Emmanuel Haymann

  • En 1902, sur les grands boulevards, un panneau lumineux immortalise L'Arriviste, un roman populaire de Félicien Champsaur. Le jeune éditeur qui lance avec tant d'audace sa première production se nomme Albin Michel. Ancien commis-libraire chez Flammarion, il a décidé de voler de ses propres ailes.
    Avec un instinct de chasseur, il flaire les auteurs en devenir. Après la première guerre mondiale, il ouvre sa maison à toute une nouvelle génération d'écrivains et recueille une moisson de prix prestigieux : Goncourt, Académie française, Fémina... Il invente l'ancêtre du Livre de Poche, crée des collections de guides pratiques et s'impose comme un généraliste de l'édition.

    Emmanuel Haymann, auteur de plusieurs biographies (Labiche, Courteline), brosse le joyeux tableau d'une époque où apparaissent Pierre Benoit, Roland Dorgelès, Francis Carco, Romain Rolland, Willy, avec lesquels Albin Michel entretient des rapports d'amitié et de fidélité qui sont pour lui essentiels.

  • Avant de devenir un écrivain célèbre et comblé, membre de l'Académie Goncourt, Georges Courteline fit le désespoir de sa famille : cancre obstiné, piètre soldat et fonctionnaire épisodique au Ministère des Cultes, il ne semblait doué que pour le farniente. Pas facile d'être le digne fils de Jules Moinaux, célèbre vaudevilliste du Second Empire ! Dans cette biographie Emmanuel Haymann fait revivre le bouillonnement artistique de Montmartre à la fin du XIXe siècle, cette bohême où Courteline se lia avec Aristide Bruant, Jules Renard, Alphonse Allais. On y rencontre aussi Ernest Flammarion, Antoine et son Théâtre Libre, Catulle Mendès, Lucien Guitry. On y savoure enfin l'irrésistible art du canular auquel Courteline a consacré sa vie et son oeuvre. Car le spectacle de l'insondable bêtise de ses congénères avait de quoi faire enrager ce témoin ironique. Armé d'un sens de l'humour ravageur, il part au combat : dans les Gaités de l'escadron, il tourne en ridicule la vie militaire, dans Messieurs les ronds de cuir, l'administration est la cible de ses flèches, dans le Commissaire est bon enfant, il s'en prend à la justice et à la police. Ces troufions de comédie, ces gratte-papiers dilettantes, ces magistrats extravagants, il les a réellement rencontrés. Avec eux, il a vidé des bocks et joué à la manille ; des cartes et un bon verre, cela seul importait ! Au soir de sa vie, il resta fidèle à sa devise : "Je m'en fous". Il meurt le jour de son anniversaire, le 25 juin 1929.

  • La naissance de l'industrie métallurgique, à partir d'une entreprise artisanale au XVIIIe siècle, et sa prospérité, à travers l'histoire d'une famille qui symbolise, à l'instar des Schneider ou des De Wendel le développement du monde moderne.

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