Jacques Henric

  • Boxe

    Jacques Henric

    Boxe est né de la rencontre de Jacques Henric avec le boxeur français d'origine guadeloupéenne Jean-Marc Mormeck. Plusieurs fois champion du monde dans la catégorie des lourds-légers, celui-ci souhaitait remettre en jeu son titre dans la ville de Kinshasa, là où se déroula en 1974 le match du siècle, Ali contre Foreman. L'écrivain devait l'accompagner en vue de produire le récit de ce combat. Mais le projet échoue. Jacques Henric se lance alors dans l'écriture d'un livre sur la vie et les combats des grands pugilistes de l'histoire de la boxe, Georges Carpentier, Al Brown, Marcel Cerdan, Ray Sugar Robinson, Mohamed Ali, Sonny Liston, Jake LaMotta, Carlos Monzón, Mike Tyson, beaucoup d'autres, et bien sûr, Jean-Marc Mormeck. Sa passion pour ce sport, qui est plus qu'un sport, conduit Jacques Henric à revenir sur les événements marquants de son enfance et de son adolescence. Mais Boxe est aussi un livre qui, à travers les biographies de figures glorieuses et déchues, touche à de grands thèmes : le mal, la violence, le racisme, le sexe, la prostitution, les religions, les guerres, les génocides.

  • Deux femmes : la jeune Lucie, sa mère Marie. Deux amis : Picasso, Maillol. Deux villes : Cerbère, Port-Bou. Deux pays : la France, l'Espagne. Entre les deux, une frontière. Mais qu'est-ce qu'une frontière? Entre deux pays. Entre deux femmes. Entre le corps d'un peintre qui peint et le corps d'un modèle qui pose. Entre la vie et la mort.Depuis 1939, cinq cent mille républicains espagnols, vaincus par Franco, passent d'Espagne en France. Terme imprévu de leur exode : un long internement derrière les barbelés des «camps de la honte» français. Un matin de septembre 1940, un homme seul refait le même chemin, mais en sens inverse, de la France vers l'Espagne. Il est allemand, il s'appelle Walter Benjamin.Quel lien entre les tragédies collectives et l'histoire vécue de chaque sujet humain? Au narrateur de ce roman de trouver la réponse. A lui d'apprendre à se situer, à tout instant, dans le temps. Il disposera, pour ce faire, d'un instrument adhoc : une moto (nouveau modèle roadster de chez BMW); de deux alliées : la vitesse, et la lumière; d'un lieu privilégié pour chacune de ses étapes : l'habitation d'une femme.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Politique

    Jacques Henric

    Jacques Henric naît en décembre 1938. Il appartient à cette génération qui fait ses premiers pas quand se déclenche la Seconde Guerre mondiale. Ces temps tragiques ' la défaite, l'Occupation nazie, le gouvernement de Vichy, la Collaboration, la Résistance, les combats de la Libération, la découverte de l'extermination des Juifs' ' ne sont pas étrangers aux engagements politiques et littéraires qui seront plus tard les siens : l'adhésion au Parti communiste, les luttes anti-coloniales, le compagnonnage avec Tel Quel, le bref épisode maoïste, l'aventure d' Art press ' Politique est le récit, tantôt grave tantôt drôle, du parcours d'un écrivain pour qui l'écriture et la politique, sans jamais se confondre, ont toujours tissé entre elles des liens complexes, comme ce fut le cas pour les avant-gardes littéraires du début du XXe siècle. Henric évoque ses rencontres avec Aragon, Genet, Adamov, Ionesco, Klossowski, Marguerite Duras, Philippe Sollers, Pierre Guyotat, Maurice Roche, Denis Roche, Bernard-Henri Lévy, Jean-Edern Hallier, Philippe Muray' Politique est aussi l'expression d'une révolte face aux falsifications de la mémoire ; en un temps où est bradé ce que la modernité littéraire a produit de plus fort, cet essai autobiographique se veut une manière de traité anti ' anti-moderne '.

  • Atteint d´un cancer de la prostate, le narrateur doit subir une intervention chirurgicale qui va mettre en jeu, fût-ce provisoirement, son pénis et sa virilité. Le chirurgien s´appelle...Casanova ! Dès lors, la piste du libertin de Venise est un fil rouge qui nourrit une interrogation sur l´instinct de vie, le spectre de la mort, et la place qu´y occupe la sexualité. Au sortir de cette épreuve, le narrateur éprouve le besoin de prendre un peu de distance avec le monde occidental dans lequel il s´est formé, pour aller chercher d´autres perspectives dans un ailleurs qui revêt essentiellement le nom d´ "Afrique". Où se trouvent le Bien, le Mal ? Est-on si sûr d´en détenir les clés ? L´équilibre fugace de la "balance des blancs" se heurte à la question de la domination, de l´exploitation, et de l´aliénation.
    À partir d´un événement de sa vie personnelle, Jacques Henric reconsidère une certaine histoire occidentale, et trouve dans l´art et la littérature quelques modèles de rupture qui, en leur temps, ont fui eux aussi leurs origines : Melville, Rimbaud, Segalen, Gauguin... Mais bien d´autres auteurs (de Joyce à Catherine Millet, de Leiris à Quignard, etc.) accompagnent cette réflexion sur le vacillement des certitudes et des évidences.

  • Archées : ce titre désigne le tir à l'arc. Mais écrire, n'est-ce pas tirer des traits sur une cible blanche, mobile ? Ce roman "raconte" comment ces deux significations s'entrecoupent, se multiplient l'une l'autre. C'est ainsi que seront évoqués, tour à tour, la poésie courtoise, les tournois - ce qu'on pourrait appeler la guerre du désir ; et, parallèlement, ce qui constitue un texte : flèches, coupes, marques - le battement du sens. Cela pour ce qui est de l'"Occident" de la narration. Le tir à l'arc, la guerre du sexe et de l'écriture : sur un tel fond se détache aussi le rappel d'un art traditionnel du Japon auquel le bouddhisme Zen a donné sa portée. Soit une pratique dont la visée est de se placer en dehors du couple sujet/objet. Cela pour l'"Orient" du livre (le tracé, le vide). Depuis le blanc initial jusqu'à la suspension finale du texte, se produit un tressage d'inscriptions mouvementées, une accumulation dynamisée de l'instance littérale, qui entaille son espace propre et s'y évanouit. Ce passage est, du même coup, celui qui va de l'appui du désir à la perte de la jouissance, et, de nouveau, au désir. Du sens au non-sens, du non-sens au sens. Pour la représentation qui se construit dans ces pages, on aura intérêt à penser au travail d'Uccello sur la perspective. Pour suivre le texte dans ses allusions, on ne manquera pas de se souvenir, entre autres, de Dante ou de Mallarmé.

  • Archées procédait par blocs, fragments tassés compacts, Chasses introduit par degrés la fissure l'épars le discontinu, lire va nécessiter d'être mobile extrême, du rationnel à l'irrationnel l'un l'autre poussés à bout, suivant le rythme même de l'écriture, s'impliquer dans son aspect jeté, acté, on se déplace du dessin pariétal à la modernité picturale la plus actuelle. Importance du geste, de la couleur. Les temps forts : Uccello Vinci Cézanne ses baigneuses soldats Matisse Manet Van Gogh oreille coupée l'asile Malevich Mondrian Pollock Rothko veines ouvertes au rasoir. Chasses : ou vastes remontées à des formes archaïques jusqu'à l'inorganique du bipède avec étape homme de la préhistoire à la méduse l'éponge via le crapaud, processus ininterrompu de remémorations. Petites morts. Références mythologiques, culturelles, textuelles : toutes les aires. Rites de chasses proches des rites de naissance. Les sangs aussi. Seule compte la rapidité des passages. Pas de peintres. Pas d'oeuvres. Les quelques titres sont là comme ponctuations permettant la relance... Pulsions en acte. Leur "musique". D'où ces séquences brisées, ces ruptions multipliées. Silences massés/trombes, alternativement. Geste et couleur ne sont pas à chercher ailleurs que dans le tissu du texte. Qui va à sa place... J.H.

  • La collection Lieux de l'écrit, dirigée par Régis Durand, se propose de porter un regard nouveau sur l'espace des grands écrivains de notre temps. Qu'il s'agisse de lieux réels ou imaginés, c'est toute une manière d'habiter ou de penser le monde qui est ainsi abordée, par la mise en relation de deux approches différentes. D'une part, un texte, qui parfois prend le parti de l'analyse, parfois au contraire se rapproche plutôt d'une fiction, d'un acte d'imagination. D'autre part, un essai photographique, qui plutôt que de produire des documents, cherche à donner corps à un imaginaire, à l'investir de la part de réel que comporte toute photographie.

  • Peut-on opposer efficacement à la scène d'un monde qui part à vau-l'eau l'ordre d'un monde de la scène? Le narrateur de cette histoire y a cru. Répondant à la commande officielle d'une pièce de théâtre, il avait pourtant mis tous les atouts de son côté. De grands thèmes : l'utopie sociale, la création littéraire et artistique, le bonheur, le sexe, la mort; pour personnages, deux fortes figures : Fourier et Courbet; un metteur en scène aguerri, ami de Genet, ancien aumônier en Algérie, qui fut donc formé aux plus rigoureux des spectacles: la messe, la guerre. Rien n'y fait. Ainsi, à Besançon, Doubs, nous assistons, impuissants, terrifiés, amusés, au spectacle d'un monde en train de sombrer. En vérité, la vie - c'est une des leçons de ce livre - ressemble plus au roman qu'au théâtre. Dans le roman, comme dans la vie, c'est le petit rien qui déclenche tout: ici, l'achat d'une moto, un nouveau panama, la mort d'un père, la perte d'une vésicule, un séjour à l'hôpital... Tout s'enchaîne, des figurants défilent, certains connus: Genet, Lacan, Aragon, le spectacle se détériore et, pourtant, dans le même temps, le réel est magnifié. Par le miracle de quelle grâce? La réponse est dans un tableau de Courbet: L'Origine du monde. Oui, par elles, perpétuellement dénudées, le monde est perpétuellement transfiguré. Autant d'adorations que de femmes. Ce livre n'est rien de plus que l'hymne enjoué qui leur est dû.

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