Le Cherche-Midi


  • Leonard Cohen aura 80 ans le 21 septembre 2014.

    " Le monde entier célébrait la destruction du mur de Berlin, moi aussi ; mais j'ai entraperçu aussi ce qui en résultait, un changement de pouvoir, une désintégration de l'ordre qui entraînerait des meurtres, et des meurtres à grande échelle. " Leonard Cohen n'est pas seulement un immense artiste, il est aussi une conscience universelle. Lucide et désabusé, angoissé mais généreux, il prône en dépit de tout " la fraternité humaine " et appelle chacun à apprendre à " vivre avec le coeur brisé ".
    Jean-Dominique Brierre et Jacques Vassal, qui ont souvent rencontré Leonard Cohen, y sont allés voir de plus près : explorant son oeuvre entière - ses chansons, ses poèmes, ses romans - et relevant ses propos publics, ils mettent en lumière une personnalité complexe, faite de manques et de désirs, de pertes irrémédiables et d'élans lumineux, de replis sur soi et de déclarations d'amour.
    De l'enfant blessé par la mort de son père au " vieux sage " empathique, toutes les facettes de l'auteur de Suzanne et de The Future se succèdent : le poète, le chanteur, le musicien, le juif, le voyageur, l'amant, le père, le moine, le prophète, etc. Et, à chaque étape, c'est Cohen lui-même qui précise son autoportrait.
    C'est sa voix qu'on entend tout au long de l'ouvrage. Une voix, comme il le chante dans First We Take Manhattan, " guidée par un signal dans les cieux ".

  • Francis Cabrel sort un nouveau disque de reprise de Bob Dylan pour novembre 2012. Francis Cabrel fera les principaux médias (Canal+, Le Grand Journal, Invité spécial chez Drucker, Journal Télévisé de 20h) pour son livre et son disque.
    Francis Cabrel vend 1 million d'albums à sa sortie (son dernier album date de 2009).
    Le livre sera accompagné d'un CD exceptionnel de 3 reprises acoustiques(Dylan et Brassens), enregistrées spécialement pour l'occasion.
    " Je fais un travail d'artisan. J'en aime le côté replié sur soi, solitaire, attentif, très concentré. " Excepté sur une scène, Francis Cabrel n'aime guère se retrouver en pleine lumière.
    Cabrel par Cabrel
    constitue une exception. Car l'auteur-compositeur-interprète de Je l'aime à mourir, de Saïd et Mohamed, de La Dame de Haute-Savoie et de dizaines d'autres succès s'y livre sans détours.
    Il se raconte en toute franchise : ses origines familiales, son enfance et son adolescence, les chanteurs et les musiciens qui l'ont marqué, sa façon d'écrire et de composer, son rapport à la citoyenneté et à l'argent, ses agacements et ses enthousiasmes, ses sports préférés...
    Sous ses propos tranquilles percent son humanité, sa sincérité et son humour. Sa simplicité n'occulte nullement la richesse métissée d'un artiste universel : " Je suis un petit-fils d'immigrés italiens, vivant en Occitanie, chantant en français des chansons américaines. "

  • " Écrivain de combat " à la manière d'Émile Zola ou de Jack London, Didier Daeninckx est un romancier à part : à la fois atypique et populaire. Sa parole, transcrite et orchestrée par Thierry Maricourt, fait feu de tout bois : en racontant Aubervilliers et son enfance, ses révoltes et ses rêves de justice, les morts du métro Charonne et ceux du 17 octobre 1961, les héros oubliés et les salauds ordinaires, les Roms et les Kanaks, Conan Doyle et Jean-Patrick Manchette, l'inspecteur Cadin et Georges Simenon, les négationnistes et Maurice Papon, Daeninckx nous convie à revisiter notre propre vie et à passer l'histoire aux rayons X. Il a fait de la fiction un outil capable de secouer la réalité et de chacun de ses livres un moyen de compréhension du monde. Écoutons-le...
    o Mon père était anar, ma mère communiste. Ils ont divorcé. C'est, en plus petit, le drame du mouvement ouvrier.
    o Tout ce que je raconte, au fond, c'est l'histoire de ma famille, c'est de l'autobiographie planquée sous forme de fiction.
    o J'écris de vrais-faux romans policiers. J'utilise la technique de ce genre pour parler d'un univers du passé qui me passionne.
    o Les romans noirs sont des romans de la colère.
    o Je conçois le roman comme un révélateur, traquant les failles de la mémoire collective.
    o Je veux redonner la parole aux exclus, aux oubliés de l'Histoire. [...] J'écris contre l'oubli.

    Didier DAENINCKX

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