• Et nous sommes revenus seuls Nouv.

    Revenue seule des camps de la mort avec ses deux petits frères, c'est avec ses yeux d'enfant que Lili revit chaque jour les longs mois de survie au coeur de la barbarie nazie.
    Quand nous sommes revenus, nous ne pouvions parler à personne de cet enfer, de ces souffrances quotidiennes, de cette vie de bêtes battues que nous avions menée pendant près de deux ans dans une inhumanité indigne et impardonnable. Nous étions traumatisés et nous nous taisions. Et si, par hasard, nous nous risquions à évoquer ce passé si cruel, on ne nous croyait pas, on doutait de nos dires, on pensait que nous rajoutions des souffrances. De n'être pas crus nous vexait terriblement et, pendant longtemps, nous nous sommes tus. Puis j'ai beaucoup réfléchi : afin que la vie ait un sens après ce passé ignominieux, il me fallait témoigner pour révéler à tous, au monde, cette tragédie à nulle autre pareille. " Plus jamais ça ", ont dit tous les déportés au retour des camps, et pourtant...
    Lili Keller-Rosenberg, 89 ans, vit à Lille. Elle consacre sa vie à témoigner auprès de collégiens et de lycéens dans toute la France. Un collège porte son nom à Halluin (Nord).

  • Pour Napoléon

    Thierry Lentz

    • Perrin
    • 11 Mars 2021

    Y en a marre ! Marre de ces équipes de la hargne, de la rogne et de la grogne contre Napoléon ! Le coup de gueule d'un historien en colère.
    Exaspéré par les polémiques qui surgissent à tout bout de champ sur Napoléon, relatives particulièrement à l'esclavage, au patriarcat, à sa dictature ou aux guerres que l'empereur a menées, Thierry Lentz y répond dans cet essai argumenté, au ton vif et personnel. Vingt chapitres très enlevés pulvérisent les faux procès, fondés pour la plupart sur l'ignorance et l'anachronisme, parfois sur l'aveuglement idéologique et la bien-pensance, voire la haine de la France et de son histoire, devant laquelle les politiques se courbent trop souvent. Surtout, l'historien impeccable, sans défendre systématiquement Napoléon, rappelle le rôle décisif et pérenne tenu par le Consulat et l'Empire dans la construction de la France contemporaine, jusque dans notre présent et notre intimité. Oui, Napoléon vit en nous, et les Français, dans leur ensemble, ne s'y trompent pas, qui reconnaissent en lui un héros national, avant et à côté de Charles de Gaulle.

  • Avec
    Le Duel, Frédéric Mitterrand nous fait vivre le terrible affrontement qui opposa deux géants de l'histoire : Napoléon III et Victor Hugo.
    Un récit écrit à hauteur d'homme, vivant, tendu, marqué par la passion et la violence, sur les convulsions de la haine en politique et le rapport de fascination entre hommes de pouvoir et écrivains.
    Le 2 décembre 1851, le président de la République Louis Napoléon Bonaparte viole la Constitution et s'empare de tous les pouvoirs avant de se faire proclamer empereur. Un homme suit pas à pas, depuis des mois, celui qu'on appelle désormais Napoléon III. Il le connaît fort bien et l'a souvent rencontré. Il dénonce son forfait et s'oppose à lui farouchement. C'est Victor Hugo, député de l'Assemblée dissoute et écrivain célèbre.
    Dans ce combat, l'empereur se révèle bien plus stratège et subtil que la caricature qu'on en a faite. Quant au second, il apparaît tel qu'il est vraiment : génial, égocentrique, autoritaire avec ses proches.
    Ce duel passionné entre le voleur et son ombre durera vingt ans. Jusqu'à la chute honteuse de l'aventurier politique et l'apothéose du prophète du retour de la République...
    " Victor Hugo, le héros du romantisme, contre Napoléon III, le héros romanesque. Leur duel domine l'histoire du XIXe siècle, mais il se prolonge jusqu'à aujourd'hui, car c'est celui de la pensée et du pouvoir. " Frédéric Mitterrand

  • De 1954 à 1962, plus d'un million et demi de jeunes Français sont partis faire leur service militaire en Algérie. Mais ils ont été plongés dans une guerre qui ne disait pas son nom. Depuis lors, les anciens d'Algérie sont réputés n'avoir pas parlé de leur expérience au sein de leur famille. Le silence continuerait à hanter ces hommes et leurs proches. En historienne, Raphaëlle Branche a voulu mettre cette vision à l'épreuve des décennies écoulées depuis le conflit.
    Fondé sur une vaste collecte de témoignages et sur des sources inédites, ce livre remonte d'abord à la guerre elle-même : ces jeunes ont-ils pu dire à leur famille ce qu'ils vivaient en Algérie ? Ce qui s'est noué alors, montre Raphaëlle Branche, conditionne largement ce qui sera transmis plus tard. Son enquête suit ensuite les métamorphoses des silences et des récits jusqu'à nos jours. Elle pointe l'importance des bouleversements qu'a connus la société française et leurs effets sur ce qui pouvait être dit, entendu et demandé dans les familles à propos de la guerre d'Algérie. Elle éclaire en particulier pourquoi, six décennies après la fin du conflit, beaucoup d'enfants ont toujours la conviction qu'existe chez leur père une zone sensible à ne pas toucher.
    Grâce à cette enquête, c'est plus largement la place de la guerre d'Algérie dans la société française qui se trouve éclairée : si des silences sont avérés, leurs causes sont moins personnelles que familiales, sociales et, ultimement, liées aux contextes historiques des dernières décennies. Avec le temps, elles se sont modifiées et de nouveaux récits sont devenus possibles.

  • La vie - et la mort - des dix-sept maréchaux de Staline, pour la première fois réunis en un volume qui fera date.
    Les Français connaissent les vingt-six maréchaux de Napoléon. Mais que savent-ils des dix-sept que Staliné a élevés ? On leur doit pourtant la création de l'Armée rouge et sa formidable victoire contre l'Allemagne nazie et le Japon impérial. Certains figurent parmi les plus grands capitaines du siècle passé : Toukhatchevski, Chapochnikov, Joukov, Vassilevski, Koniev, Rokossovski, Malinovski, Tolboukhine. A leurs noms s'attache aussi la conquête de l'Europe orientale et centrale, et son intégration au monde soviétique. L'on sait moins que nombre d'entre eux ont joué un rôle politique important dans les dix ans qui ont suivi la mort de Staline, et ce jusqu'à la fin des années soixante. Cet ouvrage unique en son genre, qui s'appuie sur des sources exclusivement russes, explique la logique à l'oeuvre dans les choix militaires et humains de Staline. Il donne à suivre des parcours individuels stupéfiants, parfois tragiques, quelque fois rocambolesques, toujours inattendus. Le récit de ces dix-sept vies parallèles compose ainsi une fresque immense qui va de la Première Guerre mondiale à la crise des fusées à Cuba, de l'océan Pacifique à Berlin, des défilés glorieux sur la Place rouge aux geôles de la Loubianka. Jaloux les uns des autres, apeurés devant leur maître, cachant parfois de terribles secrets, les dix-sept sortent enfin de l'injuste anonymat qui, pour la plupart, a été de règle jusqu'à aujourd'hui.

  • Le siècle des dictateurs

    Olivier Guez

    • Perrin
    • 22 Août 2019

    Les maudits de l'histoire" Il est remarquable que la dictature soit à présent contagieuse, comme le fut jadis la liberté. "
    Paul Valéry,
    Regards sur le monde actuel Si la dictature est aussi ancienne que l'histoire, le phénomène prend un tournant majeur au sortir de la Première Guerre mondiale avec l'avènement des totalitarismes soviétique et fasciste, avant que la crise de 1929 ne favorise le triomphe du nazisme.
    Quatre générations durant, sur tous les continents, des régimes hantés par l'idéologie vont faire régner un ordre de fer, présidant aux guerres et exterminations d'un siècle barbare qui a retourné le progrès contre l'humanité.
    Cette forme absolue de l'absolutisme est orchestrée par des chefs impitoyables et cruels, tous jouant par essence un rôle prépondérant au sein d'un régime qu'ils marquent au fer rouge de leur empreinte. Leurs profils et leurs caractères sont différents, souvent opposés, mais ils communient dans une même soif de pouvoir fondée sur la banalisation de la terreur, une même défiance envers leurs semblables et le mépris le plus profond de la vie humaine et, plus largement, de toute forme de liberté.
    Pour la première fois est ici brossé le portrait des plus édifiants d'entre eux, qu'ils soient célèbres, méconnus ou oubliés ; vingt-deux portraits d'envergure où l'exhaustivité de l'enquête se conjugue avec l'art narratif des meilleurs journalistes et historiens actuels réunis à dessein par Olivier Guez qui signe une préface magistrale.

  • Depuis les analyses célèbres de Karl Marx, l'histoire de la Commune de Paris a été placée au centre de notre compréhension de l'événement révolutionnaire. Et l'espérance de "faire commune" fait aujourd'hui retour dans notre imaginaire politique.

    Cet ouvrage se propose de mener l'archéologie de cette puissance d'actualisation, mais en revenant d'abord sur la force de l'événement lui-même. Le récit prend appui sur une enquête archivistique minutieuse qui permet de reconstituer, par le bas, les stratégies des acteurs, leurs luttes comme l'ouverture des possibles qui marque ces journées. L'événement dépasse dès ses débuts le cadre parisien. De la rue Julien-Lacroix aux concessions de Shanghai en passant par l'insurrection kabyle, la Croix-Rousse à Lyon ou la république des cultivateurs aux Caraïbes, le livre propose une histoire à différentes échelles, du local au global, en décrivant des interconnections multiples.

    De là un essai vif et original sur l'histoire transnationale des échos entre l'espérance révolutionnaire française et les trajectoires insurrectionnelles mondiales, doublé d'une réflexion renouvelée sur les rapports entre ordre social et révolution.

  • Sur le confiné le plus célèbre du monde, une vue à couper le souffle.
    L'épopée napoléonienne ne s'est pas terminée à Paris avec l'abdication du 22 juin 1815. Dans un tout autre cadre, un rocher au milieu de l'Atlantique-Sud, et dans un registre intime, celui du confinement de quelques Français dans une demeure humide, elle s'est poursuivie pendant six années, dont Las Cases, dans le Mémorial de Sainte-Hélène, n'a donné qu'un aperçu biaisé sur les premiers mois. Ce ne fut pas une extinction lente et passive. Jusqu'à sa mort le 5 mai 1821, Napoléon mena un combat rude et solitaire contre la fatalité. Jamais, placé dans des circonstances exceptionnelles, il ne renonça à l'espérance et à la gloire, qui l'avaient animé toute sa vie. En dépit de la paranoia de ses geôliers et des petitesses de son entourage, il ne renonça à rien, et suscita aussi des complicités inattendues, au point que sa captivité aurait pu tourner autrement. L'empereur n'aimait pas les histoires écrites d'avance. Sans doute est-ce pour cela aussi qu'il continue de fasciner.
    A partir de sources ignorées ou inédites, Pierre Branda traite des différents aspects matériels, politiques et moraux, de l'existence de l'illustre exilé et de ce qui s'y rattache. Tous les acteurs du drame, des compagnons les plus proches aux témoins les plus humbles, des gouvernants aux anonymes, prennent consistance et mouvement, à Sainte-Hélène mais aussi à Londres, à Paris, et partout où le sort de Napoléon obsède, inquiète ou apitoie. Toutes les situations, tous les incidents, sont passés au peigne fin et rendus à leur signification véritable. Il en ressort des éclairages insolites, des portraits toujours justes et parfois sévères, des remises en perspective et, au fil de jours parfois interminables, un récit saisissant, comme si le lecteur n'en connaissait pas la fin.

  • Publié en 1970 aux Éditions Maspero, cet ouvrage s'est imposé comme un classique dans l'historiographie de la Commune. Il décrit la condamnation quasi unanime de ce soulèvement populaire par les écrivains et hommes de lettres français contemporains de l'événement et s'efforce d'en comprendre les raisons : à l'exception de quelques-uns - parmi lesquels Vallès, Rimbaud et Verlaine -, tous prennent position ouvertement contre la Commune et certains avec une virulence qui surprend encore aujourd'hui. Théophile Gautier, Maxime Du Camp, Edmond de Goncourt, Leconte de Lisle, Ernest Feydeau se retrouvent aux côtés de Gustave Flaubert, George Sand et Émile Zola pour dénoncer dans la Commune un " gouvernement du crime et de la démence " (Anatole France), responsable d'avoir plongé Paris dans un état pathologique, exploité par un groupe d'ambitieux, de fous et d'exaltés.
    À ce chapitre sombre de l'histoire littéraire s'ajoute, dans cette nouvelle édition, son pendant tout aussi méconnu dans l'histoire de l'art : le soutien ou l'engagement de nombreux artistes en faveur de la Commune. Paul Lidsky s'attache ici à sortir certains d'entre eux de l'oubli, en même temps qu'il tente d'expliquer la profonde divergence des réactions entre écrivains et artistes.

  • Histoire des cent jours

    Charles-Eloi Vial

    • Perrin
    • 25 Février 2021

    La première histoire totale de cette période exceptionnelle, accoucheuse de la France moderne.
    L'histoire des Cent-Jours ne cesse de fasciner à juste titre. Entre mars et juillet 1815, année sans pareille, la France passe de Louis XVIII à... Louis XVIII en passant par le spectaculaire retour de Napoléon et un gouvernement provisoire dirigé par Joseph Fouché, ancien et futur ministre de la police. La guerre entre l'abeille et le lys se double d'une nouvelle guerre européenne de trois jours qui se solde par la terrible débâcle de Waterloo, chant du cygne de la domination française sur l'Europe. Incroyable période, incroyables acteurs. Outre Napoléon et Louis XVIII, le lecteur voit notamment passer Talleyrand, Fouché, mais aussi Chateaubriand, Benjamin Constant, les maréchaux Ney et Grouchy, Wellington, Blücher et tant d'autres illustres ou oubliés.
    L'exceptionnalité du moment a attiré les plus grands écrivains (Aragon, Stendhal), politiques (Dominique de Villepin) et historiens (Houssaye, Waresquiel), chacun porté par sa sympathie ou sa répulsion pour la geste impériale et sa fin tragique.
    L'originalité du propos de Charles-Eloi Vial consiste à proposer une première histoire totale, à la fois globale et objective. Outre son sens consommé de la synthèse, il y parvient notamment par le dépouillement de sources nouvelles en particulier les rapports des préfets et les dépêches diplomatiques. Elles éclairent sous un jour neuf l'état de l'opinion et le jeu des puissances. Sa plume, sobre et inspirée, visite l'ensemble des lieux de l'épopée: Paris, Vienne, l'île d'Elbe, l'actuelle route Napoléon, Gand (refuge de la cour royale en exil) et naturellement la Belgique sans oublier un large tour dans les provinces systématiquement oubliées. L'ouvrage revient largement sur le dénouement spectaculaire qui voit Napoléon partir vers Sainte-Hélène tandis que le gouvernement de Louis XVIII peine à contenir la Terreur Blanche qui fait rage et condamne à terme la Restauration.
    Un grand livre d'histoire qui fera date.

  • Cet ouvrage retrace les phases essentielles de l'affaire Eichman, depuis la capture du criminel de guerre en Argentine jusqu'à son exécution en Israël, en 1962. Annette Wieviorka, historienne et auteure de nombreux essais consacrés à la mémoire de la déportation, analyse les conséquences retentissantes de ce procès sans précédent.
    Le 11 avril 1961, à Jérusalem, s'ouvre le procès d'un ancien dignitaire nazi : Adolf Eichmann, responsable logistique de la " Solution finale ", retrouvé l'année précédente en Argentine et enlevé par les services secrets israéliens. Au-delà d'un " Nuremberg du peuple juif ", il s'agit pour Israel de donner au monde une lecon d'histoire.
    Était-il légitime d'enlever Eichmann ? Devait-il être jugé par un tribunal israélien ? Ses droits fondamentaux furent-ils bafoués ? Quelles furent ses responsabilités réelles dans le génocide des Juifs ? Et sa vraie personnalité : haut fonctionnaire loyal, antisémite fanatique, exécutant discipliné, ou simple rouage de la " banalité du mal ", comme l'a suggéré Hannah Arendt ?
    De l'arrestation d'Eichmann, en mai 1960, jusqu'à son exécution dans la prison de Ramla, le 31 mars 1962, Annette Wieviorka retrace les phases essentielles d'un événement qui fit entrer la Shoah dans l'Histoire. Elle examine aussi les polémiques qui s'ensuivirent quant à l'appréciation des degrés de responsabilité dans la nébuleuse administrative nazie.

  • Plongeant dans les archives des organisations internationales - l'ONU et ses agences, en particulier mais aussi des organisations non gouvernementales et de grandes fondations privées -, Sandrine Kott nous dévoile une autre histoire de la guerre froide. Ces organisations, où se rencontrent et s'opposent des acteurs issus de mondes en conflit, se révèlent être des lieux d'élaboration en commun de savoirs et de projets. Elles rendent possible et encouragent des internationalismes structurés autour de causes qui tout à la fois rassemblent et divisent : droits de l'homme et de la femme, paix, écologie... Elles promeuvent l'idée qu'il est possible d'organiser le monde en régulant ses déséquilibres et ses contradictions. Enfin et surtout elles donnent la parole à une multitude d'acteurs négligés dans les grands récits, en particulier ceux du « tiers monde » dont les revendications de justice ont puissamment marqué l'agenda international de la période. À la guerre froide a succédé l'ère du globalisme marquée par la généralisation des logiques de concurrence. Leur triomphe met en danger les espace de débats internationaux comme les projets de régulation et d'organisation du monde dont les sociétés humaines et leurs environnements naturels auraient, pourtant, plus que jamais besoin.

    Sandrine Kott est professeure d'histoire contemporaine de l'Europe à l'université de Genève et professeure invitée à l'université de New York (NYU). Elle a publié notamment, Le Communisme au quotidien. Les entreprises d'État dans la société est-allemande, (Belin, 2001) et, avec Michel Christian et Ondrej Matejka, Planning in Cold War Europe. Competition, Cooperation, Circulations (1950s-1970s) (De Gruyter, 2018).

  • La mort de Napoléon Nouv.

    Les réponses définitives sur la mort de Napoléon.Sainte-Hélène, 5 mai 1821. Napoléon Ier vient de succomber à une maladie de l'estomac. Inhumée sur l'île, sa dépouille va y reposer durant près de vingt ans avant d'être transférée aux Invalides en 1840. Tous les livres d'histoire relatent ces faits.
    Or, ces dernières d'années ont vu émerger les thèses " empoisonnistes " et " substitutionnistes ". Insensées et sans fondement historique, répondent les auteurs. Mais il n'est jamais aisé d'aller à contre-courant d'affirmations aussi sensationnelles. Pourtant, grâce à Thierry Lentz et Jacques Macé, ces questions trop longtemps débattues trouvent ici une réponse définitive.

  • Les maréchaux d'empire ; les paladins de Napoléon Nouv.

    Les apôtres de l'épopée napoléonienne
    L'ouvrage retrace le parcours des maréchaux du Premier Empire. Il ne s'agit pas dans cet ouvrage de présenter successivement les 26 maréchaux, ou de privilégier les plus connus, mais de dresser un portrait collectif, vivant et complet de ces " paladins " de Napoléon. Les maréchaux illustrent la conduite de la guerre à cette époque mais aussi la transformation des élites après la Révolution. Issus d'écoles d'officiers d'Ancien Régime pour partie, parvenus à une ascension sociale jusqu'à la fonction la plus prestigieuse du monde militaire pour d'autres, les compagnons d'armes de Napoléon lui servent de modèle pour incarner le modèle méritocratique qu'il affirme vouloir mettre en place. Le parti pris de l'ouvrage est de construire une analyse en trois temps. La première partie est un véritable récit ; leurs parcours de vie sont retracés de façon croisée en les regroupant en cinq catégories (vieux héros, guerriers flamboyants, profiteurs ambitieux, hommes de sang-froid, maréchaux relégués, oubliés et maudits). Une seconde partie les resitue dans les moments-clés de l'histoire militaire de la période, en entrant dans le détail de leur action sur les champs de bataille d'Austerlitz, Wagram, Waterloo ou sur d'autres théâtres (opérations secondaires et gestion du " Grand Empire "). Enfin la troisième partie les replace dans leurs différentes fonctions : combattante dans une approche anthropologique, administrative, de courtisan mais aussi en éclairant les autres aspects de la vie de ces représentants des élites (mariage et construction de lignages, constitution de domaines fonciers...). Par cette approche chronologico-thématique, histoire militaire autant qu'histoire sociopolitique, l'ouvrage éclaire toutes les facettes des nouvelles élites militaires - des paladins - de Napoléon Ier.

  • Koursk 1943 Nouv.

    Koursk 1943

    Roman Toppel

    La bataille décisive de la seconde guerre mondiale.
    Impliquant plusieurs millions de soldats allemands et soviétiques, plus de dix mille tanks et canons automoteurs, ainsi que des milliers d'avions, la bataille de Koursk fut l'une des plus grandes joutes de la Seconde Guerre mondiale. Rarement autant d'hommes, autant de matériels ont été engagés, et détruits, en si peu de jours et dans un tel espace. Koursk offre ainsi un échantillon concentré de la virulence du conflit germano-soviétique.
    Roman Tppel a repris l'ensemble de la documentation et bousculé les problématiques classiques en partant notamment de l'idée que les Mémoires des participants étaient faux, jusqu'à preuve du contraire afin d'offrir un récit démystifié des combats homériques de l'été 1943. Il explique notamment que Koursk fut un duel tout aussi bien aérien que terrestre ou qu'Hitler n'arrêta pas l'opération pour la raison longtemps avancée... Pour la première fois, le lecteur a ainsi l'occasion de voir s'assembler la gigantesque bataille de la plaine de Prokhorovka en un puzzle logique, multidimensionnel et maîtrisable.
    Un classique, traduit de l'allemand par Jean Lopez

  • De Londres à Varsovie, de Lisbonne à Moscou et à Rome, l'épopée napoléonienne et l'embrasement du Vieux continent racontés par les huit meilleurs spécialistes réunis autour du maître Jean Tulard. Une somme, une saga, un régal.
    Napoléon a rêvé d'unifier l'Europe. Il l'aura réveillée, éclairée, enflammée et elle l'aura vénéré. Il l'aura dominée et elle l'aura combattu, rejeté, diabolisé. Voici le grand livre d'histoire qui manquait afin de dresser la chronique et le bilan de cette épopée sans précédent. Pour y parvenir, Jean Tulard s'est entouré des meilleurs spécialistes de chaque pays concerné.
    Comment, entre 1800 et 1815, de Londres à Varsovie, de Lisbonne à Amsterdam, de Rome à Genève, de Vienne à Moscou, le Vieux Continent a-t-il peu à peu cédé la place à un monde renouvelé ? Et donné, à ses peuples, une conscience inédite de leur commune destinée ? Par-delà le récit détaillé des conquêtes et défaites de la Grande Armée telles qu'elles ont été vécues par les contemporains, c'est le tableau complet de cette mutation inouïe, politique, économique, culturelle, que restitue ce livre à la fois savant et passionnant.
    Une somme indispensable sur notre passé pour mieux comprendre notre présent.

  • Imbéciles, c'est pour vous que je meurs ; Valentin Feldman (1909-1942) Nouv.

    Le 27 juillet 1942, ce cri est lancé par le philosophe et résistant Valentin Feldman aux soldats allemands qui s'apprêtent à le fusiller. Si le mot est devenu célèbre, on en a oublié son inventeur.

    Né à Saint-Pétersbourg, réfugié en France après la révolution russe, Feldman est un élève brillant, qui décroche la première place de l'épreuve de philosophie au Concours général en 1927. Neuf ans plus tard, il publie le seul essai paru de son vivant, L'Esthétique française contemporaine. Ses proches se nomment alors Claude Lévi-Strauss, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir ou Georges Politzer.

    Confronté aux enjeux intellectuels et politiques de son temps (antifascisme, soutiens au Front populaire et à l'Espagne républicaine, etc.), le jeune homme s'engage volontairement en 1939 sous l'uniforme français. Stationnant à Rethel, il entame son Journal de guerre, un document irremplaçable sur l'effondrement de mai-juin 1940.

    Français d'adoption, juif et communiste, Valentin Feldman est de ceux qui s'engagent immédiatement contre l'occupant nazi. Nommé professeur à Dieppe, il lance un journal clandestin, L'Avenir normand. Rattrapé par le statut des juifs de Vichy, il est exclu de l'enseignement à l'été 1941 et bascule dans la clandestinité. Arrêté en février 1942 après un sabotage, il est mis à l'isolement, torturé puis condamné à mort par un tribunal militaire allemand.

    Avec Valentin Feldman disparaît l'un des intellectuels les plus prometteurs de sa génération, dont les prémices de l'œuvre future, avortée, seront repris par d'autres : " Il n'y a d'héroïsme que dans l'acte qui engage la vie, qui la place d'emblée, et simplement, spontanément même, à la limite de l'être et du néant. [...] Tout le reste est littérature ", écrivait-il dans son Journal en août 1941.

  • Dans la lignée des Mythes de la Seconde Guerre mondiale, 20 erreurs stratégiques de cette guerre expliquées par une équipe d'historiens et la rédaction de Guerres & Histoire, dirigées par Jean Lopez et Olivier Wieviorka. La Seconde Guerre mondiale a duré près de six années, aussi longues que terribles. Cette durée s'explique, bien entendu, par les formidables moyens que les belligérants déployèrent sur terre, sur mer et dans les cieux : au vu des forces mobilisées, il était vain d'espérer abattre l'ennemi par une campagne unique ou une bataille décisive. Mais les erreurs commises expliquent aussi que ce conflit se soit éternisé. Si Hitler ne s'était pas obstiné à gagner la bataille d'Angleterre ou à prendre Stalingrad, si la France, en mai 1940, n'avait pas imprudemment lancé ses forces en Belgique et en Hollande, si les Anglo-Américains n'avaient pas débarqué en Afrique du Nord..., la face de la guerre en eût été changée et sa durée vraisemblablement raccourcie.
    En traquant les erreurs commises par les deux camps, ce livre, toutefois, ne cherche pas à céder aux vertiges de l'uchronie, en imaginant " ce qui se serait passé si ". Son ambition est tout autre : il vise en effet à explorer la rationalité des acteurs. Car les décisions prises par les dirigeants politiques ou les chefs militaires reposaient sur un ensemble de paramètres qu'il importe de décrire, afin de comprendre pourquoi ils menèrent à l'échec. Les stratèges se fondaient sur des informations parfois imparfaites, sur des moyens souvent limités, sur des hypothèses par moment fallacieuses. Autant de facteurs qui conduisirent, plus d'une fois, au désastre. Mais les historiens n'accorderont pas toujours le primat à la raison. De fait, malgré les enjeux colossaux d'une guerre où des millions de vies étaient en jeu, l'orgueil, l'obstination, le carriérisme et l'opportunisme pesèrent aussi lourdement dans la prise de (mauvaises) décisions.
    Autant de cas de figures qu'illustreront, de Stalingrad à Market Garden, de la stratégie navale des Japonais à l'insurrection de Varsovie, vingt contributions proposées par les meilleurs spécialistes de la Seconde Guerre mondiale.
    Les erreurs : L'appeasment ; La Japon attaque la Chine ; Hitler choisit l'Italie ; La manoeuvre Dyle Breda ; Le haltbefehl devant Dunkerque ; L'armistice de 1940 ; L'intervention italienne en Grèce ; Barbarossa ; Ne pas capturer Malte ; Dieppe 1942 ; L'abandon de Singapour ; Le débarquement en Afrique du Nord ; Midway ; La politique arabe du Reich ; Monte Cassino ; Stalingrad , Le bombardement stratégique ; L'unconditional surrender ; L'insurrection de Varsovie ; Market Garden

  • Qui, en dehors d'Haïti, a déjà entendu parler de la bataille de Vertières, point d'aboutissement spectaculaire et sanglant de la guerre d'indépendance haïtienne? Qui sait que cet affrontement s'est soldé, en 1803, par l'une des pires défaites napoléoniennes? Que les Noirs s'y réclamaient des idéaux de la Révolution? Ceux qui connaissent cette histoire sont peu nombreux, car la France vaincue s'est employée à effacer les traces de sa déconfiture. Pourtant, cette bataille aurait dû faire date : son issue, désastreuse pour la puissance coloniale française, allait fissurer de manière irrémédiable les assises de l'esclavage.

  • Le récit et l'analyse magistrale de la première guerre moderne, par le plus grand historien de la guerre de notre temps.La guerre de Sécession (1861-1865), la plus coûteuse en vies humaines et en pertes matérielles de toute l'histoire des États-Unis, marqua le passage de l'ère napoléonienne du combat à la " guerre totale ". Pour raconter ce conflit sans précédent, il fallait un historien d'envergure internationale. Dans la lignée de ses synthèses renommées sur les deux guerres mondiales, John Keegan retrace les grandes batailles (Bull Run, Gettysburg) et le duel des généraux (Lee contre Grant) tout en donnant une large part aux enjeux stratégiques, à l'analyse psychologique et à certains aspects trop souvent négligés comme l'approvisionnement, la géographie militaire ou le rôle des Noirs dans le conflit. Ce grand livre, déjà considéré comme un classique, permet ainsi de comprendre comment la déchirure de deux peuples fonda une nation.

  • Le meilleur témoignage sur la fin de Napoléon
    Présent à Sainte-Hélène du début à la fin de la captivité, Henry-Gatien Bertrand a laissé un témoignage majeur notant au jour le jour les propos de son maître, les tensions avec Hudson Lowe et la vie tumultueuse de la petite communauté française.
    La présente édition publie les deux dernières années des Cahiers dont, pour la première fois, l'année 1820 demeurée entièrement inédite et sur laquelle il n'existe aucun autre témoignage d'envergure alors qu'elle est charnière. Scribe du triste quotidien, le Grand-Maréchal raconte la transformation graduelle, jour par jour, heure par heure de Napoléon se métamorphosant en malade, puis en mourant. Tel un greffier, il consigne dans son Journal la lente agonie de son Empereur et maître qu'il sert avec une loyauté qui force l'admiration tant le dernier Napoléon est difficile. Le 5 mai 1821 à 17h49, il est le premier à embrasser la main morte de celui qui avait gouverné sa vie pendant 20 ans. Liés dans l'exil, les deux hommes le sont dans la mort et pour l'éternité puisque Bertrand a rejoint Napoléon aux Invalides en 1847.
    Un document capital dans l'édition de référence qui faisait défaut.

  • Plongez au coeur du plus fascinant des services secrets : le KGB.

    Trente ans ont passé depuis que l'URSS s'est effondrée, en décembre 1991. Depuis cette date, à Moscou, les archives se sont ouvertes, les témoignages personnels se sont multipliés, les révélations ont succédé aux révélations. Notamment à propos du plus secret des piliers du système soviétique : le KGB.
    Depuis la fondation de la police politique bolchevique, en décembre 1917, jusqu'à sa tentative ratée de sauver le régime, en août 1991, il était devenu indispensable de reprendre, corriger, compléter et conclure le récit foisonnant de ses campagnes, de ses exploits, de ses métamorphoses, de ses crimes et de ses échecs. Quelle riche histoire que la sienne : la Tcheka, la guerre civile, la GPU (dernier avatar avant la fondation du KGB proprement dit), les procès staliniens, le Goulag, la guerre froide, la dissidence ! Combien de personnages hors du commun l'ont incarnée au fil des années : Lénine, Dzerjinski, Iagoda, Iejov, Beria, Staline, Serov, Andropov ! Et combien de silhouettes ambiguës et romanesques ont traversé ce formidable théâtre d'ombres : Münzenberg, Mercader, Philby, Trepper, Kravchenko, Fuchs, Rosenberg, sans parler d'un certain... Vladimir Poutine !
    D'une plume enlevée et nourrie aux meilleures sources, Bernard Lecomte nous révèle la véritable histoire des services secrets soviétiques.

  • Que savait Pie XII des atrocités commises pendant la guerre et quand en a-t-il été informé ?
    Le Saint-Siège a-t-il fait tout ce qui était en son pouvoir pour secourir les victimes de la barbarie nazie ?
    Les archives inédites de la Secrétairerie d'État du Saint-Siège révèlent pour la première fois leurs secrets sur le rôle de Pie XII et du Vatican pendant la Seconde Guerre mondiale : correspondance avec le président Roosevelt dans le but d'empêcher l'escalade de la guerre ; soutien du pape au réseau de l'Escape Line romaine (filière d'évasion) pour venir en aide aux plus persécutés ; tentatives diplomatiques du Saint-Siège d'infléchir la politique du IIIe Reich ; rejet des lois anti-raciales de Pétain ; organisation en urgence de baptêmes pour sauver des milliers de Juifs de la déportation, ou encore dénonciation de prêtres nazis au pouvoir en Slovaquie.
    Ces documents uniques mettent en lumière l'influence souterraine du Vatican et le rôle crucial joué par le pape dans l'Europe occupée par les nazis. C'est la diplomatie " douce " dans ce qu'elle a de plus fort.

  • Il arrive que l'histoire puisse s'écrire et se lire comme un roman. C'est tout le pari réussi de Frédéric Mounier, dépeignant à l'instar d'une grande fresque populaire ces jours de 1870 où, Paris encerclée, la France sembla condamnée à disparaître. Un immense récit.
    1870. Paris confiné. Paris émeutier. Paris encerclé.Paris incendié. Le nouveau pouvoir débordé.L'armée jetée contre la foule. L'insurrection matée.Et toute la France qui vacille...Où va la démocratie ? Les drames d'aujourd'hui font écho aux tragédies d'hier. Le siège de la capitale par les Prussiens, du 18 septembre 1870 au 28 janvier 1871, aura servi de décor à l'un de ces grands déchirements auxquels se livrent les Français. Le combat aura opposé les accoucheurs de la IIIe République aux précurseurs de la Commune. Il aura préfiguré, déjà, l'affrontement contemporain entre les libéraux réformistes et les révolutionnaires radicaux.
    C'est cette guerre civile dans la guerre globale dont Frédéric Mounier dresse ici le flamboyant et émouvant récit. À la manière journalistique d'un reporter, cinématographique d'un vidéaste, il nous transporte de scène en scène, de personnage en personnage et nous donne à voir, en direct, les espoirs et les colères, les rêves et les saccages, les enthousiasmes et les malheurs de ce tourbillon sur fond de palais et de barricades, de discours et de harangues, de larmes et de sang. Tout en ressuscitant, femmes ou hommes, célèbres ou anonymes, les politiques, les intellectuels, les artistes, les bourgeois, les ouvriers qui furent les acteurs de cette page essentielle de notre histoire.
    Un roman vrai qui se lit d'une traite. Une épopée populaire qui permet à chacune et à chacun de revivre hier comme s'il y était. Une plongée passionnante dans le passé qui éclaire l'actualité.

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