• Une plongée inquiétante dans les psychés troublées de femmes presque ordinaires.

    Qu'elles soient veuves, célibataires ou adolescentes, les femmes qui habitent ce recueil se retrouvent inévitablement confrontées aux menaces du monde extérieur, provoquant en elles un sursaut de révolte...

    Il en va ainsi de Jill, qui comprend trop tard les intentions malsaines de son beau et mystérieux cousin ; de Stephanie, jeune fille mal dans sa peau, jalouse de sa sœur aînée et attirée par le même garçon, qui finit par prendre le mors aux dents. Ou encore de Mariana, qui fait une découverte des plus perturbante dans la maison qu'elle partageait avec son défunt mari. Claudia, quant à elle, est obsédée par les oiseaux du lac tout proche, et nourrit le fantasme de se transformer en héron vengeur pour régler son compte à un beau-frère trop entreprenant. Explorant avec brio la frontière ténue entre fantasmagorie et réalité, les sept nouvelles rassemblées ici nous font pénétrer dans le quotidien de personnages vulnérables, en prise avec la violence qui les entoure. Qu'elle prenne la forme d'un père abusif ou d'une compagnie aérienne outrageusement zélée, c'est bien la folie qui règne dans l'univers de la grande Joyce Carol Oates.

  • De quoi parlent les histoires d'Alice Munro ?
    De baisers donnés.
    De meubles encombrants dont on ne parvient pas à se séparer.
    De trahisons nécessaires.
    De mots d'adieu.
    De femmes déchirées entre la passion et la vie domestique, le désir d'être libre et la bonne éducation.
    Neuf histoires d'amour, en somme
    La nouvelle traduction d'Agnès Desarthe restitue avec précision leur charme subtil.
    Traduit de l'anglais (Canada) par Agnès Desarthe.

  • " Habités par des personnages imparfaits, [ces récits] ont tous en commun une certaine vision de la féminité, du désir, des fantasmes, et s'affranchissent d'une réalité souvent décevante. " Vogue.
    " Mais comment fait-on alors si la chose existe et qu'on a besoin d'un mot pour la nommer ?- On n'en parle pas, répondit-il. Ou bien on en invente un nouveau. "Cet étrange dialogue résume à lui seul l'oeuvre d'Anaïs Nin. Comment raconter le désir - désir sexuel, appétit pour la vie, pour l'art, désir de décrire ce qui n'existe pas tant que ça n'a pas été couché sur le papier - d'une femme mariée, apprentie écrivaine au début du siècle dernier ?C'est à ce projet que l'auteure s'attelle dans ces seize nouvelles. La plupart ont été écrites entre 1929 et 1931. Anaïs Nin vit alors à Paris avec son banquier-poète de mari, Hugh Guiler, qui la choie et lui offre une vie aisée. Elle n'a pas encore rencontré Henry Miller (ce sera chose faite en 1932), elle n'est qu'une jeune femme, la vingtaine, qui tient assidûment un journal intime - journal qui lui fera atteindre bien plus tard la gloire qu'elle attendait.

  • Le plus dangereux des jeux Nouv.

    Première traduction intégrale
    Texte qualifié de " nouvelle la plus populaire jamais écrite en langue anglaise "

    Au milieu de la mer des Caraïbes, Sanger Rainsford fait naufrage sur l'île de Ship Track. Il y est recueilli par un russe blanc, le général Zaroff, qui se révèle être un hôte des plus remarquables et attentionnés. Reconnaissant en son convive un célèbre chasseur de gros gibier dont le livre sur la chasse au léopard des neiges fait autorité, le maître des lieux invite Rainsford à un jeu particulier : une partie de chasse à l'homme. Acculé, celui-ci est forcé d'accepter ce " jeu des plus dangereux ".

    Commence alors, au coeur de la jungle, une lutte sans merci entre les deux hommes. Le chasseur chassé, l'ombre et la proie : qui chassera qui ?

    Ce récit, à la lisière du fantastique, est un monument de la littérature noire aux États-Unis. Il a été adapté de nombreuses fois au cinéma –
    Les Chasses du comte Zaroff avec Leslie Banks (1932),
    A Game of Death de Robert Wise (1945)... – et mis en ondes à plusieurs reprises – entre autre en 1943, avec Orson Wells dans le rôle du comte Zaroff.

  • Chansons pour l'incendie Nouv.

    Une femme effrontément libre défie la société traditionnelle colombienne des années 1940 ; un vétéran de la guerre de Corée affronte son passé lors d'une rencontre en apparence inoffensive ; sur un tournage, un figurant s'interroge sur les émotions de Polanski... Neuf histoires, neuf vies radicalement bouleversées par la violence.

    Les nouvelles de Chansons pour l'incendie tranchent, dépècent, brillent comme le fil d'un couteau. Elles irradient cette lumière étrange des choses qui brûlent ou qui blessent. En Colombie, en Espagne, à Paris, à Hollywood, chacune révèle le jeu du destin, cette conjonction de forces incompréhensibles.

    La prose est rapide, élégante, elle transporte dans des territoires intimes. Seule forme capable de conter ces existences, les « chansons » de Juan Gabriel Vásquez confirment l'étendue de son talent, et sa profonde compréhension des êtres.

    Traduit de l'espagnol (Colombie) par Isabelle Gugnon

    « Un livre magnifique, neufs territoires du passé qui s'opposent à l'oubli. »

    El Cultural

  • Avec ce premier livre incroyablement inventif, Nana Kwame Adjei-Brenyah s'est imposé aux États-Unis comme une nouvelle voix explosive dans la lignée de Colson Whitehead et Marlon James. Entremêlant dystopie, satire et fantastique, et ses nouvelles donnent à voir avec une effarante lucidité la violence et la déshumanisation de notre monde. 
    Qu'il mette en scène le procès d'un Blanc accusé du meurtre effroyable de cinq enfants noirs (et qui sera acquitté), le parcours d'un jeune qui tente de faire diminuer son « degré de noirceur » pour décrocher un emploi, le quotidien d'un vendeur de centre commercial confronté à des clients devenus zombies, ou celui des employés d'un parc d'attractions faisant du racisme ordinaire une source de divertissement, AdjeiBrenyah le fait avec une maîtrise et une maturité stupéfi antes. On renferme ce livre hébété : si la fi ction peut contribuer à bousculer les mentalités, alors Friday Black est une puissante arme littéraire. 
    « Une voix nécessaire. Un premier livre inoubliable. » Tommy Orange, auteur d'Ici n'est plus ici

  • Presqu'îles

    Yan Lespoux

    • Agullo
    • 21 Janvier 2021

    " Le premier noyé de la saison, c'est un peu comme l'ouverture de la cabane à chichis, la première grosse pousse de cèpes ou la première gelée : ça rythme l'année. " Un premier recueil de nouvelles chez Agullo, pour inaugurer notre nouvelle collection petit format, Agullo Court. Une balade souvent très drôle dans le Médoc des Landes, territoire sauvage et méconnu.
    Préface d'Hervé Le Corre : " On pourrait passer en revue toutes les histoires de ce recueil tant elles collent à la mémoire, comme la résine aux doigts avec cette odeur forte. Yan Lespoux écrit sans lyrisme, sans pathos, au plus près de son sujet. "
    Un coin secret de champignons. Un tracteur en boîte de nuit. Une vierge phosphorescente. Un concert fantôme. Des chemins de sable qui serpentent entre les pins jusqu'à l'océan.
    L'envie de partir et le besoin de rester...
    Presqu'îles, ce sont des tranches de vie saisies au vol, tour à tour tragiques ou cocasses qui, à travers les portraits de personnages attachés de gré ou de force à un lieu, les landes du Médoc, parlent de la vie telle qu'elle est, que ce soit là ou ailleurs. Au fur et à mesure que ces textes courts se répondent et s'assemblent, un monde prend forme. Celui de celles et de ceux dont on ne parle pas forcément, que l'on ne voit pas toujours.
    Sans pathos, au plus près de son sujet, Yan Lespoux dessine un archipel de solitudes qui touche à l'universel.

  • Mêlant passé, présent et avenir, Anjali Sachdeva signe un premier recueil magnétique et délicieusement inventif qui plonge le lecteur entre effroi et émerveillement. S'y côtoient une femme, au temps de la conquête de l'Ouest, qui attend son mari dans une maison perdue au milieu des Grandes Plaines et finit par trouver refuge dans une grotte secrète ; deux jeunes Nigérianes kidnappées par Boko Haram se découvrant le mystérieux pouvoir d'hypnotiser les hommes ; ou encore un pêcheur embarqué sur un morutier qui tombe éperdument amoureux d'une sirène dont chaque apparition engendre une pêche miraculeuse...La prose étrange et magnifique d'Anjali Sachdeva embrasse le connu et l'inconnu avec une grâce et une puissance rares. Chacune de ses nouvelles interroge les forces implacables, cruelles ou bienveillantes, qui nous gouvernent, et donnent au lecteur la sensation de marcher sur un fil. Une révélation.
    « Un recueil qui mêle science, mythes et imaginaire en une sombre et magnifique série de questions sur les malheurs de notre temps. » Anthony Doerr

  • Trahison

    Joyce Carol Oates

    Des nouvelles admirablement ciselées par la grande auteure américaine

    Joyce Carol Oates nous revient avec un recueil de treize nouvelles dérangeantes et hypnotiques qui tentent de cartographier l'étrange noirceur en chacun d'entre nous ainsi que la peur, la douleur et l'incertitude qui rôdent aux pourtours des vies ordinaires, souvent menacées par l'abandon et la trahison.

    Les femmes d'âge mûr ayant des relations complexes et ambivalentes avec le sexe opposé y sont omniprésentes. Dans
    Mastiff, Mariella voit un homme avec lequel elle sort depuis peu la protéger de l'attaque d'un molosse au péril de sa vie.
    Distance raconte la solitude névrotique d'une femme dans un hôtel du Nevada tentant d'appeler son amant.
    Le Chasseur suit la troublante aventure entre une poétesse en résidence dans une université et son président. Dans
    Disparition, craignant que son mari ne se volatilise de sa vie, son épouse ne le lâche plus d'une semelle.
    Stephanos est mort met en scène une universitaire qui lutte vaillamment contre son cancer et se retrouve en mauvaise posture aux funérailles d'un homme adoré de tous. Dans
    Les Bouffons, une maison de banlieue cossue abandonnée devient l'obsession d'un retraité sous le regard désespéré de sa femme. Enfin, dans
    Patricide, la fille effacée d'un grand écrivain doit gérer sa relation complexe avec ce don juan égocentrique à la mort de celui-ci.

    La mort n'est jamais loin, bouleversant aussi l'existence des plus jeunes :
    S'envoyer en l'air avec un chameau explore la manière dont un adolescent de dix-sept ans se rend douloureusement compte de la profondeur de son amour pour sa grand-mère malade.
    Choses rencontrées en chemin vers l'oubli relate le mystérieux décès d'une pathétique petite fille riche adoptée, suite aux complications d'un tatouage. L'existence prend un tour sombre et inquiétant, pour ce jeune diplômé au chômage funestement attiré par les bonobos dans
    Trahison.

    Avec ce recueil écrit au scalpel, Oates est au sommet de son art, plus imaginative que jamais.

  • Carmen

    Prosper Mérimée

    En promenade archéologique dans les environs de Cordoue, le narrateur rencontre un voyageur que son guide reconnaît comme le bandit don José Navarro dont la tête est mise à prix. Pendant la nuit, le guide dénonce le bandit à la police. Mérimée, s'estimant liéà don José par des relations d'hospitalité, l'avertit à temps. Séjournant à Cordoue la semaine suivante, Mérimée rencontre une gitane nommée Carmen. Elle l'emmène chez elle pour lui dire la bonne aventure. Mais l'amant de la belle, fort en colère fait irruption : c'est don José. Mérimée part alors pour Séville, mais s'aperçoit que Carmen lui a volé sa belle montre en or. Quelques semaines plus tard, de retour à Cordoue, il apprend que don José, arrêté pour meurtre, va être exécuté le surlendemain. Il le retrouve en prison, et José lui raconte son histoire...

    Suite à une rixe, ce Basque s'engage dans un régiment du Sud et devint brigadier. Un jour, alors qu'il était de garde à Séville, il est, devant la manufacture des tabacs, interpellé par Carmen : son effronterie le scandalisa, mais ses provocations l'enflammèrent. Deux heures plus tard, comme elle s'était battue sauvagement, il la conduit en prison. La belle enjôleuse le convainc de l'aider à s'évader pendant le trajet. Suite à son acte, José est dégradé et jeté en prison mais rêve toujours à la belle. Il la retrouve alors que, libéré, il montait la garde chez son colonel : elle y dansait avec d'autres bohémiens. Estimant qu'elle avait contracté une dette envers lui grâce à son évasion, elle passe une nuit avec lui. Plusieurs semaines s'écoulent, sans qu'il ne revoie Carmen. Un soir, alors qu'il est de garde aux murs de Séville, Carmen obtient de lui, contre un nouveau rendez-vous, qu'il laisse passer des contrebandiers. Mais elle disparaît de nouveau. Quand il la retrouve, elle est avec un lieutenant : José se bat avec lui et le tue. Il déserte, s'enfuit avec Carmen et devient contrebandier dans les montagnes. Un gitan les rejoint bientôt : il s'agit du mari de Carmen, Garcia le borgne. Jaloux, don José le provoque et le tue lors d'un duel. Malgré ces gestes d'amour désespéré, Carmen trompe à nouveau José avec un picador. José, fatigué de cette existence et dévoré de jalousie, lui propose de partir avec lui pour l'Amérique. Elle refuse : elle ne l'aime plus. Après avoir fait dire une messe pour le salut de son âme, il l'égorge, l'enterre et se livre à la police.

  • Un don juan patenté s'impose la chasteté mais compense en collectionnant les baisers volés ; un kleptomane retrace son parcours de vie à travers les objets qu'il a dérobés ; un couple séparé se retrouve par hasard et remonte les cinq ans de sa relation, en partant de la rupture banale pour revenir au coup de foudre initial ; une jeune femme qui accumule les échecs professionnels et amoureux réussit à toujours avancer en faisant du surplace ; un acteur naïf voit sa vraie vie se transformer en un cauchemardesque thriller de série B.
    Tous ces chemins que nous n'avons pas pris nous donne à voir ces rencontres fortuites qui font affleurer le passé à la surface de nos émotions, ces décisions impulsives qui changent irrévocablement le cours d'une vie, ces hésitations et renoncements qui compliquent tout.
    Des nouvelles pleines d'humour, de sensibilité et de surprises qui mettent en valeur une fois de plus le regard pénétrant, malicieux et bienveillant de William Boyd et son talent unique de conteur.
    William Boyd est né à Accra (Ghana) en 1952 et a étudié à Glasgow, Nice et Oxford, où il a également enseigné la littérature. Auteur réputé de fiction, d'essais et de théâtre, il est aussi scénariste et réalisateur. Il a repris en 2013 le flambeau de la saga " James Bond " créée par Ian Fleming.
    Traduit de l'anglais (Grande-Bretagne) par Isabelle Perrin
    Isabelle Perrin, que tout destinait à une sage carrière universitaire, contracte le virus de la traduction littéraire auprès de sa mère Mimi. Les incurables duettistes cosigneront plus de trente traductions, dont tous les romans de John le Carré depuis La Maison Russie.

  • Trois jours

    Petros Markaris

    Dans ce recueil de huit nouvelles, Petros Markaris nous promène dans le temps et dans l'espace, de la Grèce contemporaine à celle des colonels, de l'Allemagne d'aujourd'hui à celle de 1944, d'Athènes à Istanbul durant les pogroms visant la communauté grecque. Le lecteur retrouve l'hypersensibilité de l'auteur à la question des migrants et de " l'étranger ", le dégoût du nationalisme, l'analyse subtile des relations complexes entre Grecs et Turcs tantôt oppresseurs, tantôt opprimés. Et les effets durables de la crise sur la population.
    Au fil des énigmes, des investigations, des cadavres exhumés, Petros Markaris déploie tout son registre, du tragique abordé avec pudeur au rire franc en passant par le sarcasme et le sourire en coin.
    En fustigeant l'état de la société à travers des enquêtes criminelles, il démontre une fois de plus ses talents de conteur, d'observateur attentif de son époque, de commentateur incisif et lucide. Sans jamais se défaire de son empathie pour ses personnages.

  • Elles sont nombreuses, les belles raisons d'habiter sur terre. On les connat, on sait qu'elles existent. Mais elles n'apparaissent jamais aussi fortes et claires que lorsque Philippe Delerm nous les donne lire.Goter aux plaisirs ambigus du mojito, se faire surprendre par une averse et aimer a, contempler un enfant qui apprend lire en bougeant imperceptiblement les lvres, prolonger un aprs-midi sur la plage... Est-ce qu'on est plus heureux ? Oui, srement, peut-tre. On a le temps de se poser la question. Sisyphe arrte de rouler sa pierre. Et puis on a le temps de la dissiper, comme ce petit nuage qui cachait le soleil et va finir par s'effacer, on aura encore une belle soire. Philippe Delerm est notamment l'auteur de Sundborn ou les Jours de lumire (Le Rocher, 1996, prix des Libraires), La Premire Gorge de bire (Gallimard, 1997) et Je vais passer pour un vieux con (Seuil, 2012).

  • Lady Susan

    Jane Austen

    • Ecriture
    • 8 Novembre 2017

    " Quel plaisir exquis de soumettre un esprit insolent, d'oeuvrer pour qu'un être prédisposé à vous haïr finisse par admettre votre supériorité. " Publiées après la mort de Jane Austen en 1817, les oeuvres posthumes présentées dans ce volume sont ici restituées dans leur intégralité.Lady Susan met en scène une veuve souhaitant à tout prix privilégier sa liberté. Désargentée, elle est contrainte d'emménager chez son beau-frère, un riche banquier, pour la fille duquel elle doit trouver un bon parti. Et au jeu de l'amour, les conventions sociales l'emportent souvent...Dans Les Watson, Emma doit retourner vivre parmi les siens, dans le Surrey, après de longues années d'absence. Mais comment combler le fossé qui s'est creusé entre eux... et espérer rencontrer l'amour ?Sanditon, roman inachevé, s'amuse de la prétention des Parker, décidés à faire de leur bourgade un lieu à la mode...Ces trois textes de jeunesse sont une introduction rêvée à l'oeuvre de la plus grande romancière anglaise du xixe siècle, dont ils préfigurent la ne ironie et un sens hors du commun de l'observation.

  • Dans un cirque, un employé chargé de nettoyer les cages des animaux accepte d'être envoyé dans le ciel comme un boulet de canon ; le jeune pensionnaire d'un étrange orphelinat découvre qu'il est un clone d'Adolf Hitler créé pour venger les victimes de la Shoah ; un accidenté de la route perd la mémoire et se retrouve dans une pièce virtuelle avec une femme virtuelle, à moins que ce ne soit l'inverse...
    Facétieuses, corrosives et incroyablement brillantes, les vingt-deux nouvelles d'Incident au fond de la galaxie nous immergent dans l'univers " keretien ", où le virtuel et le fantastique viennent subtilement troubler la réalité pour faire surgir de profondes réflexions sur le deuil, la solitude et les stigmates de l'Histoire.
    Traduit de l'hébreu par Rosie Pinhas-Delpuech.

  • Séfarade

    Antonio Munoz Molina

    Séfarade, c'est la patrie de tous les accusés, exilés, bannis, chassés de leur quotidien, de leur maison, de leur terre et qui, où qu'ils se trouvent, sont à jamais des étrangers.
    Séfarade, c'est la patrie de la mémoire, celle des disparus, morts ou vivants, personnages réels ou imaginaires réunis par la fraternité et la solidarité d'un écrivain.
    Séfarade, ce sont dix-sept chapitres racontant chacun une histoire différente, toutes traversées par des motifs, phrases, personnages qui assemblent un discours dont le thème central est la persécution.
    À travers la voix émouvante et forte d'Antonio Muñoz Molina résonnent celles de Primo Levi, Franz Kafka et Milena Jesenska, Willi Münzenberg, Evguénia Guinzbourg, Margarete Buber-Neumann, mais aussi l'attente d'une femme qui ne revit jamais son père, les nostalgies de Mateo le cordonnier, la folie amoureuse d'une nonne ou encore le souvenir d'une rescapée des geôles argentines. Autant d'êtres détruits au plus intime d'eux-mêmes par l'Histoire.
    Ce livre magnifique brise les limites de la fiction en même temps qu'il les transcende. Et comme toujours sous la plume de ce grand écrivain espagnol, matière humaine et matière narrative se fondent en des pages d'une beauté inouïe.

  • Les meilleures nouvelles de Françoise Bourdin enfin réunies ! Dans
    Hors saison, la nouvelle qui a donné son titre à ce recueil, deux histoires se croisent. Celle de Sabine - dont le couple bat de l'aile et qui part pour Honfleur faire le point - et celle de Jag, qui connaît bien la maison dans laquelle elle a trouvé refuge. C'est là que vivait Laetitia, l'amour qu'il n'a jamais pu oublier. L'une craint de passer à côté du bonheur, l'autre a peut-être laissé le sien lui échapper...
    Avec ce recueil, Françoise Bourdin nous prouve qu'elle excelle dans l'art de la nouvelle. Avec humour ou mélancolie, elle parvient à capturer en quelques pages l'essence de ses personnages. Dix textes intenses, dont un inédit, où elle explore des thématiques chères à son coeur - relations parents-enfants, abandon, amour des chevaux - et où elle démontre une fois encore son immense talent de conteuse.

  • " Tomasina pouvait juger de la fécondité d'un homme à son odeur et à son teint. Une fois, pour amuser Diane, elle avait ordonné à tous les individus de sexe masculin de tirer la langue. Ceux-ci s'étaient exécutés sans poser de question. Comme toujours. Les hommes aiment être objectifiés. "
    La gent masculine, voilà le sujet des nouvelles qui composent Des raisons de se plaindre. Leurs petites lâchetés, leur mauvaise foi, leurs erreurs et leurs errances. Leurs soucis d'argent, leurs peines de cœur et leur compétition sexuelle... mais aussi leur charme, leur maladresse. On n'aimerait pas forcément croiser ces personnages dans la vraie vie. Mais l'humour et la cocasserie les rachètent. En somme, ils nous ressemblent.
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Olivier Deparis.

  • Un séjour de Lénine dans la vallée de Chamonix, un capitaine échoué dans un refuge, un rubis du Malabar Princess qui se raconte à la première personne... Tout le talent de narrateur de François Garde, habitant de la vallée et prix Goncourt du premier roman en 2012 pour Ce qu'il advint du sauvage blanc, au service de douze nouvelles réjouissantes.
    Un jour de l'été 1903, un agitateur russe débarque à Chamonix, filé par un agent de la police secrète du tsar. Qu'a dit le jeune Lénine à son hôte chamoniard pour le convaincre de vendre ses emprunts russes avant la révolution annoncée ? Dans
    Lénine à Chamonix, François Garde se glisse dans
    ce " clignement d'oeil " de l'histoire et déploie son récit avec la jubilation que procure la liberté littéraire. Ses dix autres " nouvelles de montagne " se déroulent de nos jours et croquent avec acuité et gourmandise des personnages, des attitudes mentales, des métiers... et mille manières d'habiter le monde là où les hauteurs (parfois fantastiques) imposent leur loi.

  • Au cours de l'intense saison créatrice qui coïncide à peu près avec les deux dernières années de sa vie, Giuseppe Tomasi di Lampedusa ne rédige pas seulement un des chefs-d'oeuvre de la littérature italienne, mais aussi trois nouvelles et un long récit autobiographique.Au fil des pages rassemblées ici, le lecteur éprouvera la joie d'entrer, en quelque sorte, dans le laboratoire de l'auteur, de retrouver les lieux de son enfance, ces vastes demeures siciliennes qui rappellent les immenses palais du Guépard, les personnages du grand roman ou leurs descendants, et les thèmes universels de la mort et de la beauté. Le professeur de la merveilleuse nouvelle qui donne son titre au recueil évoque le prince de Salina, qui lui-même évoque Lampedusa : fiction et autofiction sont comme toujours intimement mariées.La nouvelle traduction de Jean-Paul Manganaro, un des plus grands traducteurs de l'italien, rend justice à la prose d'un des plus grands écrivains contemporains.Né à Palerme en 1896, Giuseppe Tomasi, duc de Palma et prince de Lampedusa, a vécu jusqu'à 60 ans la vie d'un aristocrate sicilien de grande culture européenne. Entre 1955 et 1957, année de sa mort, il rédige son chef-d'oeuvre, Le Guépard, aujourd'hui traduit dans le monde entier.Jean-Paul Manganaro est professeur émérite de littérature italienne contemporaine à l'université de Lille 3. Lauréat du prix Halpérine-Kaminsky Consécration et du prix Laure-Bataillon Classique, il a traduit plus de cent soixante-dix romans italiens en français, dont Gadda, Calvino, Bene, Del Giudice, Mari...Traduction, préface et notes par Jean-Paul ManganaroPostface de Gioacchino Lanza Tomasi

  • Une anthologie qui réunit les quatre romans criminels d'Honoré de Balzac, mettant en lumière un aspect peu fréquenté de son oeuvre.

    Balzac, auteur de romans policiers ? Surprenant. Et pourtant... Comment ne pas voir un récit noir dans L'Auberge rouge, qui montre un chirurgien militaire, Prosper Magnan, échafaudant un meurtre en public... pour découvrir le lendemain même que sa victime hypothétique a été assassinée? De même pour La Grande Bretèche, nouvelle qui met en scène une femme soupçonnée d'adultère par son mari, au point de lui faire commettre l'irréparable. Quant à La Vendetta, ce bref roman raconte le tragique destin de Ginevra, jeune fille corse qui brave l'interdit paternel pour épouser celui dont elle ignore... qu'il est un ennemi de la famille. Enfin, Une ténébreuse affaire s'inspire d'un fait divers historique du Premier Empire, l'enlèvement mystérieux d'un sénateur averti d'un complot ourdi par Fouché contre Napoléon. Outre la capacité de Balzac à jouer de l'enquête et du mystère, cette anthologie révèle la virtuosité avec laquelle il combine histoire et politique, roman sentimental et étude de moeurs, enquête policière et suspense judiciaire.

  • Une plongée fascinante dans l'univers sombre et oppressant des nouvelles de Joyce Carol Oates.

    Avec La Princesse-Maïs, Joyce Carol Oates captive une fois de plus le lecteur par sept récits vénéneux et intrigants. Dans le premier, Marissa, douce préadolescente à la pâle chevelure couleur maïs, disparaît un soir de chez sa mère, qui peine à l'élever seule. Tandis que cette dernière et la police retournent les environs en vain, ils sont loin de se douter que Marissa a été kidnappée par des camarades, décidées à pratiquer sur leur proie un sacrifice inspiré d'une légende indienne.

    Sombres et oppressantes, les six autres nouvelles nous invitent dans la psyché de personnages troublés. Telle cette jeune veuve qui se fourvoie dans une relation dangereuse et ambiguë avec un ex-soldat abîmé par la guerre en Irak (" Helping Hands "). Ou ce malheureux chirurgien qui rate de manière spectaculaire une trépanation dans une ambiance des plus surréaliste (" Un trou dans la tête ") ; ces jumeaux aux caractères et aux physiques opposés, pris au piège de relations amour-haine (" Champignon mortel " et " Personnages-fossiles ") ; cette fillette incapable de distinguer rêve et réalité, qui refuse désespérément d'accepter l'arrivée de sa petite soeur (" Personne ne connaît mon nom "). Ou enfin cette jeune femme mettant à exécution une cruelle vengeance contre son ex-beau-père, qu'elle croit responsable du décès de sa mère (" Bersabée ").

    C'est bien de cauchemars qu'il s'agit, mais à la lecture pleine de délicieux frissons.

  • .
    Je me suis mis à crier, très fâché : " tu n'avais pas pensé que tu pouvais ne pas nous tuer ? " il répondit : " non, à force de tuer, on avait oublié de vous considérer. " maintenant, je pense que ce hutu ne couvait pas la férocité dans le coeur. on fuyait sans répit au moindre bruit, on fouinait la terre à plat ventre en quête de manioc, on était bouffé de poux, on mourait coupé à la machette comme des chèvres au marché.
    On ressemblait à des animaux, puisqu'on ressemblait plus aux humains qu'on était auparavant, et eux, ils avaient pris l'habitude de nous voir comme des animaux. ils avaient enlevé l'humanité aux tutsis pour les tuer plus à l'aise, mais ils étaient devenus pires que des animaux de la brousse, parce qu'ils ne savaient plus pourquoi ils tuaient. un interhamwe, quand il attrapait une tutsie enceinte, il commençait par lui percer le ventre à l'aide d'une lame.
    Même la hyène tachetée n'imagine pas ce genre d vice avec ses canines.

  • Comment raconter le désir - désir sexuel, appétit pour la vie, l'art... - d'une femme mariée, apprentie écrivaine au début du siècle dernier ? C'est à ce projet qu'Anaïs Nin semble s'atteler dans ces seize nouvelles inédites, écrites pour la plupart entre 1929 et 1931. On y croise une jeune femme qui, parée comme pour un grand voyage, largue les amarres d'un bateau attaché à un arbre au fond d'un jardin, une petite fille abandonnant ses poupées pour se consacrer à l'étude du goût de ses larmes, et bien d'autres personnages hantés par la dualité entre l'être et le paraître.
    Ce recueil de nouvelles dévoile, grâce à la très belle traduction d'Agnès Desarthe, la genèse de l'oeuvre d'une des auteures les plus modernes et admirées du XXe siècle.

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