Arts et spectacles

  • Ce livre est un bijou d'intelligence et de subtile écoute de Mozart. Une invitation à sortir des sentiers battus et à laisser de côté les poncifs officiels pour, enfin, entrer dans la célébration du silence, jamais égalée, à laquelle nous convie l'oeuvre du compositeur.Dès la publication en 1960 de son premier livre, La philosophie tragique, Clément Rosset ne cessa plus d'écrire. Non seulement des livres de philosophie, mais aussi des récits, des pièces de théâtre, des essais sur ses artistes de prédilection. Parmi ces derniers, Mozart et le silence, devant être suivi de Note sur Jacques Offenbach, écrits en 1967 et 1970 respectivement, d'après la bibliographie que Clément Rosset établit lui-même vers 1970, préservée à la Bibliothèque Nationale.
    Partant essentiellement de l'opéra chez Mozart -; son genre préféré, crucial à sa compréhension -;, Clément Rosset démontre, à rebours des thèses musicologiques en vigueur, l'indifférence du génie autrichien à l'égard de la psychologie de ses livrets.
    À contre-sens des clichés en vigueur qui accordent un sens ou une intention aux airs sublimes de Don Giovanni, de Cosi fan Tutte ou des Noces de Figaro, l'auteur oppose une musique pure, finalement proche du silence et débarrassée de tout prétexte ou de toute arrière-pensée.
    À son retour du Canada, où l'essai sur Mozart fut rédigé, Rosset le propose à un éditeur qui le refuse, ainsi que d'autres manuscrits. Le texte reste alors inédit pendant une vingtaine d'années.
    Dans une série d'entretiens biographiques, Rosset raconte à ce sujet qu'au moment où il s'apprêtait à les mettre à la poubelle, il offrit quelques-uns de ces manuscrits à son ami Didier Raymond, estimant que ce dernier parviendrait probablement, de par son " entregent ", à les faire publier -; ce qui fut le cas du Mozart, qui voit le jour chez Mercure de France en 1990 sous le titre de : Mozart. Une folie de l'allégresse, signé donc Didier Raymond. Discrète et ironique vengeance : c'était l'éditeur qui avait refusé le texte quelque temps auparavant.
    Ce même livre fut réédité chez Le Passeur en 2013 sous le titre Le cas Mozart. Il est aujourd'hui présenté au public sous son titre original, rendant justice à son auteur à titre posthume.

  • Brahms ecclésiaste

    André Tubeuf

    L'un des plus grands penseurs de la musique nous invite à une lumineuse méditation sur l'oeuvre de Brahms." Tout ce qu'il a ressenti, tout ce qu'il a accompli, il l'a fait pour la part de nous-mêmes qui reste intemporelle, et aussi attenante au surnaturel. [...] Si on vous demande vers où un soir tardif d'automne cet homme-là nous a quittés, il faudra répondre : Abseits, à l'écart. Non pas de l'autre côté. Ici même mais à part. Mais il a vu l'autre côté. Sa musique pleinement le fait là, amical, hospitalier, ouvrant ses grands bras pour que nous nous y jetions, enfants que nous sommes, et ne cesserons pas d'être, toujours affamés et de pain et de chant. "
    Ce livre n'est pas un livre ordinaire sur l'oeuvre et la vie de l'un des plus grands compositeurs de tous les temps. Il est aussi, et avant tout, le fruit d'une longue et intense méditation à partir de deux pages essentielles écrites d'après les Écritures saintes, qui se répondent à presque trente années de distance : le Requiem et les Quatre chants sérieux, composés un an avant la mort de Brahms.
    Pages de deuil, mais aussi de salut, elle se donnent la main par-delà le temps, dégageant une autre image de Brahms, très personnelle, intime et proche de nous, où l'enfance et la mort correspondent, au-delà de toute " vanité "...

  • Cent ans -; un siècle de théâtre, de cinéma et d'amour ! La doyenne des comédiens français livre son abécédaire intime, celui d'une femme et d'une artiste d'exception, à l'incroyable joie de vivre. Un livre qui rend heureux.
    " Quand je serai grande, je serai comédienne et j'aurai des enfants ", déclare Gisèle Casadesus dès son plus jeune âge. Ses proches s'attendrissent, sans se douter qu'elle transformera ses rêves en une vie de rêve.
    Née en 1914 dans une famille de musiciens, Gisèle Casadesus a mené une magnifique carrière à la Comédie-Française, au cinéma et à la télévision, tout en élevant ses quatre enfants avec Lucien, l'amour de sa vie.
    " Mademoiselle " est aujourd'hui devenue une belle arrière-arrière-grand-mère, pétillante et joyeuse, qui joue encore volontiers pour le cinéma.
    Revisitant les événements d'un siècle, des deux guerres mondiales aux nombreux bouleversements de société, cet abécédaire personnel raconte la comédie humaine et les coulisses de la scène, comme le destin d'une grande famille d'artistes. Sans jamais se départir d'un humour subtil, Gisèle Casadesus y dévoile son amour de la vie et de la famille, sa foi profonde et sa curiosité insatiable du monde.
    Lire Gisèle Casadesus, c'est partager la chaleur d'un thé chez elle, se laisser bercer par sa douceur naturelle et goûter à une joie de vivre communicative. Voici un livre qui rend heureux !

  • L'un des plus grands penseurs français sur la musique nous invite à redécouvrir Bach, authentique témoin de l'optimisme des Lumières, plus que jamais salutaire en ces temps incertains. Tout a été dit sur Bach, sa vie, son oeuvre, mais pas assez ce qui fait aujourd'hui son urgence. Au jour où l'esprit et l'art sont déboussolés, où règnent l'incommunication, l'exclusion, le malentendu, seul Bach sait encore rassembler et réconcilier. Sa musique manifeste un ordre et un sens auxquels tous peuvent consentir. Elle nous recentre. Elle nous fait citoyens du meilleur des mondes. Il faut découvrir ce Bach salutaire, en qui continue de rayonner l'authentique optimisme des Lumières.
    Explorant l'oeuvre du compositeur, cet essai montre à quel point ne font qu'un le Bach esprit souverain, qui conçoit et combine, et le Bach serviteur, sans cesse appliqué à faire de la musique le pain quotidien de tous.
    Un essai magistral sur ce créateur universel par le plus grand penseur français d'aujourd'hui sur la musique.


  • L'auteur nous invite à réentendre Chopin hors des clichés répandus, à partir de sa musique seule, encore insuffisamment comprise dans sa singularité et ses audaces.

    " Chez Chopin, seule la musique répond à la musique. Son oeuvre, à proprement parler, ne figure rien. Ni l'amour, ni la nature, ni l'humanité. Seul le vase clos et infini de la musique. "
    La vie et l'oeuvre de Chopin sont indépendantes ; le lecteur les suit donc en parallèle, comme le musicien, ce grand classique égaré dans les gouffres tapageurs du romantisme, le fait lui-même à travers ses pages si révolutionnaires et pures à la fois. Car l'oeuvre de Chopin se dérobe, par sa nature même, aux circonstances qui la voient naître. Elle s'affirme ainsi comme l'expression la plus affirmée de la solitude absolue du créateur.
    Elle révèle la dualité de son être comme de son expression - de son génie même : français et polonais, classique et romantique, révolutionnaire et conservateur, anti-littéraire mais doté d'une plume incisive, emporté et réservé, abattu et exalté, morbide et empli d'humour badin, mondain et secret... Toute sa vie, le musicien restera un exilé du monde.
    Chaque chapitre du livre s'appuie sur les oeuvres les plus importantes de Chopin, liées aux périodes essentielles de son existence, de la Pologne à Nohant, en passant par Majorque et Paris, comme autant de cheminements significatifs de son évolution.

  • Le destin bouleversant d'un artiste brisé par le maccarthysme et le vent de folie anticommuniste de l'après-guerre et des années 50 aux États-Unis.New York, automne 1945. Le jeune artiste juif Nathan Polonsky rentre au pays, après trois années sur le front européen. Peintre socio-réaliste, inspiré par les grandes luttes sociales de son époque, il a connu ses premiers succès pendant la Dépression, grâce aux programmes artistiques initiés par le président Roosevelt. La guerre est donc venue l'interrompre dans sa lancée. Cette parenthèse refermée, il est persuadé qu'il va pouvoir se remettre au travail, rattraper le temps perdu. Il renoue rapidement avec le succès artistique, rencontre l'amour, et obtient un poste d'enseignant en art.
    Le bonheur n'est que de courtes durées car sa femme le quitte et l'hystérie anticommuniste s'empare du pays. La suspicion s'insinue partout dans les milieux politiques, à Hollywood, dans les universités, mais aussi sur la scène et les marchés de l'art. Nathan est assigné à comparaître devant la Commission des activités antiaméricaines. Humilié, mis sur le banc des accusés tel un vulgaire criminel, sa colère et sa combativité au cours de l'enquête lui vaudront l'emprisonnement pour outrage au Congrès.
    À sa sortie de prison, les portes du monde de l'art restent toutes fermées et il s'expatrie clandestinement à Paris où il tentera de survivre et de comprendre les folles dérives de cette Amérique gagnée par la " rage ".

  • Un homme sans identité

    Charles Berling


    Comédien inclassable, Charles Berling se raconte de manière authentique et sincère et partage la boussole qui guide sa vie : la liberté.

    Charles Berling a de multiples vies : homme de théâtre, de cinéma, metteur en scène puis directeur du théâtre Liberté de Toulon, mais aussi chanteur. Autant de voies que ce fils de marin, destiné à une existence plus normée, s'est offert.
    Dans ce livre, il raconte pour la première fois son enfance passée entre Tahiti, Brest, Paris ou Toulon, ses rencontres artistiques, ses choix de vies et son principal moteur : la farouche recherche de la liberté.
    Sa sensibilité, sa quête de sens et de sensualité le poussent à explorer bien des possibilités que peut offrir une existence : la célébrité, la solitude d'un voyage en voilier, la passion des femmes, l'amour des hommes, la possession de la scène, le rapport à la nature, mais aussi la paternité et le deuil.
    Tour à tour solaire et ombrageux, solitaire et sollicité, libéré et fidèle, provincial et parisien, bourgeois et populaire, Charles Berling est un être traversé de flux contradictoires, façonné comme un puzzle de mots, d'émotions et de sensations, mais dont l'ensemble s'harmonise peu à peu, à l'aube de ses 60 ans. Authentique et sincère, il partage dans ce livre ses fulgurances et pages de vie, celles d'un artiste par excellence.


  • Figure emblématique de la pop-louange, Grégory Turpin évoque avec tendresse et sincérité son parcours tumultueux, de la rue aux lumières du star-system, et ses convictions. Un appel à aller vers l'autre avec bienveillance.

    Dès son adolescence, Grégory Turpin baigne dans la musique et dans la foi chrétienne. Il envisage même une vocation religieuse mais son projet sera entravé par des soucis de santé.
    Habité par la musique et la chanson, il commence à se produire dans des bars à Toulouse et plonge dans les affres de l'alcool, du sexe et des drogues dures. Après trois tentatives de suicide et un passage en hôpital psychiatrique, il décide de changer de vie et revient à la figure du Christ.
    Depuis 2005, Grégory Turpin se consacre, avec succès, à la musique. Chacun de ses albums connait un retentissement considérable et sa comédie musicale autour des poèmes de Thérèse de Lisieux est couronnée par un disque de platine. Signé par le label Universal, il se produit à l'Olympia en 2015, ce qui n'était pas arrivé à un artiste chrétien depuis 50 ans.
    Il se livre comme jamais auparavant et évoque avec lucidité ses lumières et ses ombres. Il expose de manière sincère ses convictions profondes, les valeurs qui guident son existence. Dans ce témoignage rare transparaît l'élan de vie intense qui l'anime et la certitude que le seul chemin qu'il veut suivre est celui de la bienveillance.


  • Roberto Alagna, le célèbre ténor français, se dévoile comme jamais auparavant et livre ce qui l'anime, les valeurs auxquelles il croit et ce qui donne du sens à son existence.

    En confiance avec Alain Duault, son ami depuis plus d'un quart de siècle, Roberto Alagna se livre comme jamais dans cet ouvrage, ouvrant les tiroirs de sa mémoire et commentant les choix de sa vie, les exigences de son art, en se mettant à nu sans peurs.
    Le célèbre ténor évoque l'enfance bien sûr mais aussi l'amour, la discipline qu'implique le métier de chanteur, la famille, les tentations de tout arrêter, la passion du public, l'argent, l'élégance, la chasse, la guerre, la folie, la politique et les politiques, la presse, le désir, la création, la peinture, l'envie d'autre chose, le désir de Bayreuth, la peur, la mort, la beauté, la foi, le doute, les autres artistes, les trahisons, les haines, les couleurs, les plaisirs de la vie, le vin, la mer, les villes, la campagne, la liberté...
    C'est une intimité souvent émouvante, parfois surprenante, toujours attachante que révèle ce livre unique, une sorte de photographie intérieure d'un artiste dont la voix déploie tant de couleurs.


  • La Callas fait à nouveau entendre sa voix et raconte son destin bouleversant sous la plume d'Alain Duault, merveilleux spécialiste de l'opéra et de l'art lyrique en France.

    1er septembre 1977, Maria Callas est chez elle, dans son grand appartement parisien de l'avenue George-Mandel, seule. Rideaux tirés, elle regarde les photos de ses rôles, réécoute ses disques, se souvient.
    On a dit que le grand air de Tosca, Vissi d'arte, vissi d'amore (" J'ai vécu d'art, j'ai vécu d'amour "), résumait toute sa vie : elle a vécu d'art, c'est sûr, mais d'amour ? Le 16 septembre au matin, elle cesse de vivre.
    Dans ce récit, Alain Duault se glisse dans la peau de la diva tourmentée et explore son existence fascinante aux facettes multiples, souvent flamboyantes, parfois douloureuses. Des vivas sur les plus grandes scènes d'opéra du monde aux turpitudes de sa vie amoureuse, Maria Callas
    dévoile une partie de ses mystères. Une autobiographie (imaginaire) en forme de testament.


  • Ce récit sincère et authentique livré par le pianiste prodige Evgeny Kissin, nous dévoile pour la première fois l'intimité d'un parcours exceptionnel.

    La trajectoire du grand musicien Evgeny Kissin est fulgurante. Né à Moscou en 1971, il révèle ses talents de pianiste de manière fulgurante et donne son premier récital à 11 ans. Il ne cessera ensuite d'enchaîner les concerts et deviendra rapidement l'un des plus talentueux pianistes de son temps.
    Il retrace dans ce livre, avec sincérité et enthousiasme, son itinéraire passionnant. Il raconte ainsi la Russie de son enfance, sa découverte du piano et de Bach, ses débuts en public, les musiciens prestigieux avec lesquels il a travaillé, les rencontres étonnantes qui ont ponctué son existence ainsi que ses réflexions sur son identité yiddish.
    Un texte d'une rare vitalité, d'un grand musicien conscient de sa chance, mais qui conserve une fraîcheur et une énergie de vie communicative partageant ainsi la passion qui l'anime bien au-delà du cercle des mélomanes.

  • Ce livre est un bijou d'intelligence et de subtile écoute de Mozart. Une invitation à sortir des sentiers battus et à laisser de côté les poncifs officiels pour, enfin, entrer dans la célébration du silence, jamais égalée, à laquelle nous convie l'oeuvre du compositeur.
    Ce court essai, à l'écriture ciselée, propose une vision décalée et impertinente du plus mythique des compositeurs.
    Partant essentiellement de l'opéra chez Mozart -; son genre préféré, crucial à sa compréhension -;, Didier Raymond démontre, à rebours des thèses musicologiques en vigueur, l'indifférence du génie autrichien à l'égard de la psychologie de ses livrets.
    À contre-sens des clichés en vigueur qui accordent un sens ou une intention aux airs sublimes de Don Giovanni, de Cosi fan Tutte ou des Noces de Figaro, l'auteur oppose une musique pure, finalement proche du silence et débarrassée de tout prétexte ou de toute arrière-pensée.
    Du coup, rejoignant la conception nietzschéenne du monde -; Le Cas Mozart est un clin d'oeil au Cas Wagner de Nietzsche -;, Wolfgang Amadeus Mozart s'affirme, selon Didier Raymond, comme le compositeur d'une musique " folle ", celle de l'allégresse inconditionnelle face à la tragédiede l'existence.

  • La révolution numérique en cours va transformer le monde plus fortement que ne l'a fait la révolution industrielle. Le Digital Champion français invite avec ardeur à relever le défi.
    Est-on à la veille de l'Apocalypse ? Notre monde court-il à la catastrophe, comme le pensent plusieurs prospectivistes ? L'innovation est-elle en panne au point que nous ne puissions trouver les solutions pour nous extraire de la crise financière qui semble interminable ? L'Histoire nous enseigne pourtant que les périodes de crises ont souvent précédé les ères de forte croissance économique et de progrès social. C'est la thèse de ce livre.
    Tout en étant au paroxysme d'une crise telle que le monde occidental et la France n'en ont pas connu depuis la Seconde Guerre mondiale, notre civilisation se trouve à l'aube d'une révolution de l'innovation d'une ampleur unique, qui restera dans l'Histoire comme un changement de paradigme majeur pour l'humanité. L'avènement d'une économie de la connaissance, qui est aussi une économie du numérique, va bouleverser plus profondément et durablement la société que ne l'ont fait la révolution néolithique ou les deux révolutions industrielles.
    Au travers de son expérience d'entrepreneur, puis de président du Conseil national du numérique (CNN) et enfin de Digital Champion, Gilles Babinet a identifié cinq domaines, intrinsèquement liés au numérique, dont l'évolution en cours va changer le monde : connaissance, éducation, santé, production et État. Pour chacun, il en explique avec clarté les enjeux et en précise les contours.

  • Dans Voyages immobiles, Daniel Soutif délaisse le discours critique traditionnel pour emprunter un chemin de traverse : celui de la fiction. Destinés à accompagner, au titre du catalogue, des expositions personnelles - Alain Fleischer, François Morellet, Christian Boltanski - ou collectives - Dispositif fiction, Simplon Express, l'Exotisme au quotidien -, les petits textes réunis dans ce livre mêlent délibérément le réel et l'imaginaire. L'art contemporain devient ainsi l'occasion de troublantes incursions dans divers petits mondes possibles suscités avant tout par le plaisir d'écrire.

  • Subtil connaisseur du plus grand pianiste de tous les temps, Philippe André montre comment Liszt et la musique nous conduisent aux racines les plus profondes de notre âme.
    Au cours des cinq dernières années de sa vie, Franz Liszt écrit une poignée d'oeuvres pour piano énigmatiques qui ne cessent, aujourd'hui encore, de dérouter auditeurs et interprètes. Elles ont pour nom Nuages gris, Wiegenlied (Le chant du berceau), Unstern ! (Étoile maudite), La Lugubre Gondola, Schlaflos ! (Sans sommeil)... Brèves, à la limite du fragment, d'une écriture ascétique, creusées de silences, traversées de figures imprévisibles et d'images de rêves, ces pièces mystérieusement prophétiques provoquent à l'écoute un sentiment d'inquiétante étrangeté, rompant totalement avec l'éclat et la brillance des oeuvres précédentes du " roi des pianistes ".
    Philippe André, d'une écriture précise et poétique, revient sur le crépuscule étonnant de ce génie complexe et paradoxal, évoluant d'une gloire sans pareille -; véritable star de la musique avant l'heure -; au renoncement religieux le plus strict.
    Il décrit le parcours de ce dernier pèlerinage de l'abbé Liszt, oeuvre après oeuvre, en neuf stations, associant l'analyse musicale aux éléments biographiques, à la frontière parfois de la psychanalyse, nous confrontant aux racines oubliées de la musique.

  • Toute sa vie, Franz Liszt s'est adonné à sa passion pour les aphorismes, pensées, maximes, ici réunis pour la première fois en un seul volume.
    Franz Liszt (1811-1886) ne fut pas seulement l'immense pianiste et compositeur que l'on sait. Il fut aussi un écrivain prolifique, amoureux la langue française qu'il mania avec une grande finesse. Cet humaniste romantique, curieux de tout, voyageur infatigable et ouvert sur le monde, cultivait l'esprit français et admirait les moralistes, de Chamfort à La Rochefoucauld en passant par Voltaire et Victor Hugo. Ami de la sagesse, il a parsemé ses écrits publics et sa correspondance de réflexions et de maximes.
    Ce livre rassemble pour la première fois ses pensées détachées, aphorismes et réflexions diverses. En véritable moraliste romantique, Liszt aborde des thèmes aussi divers que l'art, la création, la sagesse, la morale, le stoïcisme, l'amour, la foi, le christianisme, la religion en général, mais il porte également des jugements sur ses contemporains et des grandes figures de l'histoire et de l'art... Ces pensées intempestives, cueillies dans son oeuvre littéraire publiée et inédite, montrent Liszt en esprit universel : un grand européen de langue française en qui Baudelaire voyait un sage, un philosophe et un poète.

  • Cet essai décapant révèle un Wagner inattendu, qui détourne à son profit la conception chrétienne du Salut, opposée à ses valeurs. Un secret refus qu'Alain Galliari cherche à percer.
    Richard Wagner se voulait poète autant que musicien. Il écrivit lui-même les livrets de ses opéras, qu'il revendiquait au même titre que la musique. C'est à eux qu'Alain Galliari s'attache ici, selon une optique généralement négligée bien qu'elle soit centrale dans l'univers wagnérien :
    la quête du Salut. Du Hollandais volant (1841) à Parsifal (1879), les héros wagnériens sont tous habités par la promesse de relèvement qui est au coeur de la Révélation chrétienne, par ce combat intérieur cherchant la voie qui tourne le dos au Mal et marche vers le Bien. C'est pourtant le chemin inverse que son oeuvre ne cesse de pratiquer, en vertu d'un secret refus qu'Alain Galliari tente d'approcher.
    Suivre les héros wagnériens dans leur quête obscurcie du Salut revient ainsi à observer l'oeuvre subtile du Mal : égarer les coeurs qui cherchent Dieu, afin de les détourner du chemin qui les ramène à Lui ; les amener à préférer être comme des dieux plutôt qu'à l'image de Dieu.

  • Pendant 20 ans, Pierre-Anthony Allard fut le directeur artistique du légendaire studio Harcourt. Convoquant ses souvenirs, il raconte avec truculence les histoires émouvantes, drôles ou extravagantes des anonymes et célébrités rencontrées. Un miroir de la comédie humaine.
    Pierre-Anthony Allard se rêvait réalisateur. Au milieu des années 80, il force le destin en entrant dans un studio de photographie légendaire où, depuis 1934, se bousculent les célébrités : Harcourt. Pour le jeune homme, amoureux de la lumière d'antan d'un cinéma disparu, c'est l'opportunité de devenir photographe, ou plus exactement portraitiste. Désireux de renouer avec le passé prestigieux du studio, il étudie des centaines de négatifs, théâtralise la séance de photo et sublime le sujet photographié.
    Son oeil pour peindre avec la lumière et sa palette de clairs-obscurs n'éclaireront pas que la beauté des stars. Des clients anonymes -; voire des animaux ou des objets -; bénéficieront de la même attention, de la même grâce : celle qui permet de révéler une parcelle de notre âme.
    Des anecdotes cocasses, graves ou insolites émaillent les souvenirs de Pierre-Anthony Allard. Néanmoins, résumer sa vie à une série de petites histoires serait négliger sa passion extraordinaire pour la lumière, son travail constant pour saisir l'instant qui, même figé sur du papier, parle de vie, de désir, de lutte pour se dépasser. Il se construit son Cinéma Paradiso...

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