• Être vrai, me dépouiller des masques, oser l'abandon plutôt que la lutte, voilà qui me guide dans le périple de l'existence, où jamais nous ne pouvons nous installer. Pour demeurer fidèle à soi, pour vivre une authentique simplicité du cœur, tout un art est requis. C'est celui-ci que j'ai librement esquissé ici. Comment s'abandonner à la vie sans baisser les bras ? Comment goûter la joie sans nier le tragique de l'existence ? Comment traverser le découragement sans devenir amer ?
    Ce Petit Traité de l'abandon tente de dégager un chemin vers la liberté intérieure et de dessiner un art de vivre qui permette d'assumer les hauts et les bas du quotidien. Ni mode d'emploi ni recette, juste des explorations pour découvrir quelques outils, et des exercices spirituels pour avancer. Ainsi, j'ai puisé dans la tradition philosophique et celle du zen une invitation à une vie plus simple, car le bonheur ne procède pas de l'accumulation mais du dépouillement. C'est la joie qui mène au détachement et non le contraire. D'où cet itinéraire vers l'abandon, né de mes joies et de mes blessures.
    A. J.
    Né en 1975, Alexandre Jollien a vécu dix-sept ans dans une institution spécialisée pour personnes handicapées physiques. Philosophe et écrivain, il est l'auteur d'une œuvre qui connaît un succès constant, avec Éloge de la faiblesse (Cerf, 1999, prix de l'Académie française) et, au Seuil : Le Métier d'homme (2002), La Construction de soi (2006), Le Philosophe nu (2010).
    Voir le site de l'auteur

  • Aimer quelqu'un qui ne veut pas s'engager, être déprimé après une séparation, revenir seul d'un rendez-vous galant, s'ennuyer avec celui ou celle qui nous faisait rêver, se disputer au quotidien : tout le monde a fait dans sa vie l'expérience de la souffrance amoureuse. Cette souffrance est trop souvent analysée dans des termes psychologiques qui font porter aux individus leur passé, leur famille, la responsabilité de leur misère amoureuse.
    Dans ce livre, Eva Illouz change radicalement de perspective et propose une lecture sociologique de la souffrance amoureuse en analysant l'amour comme une institution sociale de la modernité. À partir de nombreux témoignages, d'exemples issus de la littérature et de la culture populaire, elle dresse le portrait de l'individu contemporain et de son rapport à l'amour, de son fantasme d'autonomie et d'épanouissement personnel, ainsi que des pathologies qui lui sont associées : incapacité à choisir, refus de s'engager, évaluation permanente de soi et du partenaire, psychologisation à l'extrême des rapports amoureux, tyrannie de l'industrie de la mode et de la beauté, marchandisation de la rencontre (Internet, sites de rencontre), etc. Tout cela dessine une économie émotionnelle et sexuelle propre à la modernité qui laisse l'individu désemparé, pris entre une hyper-émotivité paralysante et un cadre social qui tend à standardiser, dépassionner et rationaliser les relations amoureuses.
    Un grand livre de sciences sociales sur le destin de l'amour dans les sociétés modernes.
    Eva Illouz est professeure de sociologie à la Hebrew University de Jérusalem. Elle est l'auteure de nombreux livres, traduits en une quinzaine de langues, parmi lesquels Les Sentiments du capitalisme, paru aux Éditions du Seuil en 2006.

  • Ce dictionnaire amoureux est l'expérience de toute une vie de mélomane, le vagabondage réussi d'un auteur au service du plus grand nombre de curieux possible.
    Cet ouvrage est le livre d'une vie. Une vie d'écoute et donc de passion. D'aussi loin que je me souvienne, la musique fut pour moi comme une évidence. Du coté de ma mère, tout le monde avait chanté, joué du piano, été à l'opéra. Du coté de mon père, il y avait eu deux très bons professionnels. Enfin, les Soeurs m'ont fait un don, entre tous inestimable : elles m'ont appris à poser ma voix sur mon oreille. L'enfant solitaire que j'ai été n'a pas eu de mal à apprendre du Chérubin de Mozart et, quand on n'a personne pour qui chanter (ou même à qui parler), eh bien, on chante aux brises. Enseignant je fus, ce qui oblige à mieux savoir ce qu'on sait et mieux aimer ce qu'on aime. Rassure-toi donc, lecteur : de Glyndebourne à Salzbourg, de Bach à Dutilleux, tu trouveras ici tout ce qu'il faut pour te plaire tant le vagabondage de l'auteur est insatiable.Professeur de philosophie, André Tubeuf a collaboré à de nombreuses revues (notamment Le Point, Classica et Diapason). Il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont L'Offrande musicale (Laffont, coll. " Bouquins ", 2007) et Ludwig van Beethoven (Actes Sud, coll. " Classica ", 20069) qui lui a valu le prix de l'Essai de l'Académie française.

  • La société devient de plus en plus compétitive. Un monde néo-darwinien où les plus faibles sont éliminés et soumis au mépris des vainqueurs est en train de s'imposer.
    Dans les entreprises comme dans les couples, les indicateurs de bien-être reculent. Car la compétition sans la coopération ne fonctionne pas.
    Pour l'économiste Daniel Cohen, rien n'est inéluctable dans ces évolutions. Mais à l'heure où des milliards d'humains se pressent aux portes d'un modèle occidental défaillant, il y a urgence à repenser le rapport entre la quête du bonheur individuel et la marche des sociétés.
    Prolongeant les réflexions de son précédent livre, La Prospérité du Vice, l'auteur nous entraîne de la Rome antique au Pékin d'aujourd'hui en passant par l'Amérique, dressant une vaste carte des plaisirs et des peines du monde contemporain.
    Un essai aussi provocateur qu'intelligent.

  • Avec les pontificats de Jean-Paul II et Benoît XVI, l'Église serait-elle, comme une vieille dame, atteinte d'ostéoporose ? Telle est en effet le diagnostic implacable que fait Hans Küng. Extérieurement, l'Église catholique est affectée par une crise sans précédent en Europe : absence de prêtres, départ massif de fidèles, absence de toute réforme du gouvernement romain, scandale de la pédophilie des prêtres, rigorisme moral insupportable, autoritarisme, restauration anté-conciliaire qui se dessine, traditionalisme liturgique, œcuménisme défaillant. Küng va aux causes profondes et lointaines de cette débâcle : un système romain – de puissance, de fermeture, d'arrogance – a fait son temps. Juridisme, cléricalisme, système de gouvernement médiéval, mentalité de croisade, méfiance envers la sexualité humaine, refus de toute réforme, mépris de la science aujourd'hui comme hier, refus de la démocratie – réservée aux autres –, goût du secret, haine du moderne, autocélébration et autoconservation internes qui se refusent à toute autocritique véritable : n'en jetez plus ! Il propose aussi toute une série de remèdes, car le mal ne lui paraît pas (encore) mortel, pour " guérir " l'Église catholique : des réformes pour être plus fidèle l'Évangile, et non pour faire plaisir à l'esprit du temps.
    Hans Küng, jeune théologien brillant d'origine suisse, fut expert au Concile Vatican II (1962-1965) en même temps que Josef Ratzinger. Dernier livre de Hans Küng au Seuil : Faire confiance à la vie (2010).

  • " Cathos de gauche " : l'expression s'est imposée dans la seconde moitié du XXe siècle pour désigner un monde de militants et de " clercs ", d'organes de presse et de mouvements, laïques ou religieux, dont la contribution politique, sociale, culturelle et intellectuelle à l'histoire de la France de l'après-guerre apparaît souvent oubliée.
    Cet ouvrage retrace pour la première fois l'aventure des " chrétiens de gauche ", comme on devrait appeler plus justement les catholiques et les protestants de cette mouvance. Contre une Église catholique jusque-là massivement portée à droite et une Église protestante embourgeoisée, ils voulaient, au nom de leur foi, s'engager dans la Cité et peser sur la politique tout en changeant le visage de leurs Églises. Décolonisation, syndicalisme, autogestion, féminisme, tiers-mondisme... : ils ont été de toutes les luttes, et souvent même à l'avant-garde de la contestation. Beaucoup engagèrent un dialogue exigeant avec la tradition marxiste. Après le concile Vatican II et Mai 68, certains furent même tentés par la révolution dans la société et dans leurs Églises. Leur contribution à la rénovation de la gauche socialiste puis à l'élection de François Mitterrand en 1981 fut ensuite décisive.
    Mais la réforme de l'Église catholique n'est-elle pas devenue restauration sous Jean-Paul II puis Benoît XVI ? Et la victoire de la gauche en 1981 n'a-t-elle pas sonné l'heure du déclin politique de la gauche chrétienne ? Que reste-t-il aujourd'hui de ses combats et des idéaux qu'elle entendait porter ? Au-delà d'une parenthèse utopique, c'est l'évolution du rapport entre le politique et le religieux, à l'épreuve de la sécularisation de la société française, que cette histoire éclaire.
    Réunis autour de Denis Pelletier, historien, directeur d'études à l'École pratique des hautes études (EPHE), et de Jean-Louis Schlegel, sociologue des religions, membre du comité de direction de la revue Esprit, treize des meilleurs spécialistes de cette histoire ont contribué à l'ouvrage.

  • Dictature des marchés, politiques d'austérité, inégalités sociales, catastrophes environnementales, crises démocratiques : de toutes parts nous arrivent les signes de la fin d'un monde caractérisé par des pressions insoutenables.
    Yves Citton ébauche un nouveau vocabulaire politique pour renverser cet insoutenable à la fois environnemental, éthique, social, médiatique et psychique. À la croisée de multiples (in)disciplines, cet essai drôle et enlevé prend le contre-pied du misérabilisme ambiant en révélant que le renversement de l'insoutenable est déjà inscrit dans les dynamiques collectives de nos gestes les plus communs. Il esquisse une politique des gestes qui prend sa source entre ces deux questions : Comment faisons-nous pression sans le vouloir ? Comment faire pression en le voulant ?
    Attentif au rôle de l'image et à la circulation des discours, Yves Citton livre ici les moyens de repenser notre place et notre action dans des processus sociaux dont la complexité nous dépasse. Il montre que l'on peut tirer parti des dispositifs médiatiques plutôt que de les subir et que, une fois fait le deuil du Grand Soir, l'urgence est de proposer des alternatives à la politique du pire.
    Yves Citton est professeur de littérature française du XVIIIe siècle à l'université de Grenoble III et membre de l'UMR LIRE. Il a notamment publié Mythocratie. Storytelling et imaginaire de gauche (2010), L'Avenir des humanités (2010) et Zazirocratie (2011). Il est codirecteur de la revue Multitudes.

  • L'État doit donner l'exemple. En ces temps de crise, la transparence de la gestion publique est une nécessité morale, politique, économique. C'est donc une urgence.
    La Méthode Dosière est simple, concrète et rapidement applicable. Déceler les économies réalisables à l'Élysée, au gouvernement, au Parlement et dans les collectivités sans nuire au bon fonctionnement de la République. Les propositions pratiques du député de l'Aisne, spécialiste scrupuleux du train de vie de l'État, visent avant tout à passer au crible les abus, les dépenses inutiles, les temps perdus et l'apparat exagéré. La transparence permettra, selon l'auteur de L'Argent de l'État et de L'Argent caché de l'Élysée, de prévenir les dérives budgétaires.
    Gaspiller moins pour dépenser mieux, ou comment améliorer la gestion de l'État.

  • L'édition française s'est métamorphosée depuis les années 1970. D'encore artisanale et familiale, l'édition est passée à l'âge industriel. Alors que l'influence des médias de masse s'accroît et que de puissants groupes industriels et financiers investissent dans le livre, la profession a dû se tourner plus largement vers le grand public. S'ouvre alors l'âge des fast books et des productions " de consommation ". Que s'est-il passé ? Quelles ont été les tactiques et stratégies des maisons historiques pour s'adapter et s'imposer ? Dans cette chronique détaillée de la vie du livre de 1975 à nos jours, Olivier Bessard-Banquy raconte aussi plus de trente ans d'histoire littéraire et dévoile les secrets de l'édition à l'heure de son nouveau défi : le numérique.

  • Le concile Vatican II n’a pas seulement transfiguré le catholicisme romain : à travers la décision conciliaire Nostra Aetate, il a opéré une révolution complète des rapports entre judaïsme et christianisme, dont on n’a pas encore mesuré aujourd’hui tous les effets. Tournant résolument le dos à un antijudaïsme qu’on aurait pu croire au cœur de la foi chrétienne, Nostra Aetate constituait pour les juifs comme pour les chrétiens une « bonne nouvelle » qui mit du temps à se faire entendre. Ce document ne résolvait pas non plus tous les contentieux, anciens comme modernes. Au cours du demi-siècle suivant, surgirent des tensions, notamment à propos de la position du Saint-Siège vis-à-vis d’Israël, lors de l’affaire du carmel d’Auschwitz et d’autres encore. Mais les choses avancent…
    Jean Dujardin, oratorien, ancien secrétaire du Comité épiscopal français pour les relations avec le judaïsme, vice-président de l’Amitié judéo-chrétienne de France,  fait le point sur ces cinquante ans d’histoire, tant au niveau des autorités religieuses que du point de vue des personnes qui, au sein des communautés, œuvrent au quotidien pour une meilleure compréhension de l’autre.

  • De toutes les religions nées aux États-Unis, le mormonisme, fondé par Joseph Smith en 1830, est une des plus complexes. Cet ouvrage analyse ses spécificités en les plaçant dans leur contexte historique et culturel. Il explique comment Le Livre de Mormon a américanisé le christianisme, comment la théologie et les rituels qui en dérivent ont convaincu des milliers de disciples de venir transformer le désert du Lac Salé en Nouvelle Jérusalem, puis d'internationaliser leur mouvement. Quelles sont les doctrines qui justifient les fameuses recherches généalogiques et autrefois la polygamie ? Pourquoi les mormons s'investissent-ils si intensément dans la transformation économique et politique de la société ? S'appuyant sur des sources premières et sa connaissance du pays mormon, Bernadette Rigal-Cellard nous initie à la plus méconnue des « nouvelles religions ».

  • PLACARDISATION
    n. f. (du lat. placibilitas : clémence et arduus : difficile) :Résultat de la crise d’autoritarisme d’un chefaillon frustré consistant à mettre à l’écart tout salarié qui n’exécute pas béatement ses ordres imbéciles.Après le succès phénoménal d’Absolument dé-bor-dée, ou comment faire les 35 heures… en un mois ! Zoé Shepard retrouve dans cette nouvelle « fiction » sa mairie, dont elle a dénoncé les gabegies. 
    Dévastateur et jubilatoire, le portrait accablant de l’administration française. 

  • Cri du coeur, manifeste, brûlot, signal de détresse, tract de la dernière chance, ce livre est tout cela à la fois mais bien plus encore... Parce que la révolte n'est pas réservée aux indignés, la mythique Natacha Braque part en guerre pour sauver la littérature de Saint-Germain-des-Prés avec pour mot d'ordre : " Libraires, éditeurs, citoyens lecteurs... tous ensemble, tous ensemble ! "

  • Mahomet caricaturé, tombes profanées, Marseillaise sifflée... De quoi la transgression est-elle le nom ? Comment définir cette notion qui envahit l'actualité, mobilise la réflexion des philosophes, des sociologues, des juristes, bouscule nos systèmes de représentations et interroge en profondeur les conditions de notre existence collective ? Voici le premier ouvrage de fond sur un concept d'une richesse extraordinaire pour les sciences humaines. La transgression se réduit-elle à la désobéissance, à la licence, au crime ? Que nous dit-elle de la faute, du désir, du péché, de la règle, de l'ordre et de la raison ? Que révèle-t-elle sur la déviance et sur la norme ? Sur la puissance des tabous et la force du refoulé ? Des pamphlets de l'Ancien Régime aux transgressions de l'art contemporain, de la sexualité au blasphème, de Sade à Freud en passant par Bataille et Caillois, ce parcours ambitieux et pluriel invite à repenser les limites du tolérable et la force des interdits. Avec les contributions de Georges Balandier, Philippe Braud, Emmanuelle Danblon, Jeanne Favret-Saada, Guy Haarscher, Michel Hastings, Nathalie Heinich, Jean-Vincent Holeindre, Loïc Nicolas, Albert Ogien, Ruwen Ogien, Cédric Passard, Christelle Reggiani, Philippe Roussin, Sébastien Schehr, Erwan Sommerer.


  • Circus 2 s'achève sur un salut à Homère, par qui tout commence dans les lettres de ce côté-ci du monde. Le cercle se ferme sur les funérailles d'Hector dompteur de cavales, et cette circonstance textuelle invite à une interrogation ironique : cette grande récapitulation de Circus 1 et 2, est-ce une cérémonie funèbre ? Ce serait mensonge de prétendre que la crainte ne m'en effleure pas. À vrai dire, il me semble qu'il n'y a presque pas un moment de la vie d'un écrivain (sauf lorsqu'il est emporté par le courant d'un livre : là, rien ne l'atteint) où il n'affronte cette angoisse de son effacement. L'aveu de cette faiblesse n'est pas une faiblesse. On travaille sans filet, avec la peur du vide. Les fauves n'ont pas les dents limées, leurs griffes ne sont pas coupées. C'est ce qui rend la chose excitante. On est sans cesse menacé d'être envoyé au définitif pilon. Pas de quoi pleurnicher. Il y a des vies plus dangereuses, tout de même.
    Pas plus mort qu'avant, donc. Mais alors, prenant la pose ? Oh non. Circus n'est pas non plus un monument, si c'était le cas il s'appellerait autrement. Ce n'est pas la vanité qui le soutient, mais plus banalement le souhait de dresser la carte d'un très long chemin parcouru, souvent en zigzags et à l'aveuglette. Désir de se retrouver, peut-être même de se rassurer, sentiment qui n'a rien de grandiose, je le reconnais, mais qui (qu'on me croie ou non) témoignerait plutôt d'une inquiétude que d'une infatuation.
    Voilà, on démonte ici le chapiteau, mais la tournée continue, on espère le remonter ailleurs, avec de nouveaux numéros.
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  • La société israélienne est dans l'impasse. Non pas à cause du conflit israélo-palestinien ni d'une crispation identitaire, mais en raison de lignes de rupture plus profondes, que cet essai restitue finement dans le cadre de l'évolution du judaïsme contemporain.
    La tension entre le " philistinisme ", consumérisme effréné dénué de véritable spiritualité, insensible à tout souci de vie en commun, et un judaïsme à la fois théocratique et messianiste, est à l'origine d'une dynamique délétère dont l'issue pourrait s'avérer fatale à l'État hébreu. La " disparition d'Israël " ne couve pas tant sous les menaces arabes ou iraniennes d'extermination que sous le désenchantement que réserve le renoncement à une société nouvelle, basée à la fois sur la tradition religieuse et sur une éthique juive dont on ne saurait renier la vocation socialiste. Ce renoncement anime la colère d'Ami Bouganim qui considère que, si elle veut sortir de l'impasse, la société israélienne doit revoir les dogmes fondamentaux sur laquelle elle s'est fondée, modifier ses relations avec la diaspora et, plus important pour la situation théologico-politique mondiale, avec ses voisins.
    Ami Bouganim est né en 1951 à Essaouira (Mogador), au Maroc. En 1970, il immigre en Israël où il enseigne la philosophie et l'éducation. Écrivain et philosophe, il a publié une trentaine d'ouvrages dont Walter Benjamin, le rêve de vivre (Albin Michel, 2007), Tel-Aviv sans répit (Autrement, 2009), Le Rire de Dieu-Perles du Talmud (Seuil, 2010), L'Arbre à vœux (Avant-Propos, 2011).

  • Ce récit unique, œuvre d'un intellectuel chinois, est le premier compte-rendu historique complet de la Grande Famine provoquée par le régime communiste en Chine entre 1958 et 1961. Fruit d'une douzaine d'années de recherches sur le terrain, appuyé sur des milliers de pages de sources locales et de nombreux témoignages de première main, Stèles constitue un document exceptionnel.
    A la fin des années 1950, Mao Zedong lança le " Grand Bond en avant " dans le but d'accélérer la transition vers le communisme. Cela provoqua un gigantesque désastre économique dans les campagnes chinoises. La folie de la collectivisation à outrance détruit toute la société rurale, jusqu'à la famille. Pour nourrir les villes, on en est réduit à affamer les paysans. La ferveur révolutionnaire des cadres locaux se mêle à la terreur qu'inspire la hiérarchie et aggrave la situation ; la transmission de fausses informations (exagération des récoltes, occultation des morts de faim) donne lieu à des instructions insensées (achat forcé de quantités basées sur les résultats exagérés) auxquelles l'administration n'ose s'opposer. Dès la fin 1958 s'abat l'horreur : des villages entiers sont effacés par la famine, les cas de cannibalisme se multiplient, les survivants perdent la raison ; en sus des morts de faim, beaucoup sont battus à mort, ou poussés au suicide, des milliers d'enfants sont abandonnés...
    " Ce livre est une stèle pour mon père, mort de faim en 1959, une stèle pour les 36 millions de Chinois victimes de la famine, une stèle pour le système responsable du désastre ". Récit de l'intérieur, il aurait pu être aussi celle de l'auteur, puisque Stèles n'est pas publié en Chine.
    YANG Jisheng, né en 1940, deplômé de l'université de Qinghua en 1966, a fait toute sa carrière de journaliste à l'agence officielle Chine Nouvelle. Il est rédacteur en chef adjoint du très sérieux Yanhuang Chunqiu (Annales chinoises).
    Traduit du chinois par Louis Vincenolles et Sylvie Gentil.


  • D'Hugues Capet à Philippe Auguste, les premiers monarques capétiens jetèrent les bases d'un gouvernement monarchique absolu qui allait durer jusqu'à la Révolution française. Si, après l'élection d'Hugues Capet, en 987, la dynastie s'enlise au milieu des châteaux et des guerres de voisinage, au tournant de l'an 1100, les monarques capétiens entreprennent d'exploiter, accélérer ou simplement accompagner les profonds bouleversements qui agitent la société féodale pour donner naissance à un mode de gouvernement inédit jusque-là.
    En effet, les mutations sociales qui s'amorcent au début du deuxième millénaire sont riches de potentialités dans tous les domaines : socio-économique, culturel, religieux. Dominique Barthélemy choisit donc d'allier dans son propos une étude de cette société qui se transforme à une exploration du processus monarchique pour mieux mettre en lumière l'avènement de cette hégémonie inédite qui sera définitivement en place avec le règne de Philippe Auguste.
    En s'appuyant sur les chroniques de l'époque et et sur les récentes découvertes de l'anthropologie sociale, il met au jour le fonctionnement d'un système de canalisation des conflits et dévoile le caractère structurel et dynamique du système féodal pour donner un nouveau sens à la fameuse " mutation " de l'an 1100, si décisive dans l'établissement de la monarchie française et de la transformation de la France en nation.

  • Longtemps considérés comme privilégiés dans l'entreprise, les cadres subissent désormais le lot commun des salariés soumis aux méthodes de management moderne des grandes organisations. Ils n'échappent plus aux conditions ordinaires qui engendrent la souffrance au travail. Leur mal-être est pourtant singulier, car ils se retrouvent victimes d'un management dont ils ont eux-mêmes été les instruments zélés.
    L'auteur analyse ce mal-être spécifique en s'appuyant sur de nombreuses interventions dans des grandes organisations privées et publiques. Il ne se focalise pas sur des souffrances déjà bien documentées, mais plutôt sur le piège systémique qui enferme des organisations trop complexes dans des pratiques absurdes et non viables. Il s'attache aussi aux styles de pensée " rationnels " et " modernes " qui sous-tendent à la fois les valeurs progressistes contemporaines et l'extension mondiale d'une lutte économique incessante.
    Ainsi, presque inconsciemment, le cadre est pris dans un système contradictoire auquel il adhère mais dont il subit au quotidien les effets violents, inacceptables ou ubuesques. Tel l'animal piégé dont les mouvements resserrent le lacet qui l'étrangle, le cadre est à la fois victime et responsable de ce système. Pour défaire le piège, au-delà d'une nécessaire remise en cause du fonctionnement des économies modernes, c'est aussi de l'intérieur du système, à partir de collectifs de travail restaurés que les acteurs concernés peuvent penser à nouveau leur émancipation.

  • Yosef Hayim Yerushalmi fut l’un des plus grands historiens du judaïsme.
    Cette série d’entretiens, menés peu avant sa mort, en 2009, par Sylvie Anne Goldberg rassemblent un matériau exceptionnel sur son itinéraire personnel et intellectuel. Véritable réflexion sur la rupture et la transmission, trame de l’histoire et de l’être juif dans le monde d’aujourd’hui, ce témoignage atteste également l’étonnante percée des problématiques de l’histoire juive dans l’histoire « générale », opérée par son intermédiaire. L’accueil réservé en France, en Italie et en Allemagne à l’auteur de Zakhor. Histoire juive et mémoire juive, les débats engagés à la suite de son Moïse de Freud, les évocations émues des plus grandes figures de l’histoire juive, d’Isadore Twerski, Salo W. Baron et Gershom Scholem, dont il fut l’étudiant, le collègue et l’ami, sont autant d’évocations éclairantes de la vie de Yosef Hayim Yerushalmi.
    Accompagné d’un texte inédit en français, Clio et les Juifs, ce livre est également un document pour l’histoire de demain.

  • « Je venais d’être pris en otage et j’avais conscience que le voyage serait long et terrible.
    Mais je ne pouvais pas deviner à quel point mon histoire, notre histoire, allait devenir une affaire d’État, un État qui désinforme l’opinion et ajoute l’opprobre à la douleur des familles.
    À mon retour, la question de la médiatisation m’a fait réfléchir. Parler ou ne pas parler ? 
    J’ai pensé à tous ceux qui s’étaient mobilisés pour moi tout en répétant chaque jour : “Libérez-les ! ” »
    H.GHervé Ghesquière, grand reporter à France 3, a été enlevé en Afghanistan en décembre 2009 par les talibans avec le journaliste caméraman Stéphane Taponier. Il a mené une véritable contre-enquête sur cette épreuve qui a duré dix-huit mois, ce qui lui a permis de reconstituer les circonstances de sa libération. Au fil de ses entretiens avec ceux qui l’ont mis en cause, de Claude Guéant au général Georgelin, chef d’état-major des armées, en passant par le président de la République, il révèle la vérité et les enjeux d’une captivité gênante, celle que les médias et la diplomatie ont longtemps tenue secrète.

  • C’est l’histoire mouvementée d’un empire familial et d’une grande ambition. D’une défaite et d’une renaissance. 
    Depuis sa fondation deux siècles plus tôt, la banque Rothschild a su s’implanter dans le milieu des affaires, aussi policé en apparence que féroce en réalité.  
    Aujourd’hui, son autorité est invisible, mais incontestée, à droite comme à gauche, de l’UMP à l’Elysée. Ses alliés nombreux. Ses secrets aussi. 
    C’est ce que nous révèle la journaliste Martine Orange, auteur de Ces Messieurs de Lazard, dans cette enquête passionnante. 
    De la nationalisation de la banque en 1981 à sa résurrection trente ans plus tard sous la houlette de David de Rothschild, elle retrace l’histoire d’une maison qui prétend pratiquer un capitalisme plus civilisé que sauvage. Au-delà, l’auteur révèle, à travers de nombreuses scènes inédites, en quoi les intérêts de la classe politique et ceux des milieux d’affaires sont de plus en plus liés.
    Un document aussi informé qu’iconoclaste.

  • Bertha Pappenheim Ernst Fleischl von Marxow Mathilde Schleicher Fanny Moser Anna von Lieben Pauline Silberstein Elise Gomperz Adele Jeiteles Ilona Weiss Aurelia Kronich Emma Eckstein Olga Hönig Baronne Marie von Ferstel Margit Kremzir Ida Bauer Anna von Vest Bruno Walter Herbert Graf Ernst Lanzer Elfriede Hirschfeld Albert Hirst Baron Viktor von Dirsztay Sergius Pankejeff Bruno Veneziani Elma Pálos Loe Kann Karl Mayreder Margarethe Csonka Anna Freud Horace Frink Carl Liebman

  • Les États se livrent une guerre économique aussi discrète qu'implacable. En temps de crise mondiale, il y va de leur survie.
    La guerre s'étend dans le dédale des couloirs de l'Union européenne, de l'OMC, ou des institutions financières internationales. Elle s'invite dans les programmes secrets des laboratoires universitaires et des agences gouvernementales engagés dans des recherches stratégiques liées aux nanotechnologies, à la biométrie ou à la robotique.
    Les soldats eux-mêmes sont le plus souvent indécelables. Agents secrets ou personnels de puissants et opaques réseaux d'influence, ils opèrent sous le couvert de grands groupes industriels, de cabinets d'enquête et de sociétés militaires privés. Ils se camouflent dans des centres de recherche et des fondations, infiltrent des ONG, n'hésitent pas à instrumentaliser ces modernes chevaux de Troie que sont les fonds d'investissement. À leur disposition, ils ont tous les moyens de l'intelligence économique : recherche, technologie, argent...
    Frédéric Charpier a exploré les zones d'ombre, interrogé les acteurs et fouillé des milliers de documents. Des États-Unis à la Chine en passant par l'Irak, la Mauritanie ou Israël, il raconte les batailles, dévoile les coups tordus et les stratégies, s'interrogeant, enfin, sur la position de la France sur ce théâtre d'opération.
    Frédéric Charpier, journaliste d'investigation, est l'auteur de nombreux ouvrages. Il a publié au Seuil Génération Occident (2005), La CIA en France (2008) et Une Histoire de fous. Le roman noir de l'affaire Clearstream (2009).

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