui se solda par 10 millions de morts. "
    Le Figaro Histoire

  • Belchite, bourg situé à 40 kilomètres au sud-est de Saragosse, a été un lieu de combats extrêmement violents entre les républicains et les nationalistes pendant la guerre civile espagnole. Y cohabitent désormais deux espaces. Le village détruit, en ruines, et conservé depuis dans son état originel. Et, en contrebas, le nouveau bourg dans lequel la population a été transférée entre 1940 et 1963 et où vit désormais " une petite communauté rurale en sursis ".

    Vitrine du franquisme, Belchite est le lieu à partir duquel Franco avait annoncé en 1938 la construction d'un monde nouveau sur les débris de l'ancien. Stéphane Michonneau analyse les usages politiques, sociaux et culturels de ces ruines. Les mémoires, les émotions s'entrechoquent dans ce village fantôme où les morts semblent continuer à dialoguer avec les vivants.

    L'auteur nous invite à parcourir ce site où le passé est à fleur de sol et à comprendre la place de Belchite dans les grands lieux de mémoire de l'Espagne contemporaine.

  • 1917, une passion russe

    Max Gallo

    • Xo
    • 23 Février 2017

    La Révolution russe comme on ne vous l'a jamais racontée À la fin de décembre 1916, Raspoutine avait lancé cet avertissement au tsar Nicolas II : " Pas un des membres de votre famille ne restera vivant plus de deux ans. Le peuple russe les tuera ! " Avec 1917, une passion russe, Max Gallo nous fait vivre cette révolution fulgurante qui s'appuie sur la désespérance d'un peuple affamé et violenté par un pouvoir tsariste autocratique. Pendant ces jours de fièvre, nous rappelle Max Gallo dans un récit époustouflant, on chante La Marseillaise. Peu à peu, pourtant, c'est le portrait d'un Lénine froid et calculateur qui se dessine derrière les promesses faites au peuple : l'inspirateur implacable d'une " dictature du prolétariat " que Staline tournera à son seul profit, installant l'un des régimes totalitaires les plus sanguinaires que l'humanité ait connus. " Un siècle après la révolution bolchevique d'octobre 1917, ses conséquences pèsent toujours sur le destin de la Russie et celui du monde. Pour comprendre le temps présent, il faut que revivent ces destins brûlés à vif dans les flammes des espérances et des illusions. " Max Gallo

  • A partir de sources entièrement renouvelées, le grand historien Bartolomé Bennassar livre la synthèse de référence sur la guerre d'Espagne.
    Bartolomé Bennassar retrace l'émergence de deux mondes antagonistes - républicains contre franquistes -, les interventions militaires étrangères, les affrontements et l'immense écho du conflit dans toute l'Europe. Il exhume des archives le sort des vaincus, des prisonniers, des exilés, leur rôle dans la Résistance française et jusqu'à l' " exil intérieur " des opposants à Franco. Cette analyse générale, nourrie par la force des témoignages et des récits individuels, constitue la synthèse de référence sur la guerre d'Espagne.
    Bartolomé Bennassar est le spécialiste du monde méditerranéen des XVIe et XVIIe siècles. Il a notamment publié chez Perrin une biographie magistrale de Franco et une Histoire des Espagnols (collection Tempus).

  • Le 11 novembre 1918, au terme d'un conflit d'une ampleur inédite, Georges Clemenceau prévient : « Nous avons gagné la guerre, mais maintenant il va falloir gagner la paix, et ce sera peut-être plus difficile. » Le traité signé à Versailles en 1919 ne devait effectivement pas consacrer la « paix française » dont certains avaient rêvé au soir de la Victoire, ni créer les conditions d'une paix durable à laquelle aspirait désormais un corps social durement éprouvé par cinquante-deux mois de guerre et que la politique de réconciliation européenne d'Aristide Briand devait tenter d'établir dans la seconde moitié des années 1920.Pour appréhender convenablement les enjeux de cette période, il convient de s'affranchir de tout regard rétrospectif qui n'envisagerait les événements qu'à la lumière de l'évolution tragique des années 1930. Loin d'être une sorte d'« entre-deux », les années 1920 possèdent leur propre cohérence et leur propre dynamique, qu'illustre une floraison d'idées réformatrices et d'expériences inédites. Une France nouvelle est bel et bien en train de s'inventer, malgré les pesanteurs et les conservatismes.Jean-Michel Guieu est maître de conférences en histoire contemporaine à l'Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne et membre de l'UMR 8138 IRICE. Ses travaux portent principalement sur l'histoire de la paix au premier XXe siècle. Il a notamment publié Le Rameau et le Glaive. Les militants français pour la Société des Nations (Presses de Sciences-Po, 2008).

  • Dès le début des années 1920, le succès des Protocoles des Sages de Sion encourage la formation de réseaux antisémites à l'échelle mondiale, bien avant leur reprise par le fascisme et le nazisme. En montrant la participation active de groupes catholiques et de figures ecclésiastiques dans cette internationale antisémite, Nina Valbousquet met au jour un aspect méconnu de cette histoire. Croisant des archives inédites, françaises, italiennes et vaticanes, l'historienne reconstruit le réseau mené secrètement par Mgr Umberto Benigni, proche du pape Pie X, journaliste et professeur, traducteur des Protocoles, reconverti en espion fasciste pour le régime de Mussolini.

    Véritable plongée dans les milieux du catholicisme intégral, du clérico-fascisme et de l'extrême droite nationaliste de l'entre-deux-guerres, cet ouvrage propose une galerie de portraits : des militants de l'Action française aux nationalistes roumains, en passant par les Russes anticommunistes exilés entre New York, Londres, Copenhague, Rome et Berlin. Nina Valbousquet démontre que, loin de se limiter à la tradition antijuive chrétienne, l'antisémitisme de ces milieux catholiques fait feu de tout bois, amalgamant antilibéralisme, antisionisme, croisade anticommuniste et racisme.

    Un éclairage indispensable à l'heure de l'ouverture des archives de Pie XII pour la période de la Shoah.

  • Dans ce texte fleuve qui ne déparerait pas parmi les classiques de la littérature slave, Yuri Slezkine nous invite au coeur de la Maison du Gouvernement, un bâtiment résidentiel hors-normes, pensé comme le foyer et le miroir des aspirations bolcheviks à un monde nouveau. Destiné à loger les plus hauts dignitaires du Parti, le bâtiment se videra au fur et à mesure des purges staliniennes, laissant orphelins les enfants qui y ont grandi, de leurs parents comme de toute promesse d'un monde meilleur.
    Après la révolution de 1917, le nouveau pouvoir soviétique s'engagea résolument dans la destruction de l'ancien monde et dans la construction du socialisme. Dans le même temps, il construisit à Moscou sa propre maison, sur le site d'un ancien marécage, près de la Moskova. Cet ensemble de 505 appartements équipés, modèle d'" organisation communiste de la vie quotidienne ", offrait aux hauts représentants du pouvoir bolchevique ainsi qu'à leur famille tous les services : une banque, une bibliothèque, un réfectoire, un théâtre, un bureau de poste, un court de tennis, etc.
    Ce livre est l'histoire de cette " maison éternelle ", et de tous ceux, hommes, femmes et enfants, qui y ont vécu. Cette grande saga familiale raconte la conversion au bolchevisme des socialistes de la première génération, elle relate l'exécution ou l'emprisonnement de 800 d'entre eux pour trahison pendant les Grandes Purges des années 1937-1938, et s'achève par la foi perdue de leurs enfants, et la fin de l'Union soviétique.
    Élaboré à partir de sources largement inédites, de lettres, journaux intimes, mémoires et de centaines de photographies, La Maison éternelle est une épopée qui raconte l'histoire de la révolution russe comme personne ne l'avait fait auparavant. Un texte-fleuve dans la grande tradition de L. Tolstoï, A. Soljenitsyne ou V. Grossman, mais aussi un immense livre d'histoire qui éclaire d'un jour nouveau les rapports complexes entre bolchevisme et millénarisme.

  • Nouvelle histoire de la France contemporaine1. La Chute de la monarchie (1787 - 1792), M. Vovelle2. La République jacobine (10 août 1792-9 Thermidor an II), M. Bouloiseau3. La République bourgeoise (de Thermidor à Brumaire, 1799-1815), D. Woronoff4. L'Épisode napoléonien. Aspects intérieurs (1799-1815), L. Bergeron5. La France napoléonienne. Aspects extérieurs (1799-1815), R. Dufraisse et M. Kérautret6 et 7. La France des notables (1815-1848)1. L'évolution générale, A. Jardin et A.-J. Tudesq2. La vie de la nation, A. Jardin et A.-J. Tudesq8. 1848 ou l'Apprentissage de la République (1848-1852), M. Agulhon9. De la fête impériale au mur des fédérés (1852-1871), A. Plessis10. Les Débuts de la IIIe République (1871-1898), J.-M. Mayeur11. La République radicale ? (1898-1914), M. Rebérioux12. Victoire et Frustrations (1914-1929), J.-J. Becker et S. Berstein13. La Crise des années 30 (1929-1938), D. Borne et H. Dubief14. De Munich à la Libération (1938-1944), J.-P. Azéma15 et 16. La France de la IVe République (1944-19858)1. L'ardeur et la nécessité (1944-1952), J.-P Rioux2. L'expansion et l'impuissance (1952-1958), J.-P Rioux17 et 18. La France de l'expansion (1958-1974)1. La République gaullienne (1958-1969), S. Berstein2. L'apogée Pompidou (1969-1974), S. Berstein et J.-P Rioux19. Crises et alternances (1974-2000), J.-J. Becker avec la collaboration de P. Ory20. La France du XXe siècle. Documents d'histoire, présentés par O. Wieviorka et C. Prochasson

  • Durant l'entre-deux-guerres, parmi la population estudiantine parisienne se trouve la plupart des futurs leaders de l'anti-impérialisme. Venus d'Asie, d'Afrique ou d'Amérique du Sud pour achever leur formation politique, ils se croisent, se fréquentent parfois, formulent déjà quelques aspirations sans que la Ville Lumière n'en sache rien. Michael Gobel nous livre une fresque vivante et minutieuse de cette période décisive. Ce livre retrace l'expansion, au cours de l'entre-deux-guerres, de l'anti-impérialisme mondial, mouvement dans lequel Paris joua un rôle de tout premier plan. La Ville Lumière accueillit en effet d'innombrables futurs leaders tiers-mondistes qui vinrent y faire, sans même le savoir, leur formation politique - formation qui, en retour, les mènera vers l'une des plus fantastiques déflagrations révolutionnaires de l'histoire. Dans ce Paris incroyablement cosmopolite où affluaient les âmes errantes venues du monde entier, on pouvait ainsi croiser Hô Chi Minh, Zhou Enlai, Léopold Sédar Senghor, C. L. R. James, George Padmore, Messali Hadj ou le révolutionnaire indien M. N. Roy. En étudiant le contexte sociopolitique parisien dans lequel ces apprentis activistes évoluaient, ce livre nous plonge dans des complots d'assassinat prétendument ourdis par des étudiants chinois, dans des manifestations menées par des nationalistes latino-américains, ou simplement dans la vie quotidienne des ouvriers algériens, sénégalais ou vietnamiens. Sur la base de rapports de police et autres sources de première main, Michael Goebel montre le rôle de force motrice essentiel joué par les mouvements migratoires et les interactions vécues au sein des milieux immigrés dans le développement de l'opposition à l'ordre impérial mondial, qui a fait se croiser les histoires de peuples issus de trois continents. S'appuyant sur les travaux de l'histoire globale et impériale, et sur les études des questions migratoires et " raciales " en France, ce livre ne propose rien de moins qu'une compréhension renouvelée des origines de l'idée de tiers monde et de tiers-mondisme.

  • Le 23 janvier 1917, une grève spontanée d'ouvrières du textile entraîne les métallos voisins et les partis révolutionnaires réticents, et débouche sur l'abdication du tsar et la constitution du premier soviet. Les femmes accèdent soudain à des fonctions dirigeantes.
    Premier livre à s'intéresser à leur rôle dans la révolution russe, le travail de Jean-Jacques Marie brosse une galerie de portraits hauts en couleur, mais surtout éclaire la façon dont l'émancipation des femmes est intimement liée à la rupture historique de 1905-1917. Il retrace cette lutte, ses avancées, décrit ses égéries et le changement de mœurs qu'elles imposèrent. Il permet ainsi de dégager quelques grandes figures de femmes révolutionnaires, des héroïnes populistes – troquant la volonté utopique d' " instruire le peuple " contre la tentative d'abattre les dignitaires du régime (Sofia Perovskaia, Vera Figner) – aux respectueuses pétitionnaires fusillées ou sabrées du Dimanche rouge. Il revient sur le passage de l'acte individuel héroïque à l'action collective dans un monde soudain en mouvement (Maria Spiridonova, Inessa Armand, Alexandra Kollontaï), mais aussi sur le choc de la mobilisation et de la guerre.
    Qu'elles soient commissaire aux armées, théoricienne, agitatrice, chef de guerre, journaliste engagée, terroriste ou à la tête de bandes insurgées, l'irruption de ces femmes accompagne un changement législatif et social radical, du droit de vote et de l'éligibilité à toutes les fonctions au droit à l'avortement, immenses avancées vers l'égalité qui furent, comme tant d'autres, piétinées par Staline.
    Jean-Jacques Marie est un des plus grands historiens du communisme. Il est l'auteur de grandes biographies (Lénine, Trotsky, Staline, Béria...) et a notamment publié au Seuil Le Fils oublié de Trotsky (2012).

  • Les révolutions russes vues d'en bas.L'histoire en général, et celle des révolutions en particulier, s'incarne paradoxalement dans des figures de proue. Les deux Révolutions russes, de février puis d'octobre 1917, sont ainsi happées par le rôle et les personnalités de Nicolas II, Lénine, Staline, Trotski, ou encore Kerenski.
    Pourtant, le grand absent du tableau en est l'acteur principal : le peuple. C'est à sa rencontre qu'est parti Alexandre Sumpf dans cette synthèse novatrice écrite à partir d'archives, notamment cinématographiques, totalement inédites. Citadins, paysans, ouvriers, monarchistes, socialistes-révolutionnaires, mencheviks ou bolcheviks, tous vivent une année sans pareille, où le chaos permanent le dispute aux difficultés du quotidien ; la propagande et les manifestations de masse aux manoeuvres d'appareils conduites par une poignée de militants expérimentés. De Petrograd à Moscou, en passant par les régions éloignées, l'auteur analyse, raconte et explique un Empire en décomposition et une société confrontée à la plus grande crise de son histoire.

  • Un témoignage inédit sur la révolution russe émanant d'une femme de lettres et journaliste présente sur le terrain.
    Arrivée à Petrograd au cours de l'été 1915, Marylie Markovitch, envoyée spéciale du Petit Journal et correspondante de la Revue des Deux Mondes, était probablement la seule journaliste française en Russie à ce moment-là. Elle a sillonné les tranchées et les lignes de fronts pendant plusieurs mois. De retour dans la capitale de l'empire des tsars, elle se trouve aux premières loges des sursauts de février 1917. Témoin privilégiée introduite auprès de la cour et des dirigeants, elle interviewe les ministres des gouvernements successifs et livre ce qu'elle voit. Affrontements entre la police, les militaires et les manifestants, défections des régiments, abdication de Nicolas II, perquisitions, mises à sac de bâtiments officiels, arrestations, rien de l'agitation insurrectionnelle n'échappe à cette reporter de guerre. Elle capte l'émotion politique, assiste à la première harangue de Lénine et s'entretient avec les socialistes français dépêchés en Russie. En dépit des censures russe et française, elle dépeint avec un don visionnaire la fièvre révolutionnaire et une inexorable glissade vers le chaos.
    Édition établie et présentée par Olivier Cariguel

  • Novembre 1918 : la Grande Guerre laisse derrière elle un monde en ruines. Tout est à reconstruire. Les femmes et les hommes bien décidés à écrire l'avenir voient enfin leurs rêves à portée de main.
    La Cosaque Marina Yurlova s'efforce d'échapper à la Russie bolchevique. Virginia Woolf bouleverse les codes de la littérature. Arthur Little, officier des Harlem Hellfighters, s'engage dans la lutte pour la reconnaissance des soldats noirs américains, tandis que T. E. Lawrence soutient la cause arabe.
    À Paris, la journaliste Louise Weiss milite ardemment pour une Europe unie et Nguyen Tat Thanh (futur Hô Chí Minh) se familiarise avec les idées révolutionnaires. Au même moment, Mohandas Gandhi entame, en Inde, son combat contre le colonialisme.
    Daniel Schnpflug raconte avec virtuosité cette période unique de l'après-guerre en faisant entendre la voix de celles et ceux qui l'ont façonnée. Il éclaire d'un jour inédit ce moment fondateur de notre histoire, entre enthousiasme et déception, euphorie et dévastation.
     
    Daniel Schnpflug est professeur d'histoire à l'Université libre de Berlin. Le Temps des comètes est son premier livre traduit en français.

  • Le souverain captif

    Andre Tardieu

    • Perrin
    • 5 Septembre 2019

    Le prophète oublié" Pour avoir mesuré la limite de l'efficacité gouvernementale, je crois plus que jamais à la puissance des idées. Un livre, s'il est bon et s'il porte, est plus fort qu'un ministère ou qu'une assemblée. On s'en est aperçu à tous les âges de l'humanité. " Dès l'avant-propos du Souverain Captif, André Tardieu exprime l'ambition qui l'anime au moment d'entreprendre son testament politique.
    Après 20 ans de vie parlementaire, plusieurs postes de ministres, trois présidences du Conseil, il n'est pas parvenu à atteindre son objectif de redressement de la France, en proie à une instabilité politique récurente et minée par la crise de 1929 face au péril hitlérien. A travers ce livre, il s'adresse directement au pays dans l'espoir de provoquer un sursaut de l'esprit public. Tardieu fustige dans un style flamboyant l'instrumentalisation des grands principes républicains par les élites dirigeantes dans l'objectif d'asservir le peuple sous couvert de le servir. Comment parler de suffrage universel et de démocratie, s'indigne-t-il par exemple, alors que les femmes, c'est-à-dire la moitié de la Nation, en sont exclues depuis 150 ans, qu'il n'existe pas de politique sociale digne de ce nom et que l'instabilité gouvernementale a pour corollaire l'éternel retour des mêmes ministres ? Convoquant l'histoire et les meilleurs auteurs, il dénonce une forme d'imposture utilisant ad nauseam la mystique révolutionnaire, largement mensongère à ses yeux, pour justifier un parlementarisme qui ne profite qu'à la " profession parlementaire ", titre d'un second volume qu'il publiera dans la foulée sous l'intitulé commun de " La révolution à refaire ".
    Pour en sortir, il défend notamment l'idée d'un recours au référendum et un renforcement du pouvoir exécutif, préfigurant le gaullisme qui lui doit beaucoup.
    D'une actualité stupéfiante, ce livre présente aujourd'hui des accents étrangement prophétiques. Maxime Tandonnet en donne la première édition critique, enrichie de nombreuses notes et d'une préface substantielle.

  • Joseph Staline (1878-1953), secrétaire général du PCUS de 1922 à 1952 et dirigeant de l´URSS jusqu´à sa mort, a établi en Russie un régime de terreur totalitaire, marqué par le culte de la personnalité. Les historiens lui attribuent la responsabilité de la mort de plusieurs millions de personnes. Mais son souvenir est également associé à la victoire militaire contre l´Allemagne nazie, qui lui conféra, après-guerre, un immense prestige et permit au successeur de Lénine d´étendre son emprise de Berlin-Est au Pacifique.
    Staline est le personnage central de ce livre, mais Lénine, Trotski, bien sûr, et leurs épigones sont bien présents, tout comme le peuple russe, l´Internationale et les nations « satellites » embarquées dans l´aventure du « socialisme dans un seul pays ». Ce livre retrace la genèse et l´histoire du stalinisme en Russie, des origines à son crépuscule, et ce depuis la révolution de 1905. Il montre ce que fut la réalité de la construction du « socialisme » en URSS : la lutte féroce qu´ont menée les bolcheviks pour arriver au pouvoir, les violences faites au peuple russe, mais aussi aux plus anciens révolutionnaires victimes des purges qui ont jalonnées cette période de l´histoire russe.

  • Si l'horreur des tranchées a été abondamment décrite et analysée, nul historien, avant Béatrix Pau, ne s'était intéressé au sort subi par les dépouilles des poilus après leur mort au front.
    Le carnage une fois terminé, que faire des centaines de milliers de cadavres enterrés à la va-vite autour des champs de bataille ? D'immenses cimetières militaires sont progressivement mis en place, mais les familles sont souvent rebutées par ces nécropoles anonymes et préfèrent ramener le corps du héros auprès des siens. À condition de pouvoir le retrouver. Alors comment identifier, exhumer et transporter chacune des dépouilles ? Qui se chargera de l'immense tâche de la « démobilisation des morts » ?
    Le cynisme des « mercantis de la mort » a été brillamment dépeint par Pierre Lemaitre dans Au revoir là-haut, roman couronné du prix Goncourt 2013 ; Béatrix Pau en explique ici le contexte historique. Ballotés de cimetière de fortune en dépôt ferroviaire, les poilus tombés au champ d'honneur ont trop souvent attendu des années avant de trouver le repos ; cet ouvrage bouleversant était nécessaire pour éviter qu'ils ne soient livrés à l'oubli.


  • Les relations entre le "capitaine" Staline et son équipe expliquées pour la première fois : une approche résolument novatrice du gouvernement de l'union soviétique.

    " Une nouvelle approche pertinente pour comprendre la dynamique de groupe qui a soutenu le pouvoir de Staline. " - The Times Literary Supplement

    L'omniprésence de Staline au sein de l'Union soviétique a longtemps été l'alpha et l'oméga des réflexions sur le fonctionnement politique de l'Etat rouge. C'était passer à côté d'un phénomène resté jusqu'ici très largement inaperçu : l'importance et les responsabilités d'un groupe d'hommes fidèles et remarquablement efficaces depuis la fin des années 1920 jusqu'à la mort du dictateur en 1953. En s'appuyant sur une vaste documentation issue des archives russes récemment déclassifiées, Sheila Fitzpatrick offre la première recherche sur cette dizaine de camarades dévoués, qui travaillaient étroitement avec leur chef, étaient écoutés de lui et constituaient son cercle familial et social. Cette équipe, dont Staline était le capitaine, comprenait notamment son dauphin, Molotov, resté à ses côtés, alors même que sa femme était arrêtée et exilée ; Beria, rusé chef du sinistre NKVD ; Ordjonikidzé, qui dirigeait le complexe industriel soviétique avec un flair entrepreneurial remarquable ; Andreev, qui orchestrait les grandes purges provinciales tout en écoutant Beethoven sur un Gramophone portable ; ou encore Khrouchtchev, qui démantèlera finalement l'équipe quatre ans après la mort du Vodj.
    Ainsi se dessine une tout autre image de Staline, replacé dans son milieu, mais également des dignitaires de l'Union soviétique, acteurs engagés de la révolution prolétarienne. Notre compréhension de la façon dont l'Union soviétique a été gouvernée pendant la plus grande partie de son existence s'en trouve radicalement transformée.

  • Ce livre retrace le cheminement de Georg Elser, simple menuisier, qui planifia l'attentat le plus stupéfiant destiné à éliminer Hitler et la direction du parti nazi lors de la commémoration de l'anniversaire du putsch de la brasserie à Munich. Au-delà des préparatifs passionnants de cet attentat et des interrogatoires qui suivirent l'explosion, ce livre s'attache à décrire l'état d'esprit au quotidien d'un ouvrier sous la dictature nazie, à présenter la politique sociale et économique des nazis, les relations entre le régime et le monde du travail et revient sur les aspects majeurs du nazisme et sur la résistance allemande.

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