Éditions du Noroît

  • Ce livre est un cri provoqué par des questions existentielles : comment faire face à la méchanceté ambiante, comment voir sa propre méchanceté sans sombrer dans le désespoir, comme tant d'écrivains qui n'ont pas résisté ? Par l'écriture, par l'ouverture à l'autre, par la compassion, il lui semble possible d'affronter la vie en croyant que, si elle reconnaît la présence du mal aussi bien en elle que dans le monde, elle pourra y répondre en se tenant debout parmi les vivants.

  • En hommage à Louise Dupré, le recueil «Moi tombée. Moi levée» esquisse l'itinéraire de corps qui tombent et se relèvent, suivant le proverbe créole qui veut que toute femme a sept sauts dans l'existence, sept stations d'un long calvaire. D'où l'exigence et la transparence qui travaillent ce recueil. Danse des mots et des visages pour que fleurisse la vie dans ce «voyage abracadabrant», si fragile mais combien humain. Le pari ici demeure cette lumière qui éclaire toute chose, les mots et les êtres qui chutent dans le vertige du verbe tomber.

  • Le titre «Le plus petit espace» définit exactement l'expérience proposée par Louise Warren, qui conduit son esthétique du peu à ses conséquences radicales : courts poèmes, vers brefs, images précises et concentrées. Sur le blanc de la page, le poème crée furtivement son espace. La reprise de ces apparitions et de ces effacements, de ces montées et de ces descentes, produit une sensation d'infini. Comme si un long poème se déroulait dans le blanc et que seuls ses accents les plus intenses transparaissaient. La composition minutieuse de ces instants inclut les nombreuses formes de cette réduction : le point, le trait, l'éclair, la lettre, le mot, la rature, le pas, le nid, la main, etc.

  • Tout ce que Louise Warren touche devient écriture. Ici, l'essayiste déplace son atelier et se donne de nouveaux objets. À partir d'une résidence d'écriture à l'Abbaye Val-Notre-Dame, dans Lanaudière, elle entrelace les expériences du paysage, de l'architecture, de la vie intérieure et de la création. La forme fragmentaire répond parfaitement aux nombreux trajets proposés à la lecture, incluant des notations quotidiennes, des éléments autobiographiques, une interrogation de l'espace vécu, l'accompagnement d'oeuvres d'art, l'écriture de la poésie et une contribution personnelle au Nature Writing. Installée dans la «chambre de solitude», l'auteure interroge le monde des symboles et développe sa conception de l'«enveloppe invisible», qui prolonge ses réflexions récentes sur le processus créateur. À en allant toujours à l'essentiel.
    Quatre dessins de l'architecte Pierre Thibault ponctuent le livre.

  • «Le livre caché de Lisbonne» propose, à la suite d'une résidence d'écriture, dix-sept promenades dans une ville vécue comme un vaste atelier d'écriture, ponctuées par des citations d'écrivains, dont plusieurs portugais. Louise Warren, en prolongeant ses essais récents, y trouve une nouvelle formulation de son esthétique, une expérience intime, mais toujours ouverte à l'autre. Un regard très personnel se porte sur les «azulejos», sur l'architecture, sur le Tage, sur les ruines, entre autres. Les images représentant des espaces fermés, des fenêtres closes ou envahies par la végétation permettent d'imaginer ce livre caché qui, peu à peu, au rythme de la lumière et de la chaleur, se révèle à la lecture, laisse son empreinte dans l'imaginaire.

  • Une invitation lancée à des écrivains québécois est à l'origine de ce livre : traduire en français des poèmes publiés par des auteurs américains actifs au cours des trente ou quarante dernières années. Parce que les poètes choisis par les traducteurs ont

  • Ce recueil expose des figures et des moments de passages d'hiver à la fois physiques, intimes, politiques et artistiques. Un peu comme c'était déjà le cas avec Quelques éclats, les poèmes convoquent plusieurs voix distinctes qui reprennent et réinventent des histoires et des trames d'histoire disséminées à travers le temps et l'espace. Réalisé en collaboration avec l'artiste et écrivain belge Romain Renard (Chroniques de Melvile), le recueil raconte des impasses, des chutes, des épiphanies. Le bout de papier, la main ouverte, la lanterne - l'espoir qu'il faut pour s'abriter, la lumière pour les traversées.

  • «Poèmes 1938-1984» se compose de quatre parties et rassemble plusieurs décennies d'un travail poétique acharné qui témoigne de l'infatigable vigueur d'une femme dévouée à sa muse. Ayant lutté sa vie entière pour réconcilier les exigences de la maternité et celles de sa vocation d'écrivaine, Elizabeth Smart évoque ce combat dans nombreux de ses poèmes, traçant ainsi le portrait d'une époque où les femmes ont du mal à se tailler une place dans les cercles d'écrivains, aux prises avec les barrières qu'on leur impose et les dilemmes quotidiens. Tout au long du recueil, elle fait cohabiter le trivial et l'universel et se livre à des moments de pure exaltation, s'émerveillant par exemple devant la furie de vivre des plantes, ou de désolation extrême, notamment en face des ravages de la guerre - événement qui l'a intimement et profondément marquée. Sans se soumettre à des formes rigides, les vers de ce recueil célèbrent également les maîtres qui les ont inspirés, s'adressant à eux, avec insolence parfois, afin de permettre à leur auteure d'exister en poésie.

  • Biographie de l'amoralité trace le parcours d'une sculptrice cloîtrée dans un atelier en compagnie de deux modèles. Animée par un désir d'absolu, elle puise dans des forces insoupçonnées pour façonner des statues qui parlent une langue d'éboulement. Au fil des poèmes, la performance devient une obsession. Pire, une condamnation à créer, coûte que coûte. À travers une incursion dans le monde de l'art, l'auteur propose une réflexion sur les conséquences d'une dévotion complète à la création. Ce livre joue avec les genres et se présente à la fois comme un traité de sculpture, une ode au hip-hop, un magazine de mode et un essai sur la morale.

  • Après la libération que permettait son premier recueil Les ailes closes, Catrine Godin nous revient avec une exhortation à être, à s'appartenir au plus proche, dans ce diptyque formé des Chairs étranges et de Bleu Soudain. Cet impératif, cest le souffle qui le porte et lactualise : d'abord, de façon presque imperceptible, et léger comme le vent, dans la première partie, où lon observe au ras du sol la flore qui sabandonne ; puis, dans le second livre, où le souffle en pleine expansion, libre et s'accélérant, suggère non seulement l'avancée sur la route en bordure dune forêt, mais également l'essoufflement joyeux et extatique de s'appartenir vivante. Voilà bien la nécessité du recueil construit comme un oxymore : conjuguer le grand cadeau de la pensée de Virginia Woolf qui veut que « chacun recèle en lui une forêt vierge » avec le souffle de Jack Kérouac.

  • Linsensée rayonne propose des poèmes dobservation de la lumière naissante vue comme une levée des sens, un franchissement de la parole à la percée du jour. Le livre se compose despaces oniriques qui relèvent de laurore, frange principale et à double tranchant de linsensée : dans ce temps du lever, ce qui se dresse apparaît en effet comme bruissement, mais aussi comme fatalité. Aussi sagit-il de gravir la frontière nocturne jusquà trouver la calme mais inquiétante lueur, où les choses sincarnent sous langle de la lumière.

  • "Voix indigènes" revisite les séances de conjugaison de lenfance pour faire ressurgir le chant de figures déterminantes. Tour à tour, un pronom et un temps verbal semparent de la récitation et invoquent le mystère dune rencontre. La langue se fait rituel

  • Le sous-titre de ce livre pourrait être : portrait du peintre en jeune poète. En effet, les poèmes rassemblés ici sont le fait d'un jeune homme, écrits entre 16 et 18 ans. Il n'avait pas encore de vie de peintre mais une intuition artistique certaine. Il ne savait pas alors qu'il consacrerait sa vie à l'art.
    On le sait, Marc Séguin est un touche-à-tout : peinture, roman, cinéma sont déjà des faits reconnus. Et voilà que pointe un jeune poète révolté par le monde et subjugué aussi bien par sa beauté.
    On trouvera une grande liberté dans ces poèmes qui annoncent tant soit peu le peintre.

  • «Topographie de l'inhabitable» est la transcription de l'expérience douloureuse que fait celui qui se sent étranger au monde qui l'entoure en raison à la fois de ses propres limites, illusions et erreurs, et de la forme accablante, abêtie et étouffante qu'a prise la société.

  • Ces carnets sont comme le journal d'un essai qui configure la vie multiple d'un être, à mi-chemin entre fulgurance et révélation, entre esthétique et pensée, entre la vie et le scripteur qui prend forme. L'être, le poème, le lecteur, l'enseignant et l'éditeur marchent côte à côte, de front, tous happés par la vie, par l'échéance d'une durée consciente.

  • «Lisette Corbeil, née le 11 février 1931, décédée le 17 septembre 2014. Coup de foudre. Soixante années de vie depuis nos fiançailles, notre union, plus de soixante années de publication. Lisette lisait chaque matin le poème ou le texte que j'avais écrit la veille. Voilà la femme que la mort m'a arrachée, qui demeurera jusqu'à ma propre mort la manquante ou celle qui me manque.
    J'ai respecté le mieux possible la chronologie de mon écriture, sauf pour quelques poèmes, de façon à ne pas trop intervenir dans ce qui m'était donné quotidiennement. » Fernand Ouellette

  • «Le poème est une maison désormais inhabitée» constitue le dernier volet de la trilogie «Catalogue affectueux», après «Le poème est une maison de long séjour» (Noroît, 2014) et «Le poème est une maison de bord de mer» (Noroît, 2016).
    « Ma poésie a toujours été interpellée par les autres discours et les autres pratiques artistiques mais surtout, depuis quelques années, par le discours philosophique. Bien sûr, tout cela pourra sembler bien métaphysique et tenant davantage du discours philosophique que de la poétique et pourtant... pourtant tout cela me paraît bel et bien constituer l'assise même de la poésie dite moderne. »

  • De l'île de Lesbos au fjord du Saguenay, en passant par les rues de Montréal, nous traversons l'ébranlement d'un cri irréductible. Les migrants naufragés en Méditerranée, les femmes et filles autochtones assassinées ou disparues; la vérité crue des visages creuse un chemin hanté. Et la mémoire se lève, des êtres nous guident, porteurs de gestes inespérés illuminant le prochain pas.
    La deuxième partie de l'ouvrage donne à lire et à écouter le choix de la fulgurance. Cent cinquante aphorismes forment le souffle d'une parole oeuvrant avec force et délicatesse sa pensée, ses contemplations, ses gestes. La voie improbable de la transfiguration résiste face à la rugosité de l'époque.

  • «Ratures et repentirs» est un carnet de route jalonné des questions et réflexions que je rencontre dans mon travail. C'est aussi le témoignage d'un artiste tenant à garder la main au plus proche de son esprit. On y suit la ligne comme le mot, de déchirures en repentirs pour l'une, de ratures en reprises pour l'autre. L'une et l'autre sont affaire de métier. J'y ai toujours été un artisan laborieux reprenant son trait à en épuiser son bois. Chaque jour apporte un peu plus de cohérence et de fermeté à ce qui hier encore ne s'entrevoyait même pas. Au bout de la ligne et sous le mot apparaîtra peut être ce qui ne sera plus à dire, ce qui ne sera plus à peindre.
    M. Madore

  • Partout dans ce recueil se croisent des textes lourds de constats et de questions, en vers et en prose, entre lesquels se créent d'étranges dialogues. L`écriture y est celle d'une poète en constant état de vertige qui choisit de confronter ce vertige dans le poème, dans la langue, sa langue diversement abordée d'un texte à l'autre, afin d'arriver à entrevoir un peu de réel doux. Car on ne sait jamais d'où, de quelle alternance de pronoms, de quel croisement de phrases, de quelle danse ou déviation de mots, de quel ressassement d'images, de quel heurt sonore pourrait surgir ce bras qui accepterait d'apparaître à hauteur de regard pour soigner le réel. L'ouvrir ne serait-ce que sur un soupçon de lumière sans ciel au-dessus, horizontale.

  • «Ces années-là» racontent, en poèmes brefs, la naissance et l'évolution d'un amour.
    À la passion légitime et légitimée fait obstacle le regard de la société qui désapprouve les conditions de cette relation. Sous les coups de ces regards hostiles, le couple souffre, se débat, et finit par se désagréger, sans que toutefois ne s'éteignent les sentiments.
    Suivant les années intenses de passion, puis de lutte contre l'amour, vient la séparation - une période qui prolonge la douleur et l'explore à même le poème.

  • Nous pouvons considérer Forough Farrokhzad comme l'Antigone de la culture sédentaire traditionnelle de l'Iran. Pour les Iraniens, sa poésie apparaissait dépravée et dépravante. Pour d'autres, elle présentait une femme qui parle simplement de ses sentiments.
    Or, la modernité de sa poésie s'exprime entre autres par sa rupture avec la mystique, c'est-à-dire par une mystique négative, où l'inversion des sujets et du rapport entre la lumière et les ténèbres dans la pensée universelle du monde définissent une démarche individuelle des plus fortes.

  • D'où venons-nous? Qui peut le dire?
    Depuis toujours nous avons inventé des histoires pour tenter de percer le secret de notre origine.
    Nous prétendons désormais y être parvenus grâce à un savoir si exact qu'il nous donnerait accès au réel même.
    Nous nous croyons malins.
    Ce que nous avons fait de la Terre ne nous oblige-t-il pas à reconnaître que nous avons commis quelque lourde erreur dans nos calculs?
    N'est-il pas temps de réviser sans complaisance le récit de nos prouesses?

  • Aiguillée par une leçon reçue jadis, l'auteure retourne à ses paysages fondateurs. Ces retrouvailles sont l'occasion d'une réflexion sur l'écriture des lieux qui forgent l'imaginaire, de même que sur le dialogue entre essai et poème qui porte cette dernière. Éclairés par la sagesse de l'ours, les parcours intellectuel, artistique et spirituel que l'essai retrace se rencontrent, tandis que passé, présent et futur se brouillent et se fondent à la ligne d'écriture. Ainsi libérée de l'obsession du temps et rendue à la présence, la conscience s'ouvre à la mémoire des lieux.

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